Yvette Horner, une Bigourdane célèbre

Yvette Horner est bien connue mais savez-vous qu’elle est de notre région ?

Cette accordéoniste, pianiste, compositrice française, reine du musette et du piano à bretelles est née et inhumée à Tarbes.

Dans cet article essayons de mieux la connaître :

– ses débuts

– le succès

– une carrière de 70 ans

– les hommages

Ses débuts

Une famille modeste et mélomane

Yvette Marie Eugénie Hornère naît à Tarbes (Hautes-Pyrénées) le 22 septembre 1922. Elle est la fille unique de Louis Michel Hornère et de Rosa Jeanne Suberbie.

Son père est entrepreneur en bâtiment à Rabastens-de-Bigorre (Hautes-Pyrénées), où elle passe son enfance.

Ses parents sont amoureux de musique. Elle dira avoir été élevée à coups « de biberons et de symphonies ».

Débuts musicaux

Sa mère l’incite à faire de la musique ; dès l’âge de 4 ans, elle apprend le piano avec Marguerite Lacoste, professeur de musique à Rabastens-de-Bigorre. Elle poursuit son éducation musicale au Conservatoire de Tarbes puis à celui de Toulouse où elle obtient, à 11 ans, un premier prix de piano.

Du piano à l’accordéon

Sa mère , ambitieuse pour « Vévette », estime que la concurrence est trop forte dans le piano et l’incite à se diriger vers l’étude de l’accordéon chromatique : « des accordéonistes femmes il n’y en a pas ! et là tu te feras une situation. » Elle l’encourage à changer son nom en Horner qu’elle trouve plus commercial !!! Choix judicieux au vu de ce que sera sa carrière !

Elle abandonne le piano à regret; elle en garde la nostalgie et en 1950 enregistre même un récital d’œuvres classiques au piano et à l’accordéon, sur l’album 33 tours intitulé « Le jardin secret d’Yvette Horner » qui obtient le grand prix du disque de l’Académie Charles Cros.

De la Bigorre à la capitale

Après des débuts au Théâtre Impérial (plus tard renommé Théâtre des Nouveautés) de Tarbes qui appartient à sa grand-mère paternelle, elle entreprend une tournée des Casinos. A 15 ans elle part à Paris où elle poursuit son éducation musicale comme élève de Robert Bréard, musicien-compositeur, second grand prix de Rome de composition (1923).

Elle a 16 ans lorsqu’elle rencontre René Droesch. Ce belfortain de 4 ans son aîné, est footballeur professionnel aux Girondins de Bordeaux. Il quitte sa carrière de footballeur pour épouser Yvette et ils seront inséparables pendant 30 ans: il est son conseiller, son manager, son chauffeur, son soutien indéfectible.

Le succès

Les premières récompenses

En 1938, elle participe aux premiers championnats du monde d’accordéon, au Moulin de la Galette à Paris et termine seconde.

En 1947 elle donne son premier concert à Paris.

En 1948, elle est la première femme à remporter la coupe du monde de l’accordéon.

Elle constitue son propre orchestre et commence ses tournées dans les salles des fêtes. Elle devient la reine incontestée du musette et des bals populaires.

En 1950, elle reçoit le grand prix international d’accordéon de Paris et le grand prix de l’Académie Charles Cros.

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Yvette Horner et le Tour de France

En 1952, la société Calor, sponsor du Tour de France, la sollicite pour accompagner la caravane. C’est le début de la gloire !!

A chaque étape elle se produit sur le podium d’arrivée ; juchée sur le toit d’une Traction Avant Citroën aux couleurs de la Suze, coiffée d’un sombrero elle accompagne le Tour de France pendant onze années (1952-1963) !

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Elle est reine des Six jours de Paris en 1954.

Un style éclectique

Yvette Horner fait sienne la phrase de Duke Ellington : « il n’existe que deux sortes de musiques : la bonne et la mauvaise. »

Du musette, elle n’hésite pas à passer au classique en jouant avec le célèbre pianiste classique Samson François ou au jazz avec le trompettiste Jac Berrocal .

En 1977, elle part à Nashville, capitale du country pour collaborer avec Charly Mac Coy, harmoniciste et multi-instrumentiste.

Vedette des Trente Glorieuses, à l’heure de la pop, du rock et des Beatles , elle incarne la France traditionnelle et a une image un peu ringarde.

Un relooking

Son époux, René Droesch décède en 1986.

Yvette découvre en lisant une revue que le couturier Jean-Paul Gautier rêve de l’habiller !

Une nouvelle page est tournée !

Une chevelure rouge flamboyante qui ne passe pas inaperçue !

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C’est entièrement relookée en bleu-blanc-rouge par Jean-Paul Gaultier qu’elle devient la vedette du Bicentenaire de la Prise de la Bastille le 14 juillet 1989 au côté du musicien guinéen Mory Kanté ; elle participe aux cérémonies du Bicentenaire de la Révolution Française en se produisant avec l’Orchestre National de Jazz dirigé par Quincy Jones.

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Elle devient alors l’icône des branchés « kitsch » amoureux des nains de jardin, des nappes à carreaux…des idoles des années passées…

En 1990, toujours habillée par Jean-Paul Gaultier, elle est la vedette de la revue du Casino de Paris.

Elle se produit avec Marcel Azzola et l’Orchestre Philarmonique Européen au Palais des Congrès à Paris.

En 1999, elle collabore avec le chorégraphe Maurice Béjart au montage du ballet « Casse-noisettes » de Tchaïkovski au Théâtre du Châtelet.

En 2009, elle participe à la tournée « La plus grande guinguette du monde ».

Elle poursuit sa carrière en diversifiant ses styles musicaux ; en 2011, elle réalise un dernier album en participation avec d’autres artistes tels Julien Doré, Lio, Marcel Amont, Michel Legrand, Richard Galliano, Didier Lockwood…

Une carrière de 70 ans

Musicienne infatigable

Cette petite bonne femme d’ un mètre 54 supporte sur ses épaules un piano à bretelles qui pèse plus de 14 kilos ! Elle dira avoir eu la chance d’hériter de la bonne santé de sa mère mais elle tire sa force de son incommensurable amour de la musique.

Une popularité sans faille

Elle est la reine incontestée des bals populaires, de la France du musette et du petit vin blanc !

Yvette Horner, qui jouit d’une popularité supérieure à celle de son alter ego masculin André Verchuren, a survécu aux modes et au temps.

Une œuvre immense

Au cours de sa carrière elle a enregistré plus de 150 disques chez Pathé Marconi, CBS et Erato et en a vendu plus de 30 millions d’exemplaires.

Elle a donné plus de 2 000 concerts.

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En 2005, elle publie son autobiographie « Un biscuit dans la poche ».

La fin d’une vie bien remplie

Yvette Horner a vécu plus de 50 ans avenue de la Source à Nogent-sur-Marne dans une grande maison de 260 mètres carrés acquise avec son époux et vouée à la gloire de l’accordéon.

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En 2005, elle la vend pour se retirer dans un appartement plus adapté dans une résidence pour seniors à Courbevoie.

La même année elle met aux enchères à l’hôtel Drouot des objets personnels et sa collection de robes Jean-Paul Gaultier. La vente se tient au profit de l’Institut du cerveau et de la moelle épinière (ICI) et d’une association de lutte contre le cancer.

Yvette Horner s’éteint le 11 juin 2018 à l’âge de 95 ans, « sans aucune maladie mais d’une carrière bien remplie » dira son agent, Jean-Pierre Brun.

Elle est inhumée avec ses parents et son mari, dans le caveau familial au cimetière Saint Jean à Tarbes (Hautes-Pyrénées).

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Une statue, qu’elle a commandée au sculpteur Yves Lacoste, est placée quelques mois plus tard sur le caveau. Elle la représente grandeur nature portée par des mains qui l’applaudissent, sortant d’un cocon et empoignant un accordéon, réplique exacte de celui qu’elle utilisait ; elle se veut un hommage à ses parents, à son mari, à son public et à tous ceux qui l’ont soutenue pour acquérir sa notoriété.

Les hommages

Des distinctions

Le 17 avril 2002, la ministre de la Culture, Catherine Tasca, lui remet la cravate de commandeur de l’ordre national du Mérite.

Chevalier de la Légion d’Honneur en 1986, officier en 1996, promue commandeur le 22 avril 2011, elle est décorée le 28 septembre 2011 par le Président de la République, Nicolas Sarkozy.

Des honneurs

A Nogent-sur-Marne, ville des guinguettes, où elle réside plus de cinquante ans, elle est appelée la « Dame de Nogent ». Elle en est citoyenne d’honneur depuis 1992. Marraine du restaurant « Le Val de Beauté », elle est aussi la vedette de la Fête du Petit Vin Blanc. Une promenade à son nom, dont l’entrée est ornée de roses créées pour elle en 2005, est inaugurée le 21 juin 2007, jour de la Fête de la Musique , en présence du député Roland Nungesser et de l’accordéoniste André Verchuren.

Elle est également citoyenne d’honneur de Tarbes, sa ville natale ; le foyer du Théâtre des Nouveautés, ancienne propriété de ses grands parents paternels, réplique de celui de l’Opéra Garnier, porte son nom.

En 2008, un spectacle musical « La Madone des dancings, les mille vies d’Yvette Horner » adapté par Eudes Labrusse et mis en scène par Dominique Verrier est présenté au festival « off » d’Avignon.

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