Pierre-Bernard Prouha, sculpteur

Pierre-Bernard Prouha est un sculpteur d’Occitanie-Pyrénées Méditerranée dont un nombre important de ses œuvres ornent la cathédrale d’Albi.

Je laisse Christian Arnaud et Véronique Gayraud vous en parler ; ils ont réalisé à son sujet un article dans « Au fil de l’histoire », bulletin n°27 de l’association « Les Amis du Villemur Historique » (villemur-historique.fr); je remercie Jean-Luc Erpelding, fidèle abonné à Occitanie-découvertes, qui nous l’a transmis et obtenu de leurs auteurs l’autorisation de le reproduire.

Dans cet article nous découvrons :

  • 1822-1867 : les débuts d’une intense carrière d’artiste

  • travaux pour la cathédrale d’Albi: une étape importante dans la vie de Pierre-Bernard Prouha

  • 1871-1888 : un artiste reconnu

  • de 1870 à 1888, quelques œuvres majeures de Pierre-Bernard Prouha

1822-1867 : les débuts d’une intense carrière d’artiste

Pierre-Bernard Prouha nait le 11 février 1822, 4ème enfant d’une famille de cultivateurs du Born (Haute-Garonne) : Michel Prouha et Françoise Compayré.

Montrant des prédispositions artistiques, il entre, en 1843, à l’école des Beaux-Arts de Toulouse. Il rejoindra ensuite celle de Paris.

Diplômé en 1850, ses débuts artistiques sont difficiles jusqu’à la commande d’une statue destinée à la cour carrée du Louvre.

Il réalise alors « Nymphe », une statue toujours en place mais aujourd’hui fortement dégradée par la pollution. Charles Baudelaire dira à ce sujet :

« Tout le monde a remarqué récemment dans la cour carrée du Louvre une charmante figure de M. Prouha qui rappelait les grâces nobles et mignardes de la Renaissance ». (Lettre au Directeur de la Revue française, juin-juillet 1859).

L’exposition universelle de 1855 à Paris est une nouvelle occasion de lancer sa carrière.

A cette occasion, la France, organisatrice de l’exposition, innove par une grande Exposition internationale d’art contemporain. Au palais des Beaux-Arts, Pierre-Bernard Prouha expose pour la première fois deux de ses œuvres : le Printemps et l’Automne.

Des commandes de l’Etat permettent, ensuite, à Pierre-Bernard Prouha de se faire davantage connaitre.

Mais c’est surtout lors du Salon de 1859 que sa carrière se lance véritablement : il expose plusieurs statues remarquées par la critique de l’époque, et tout particulièrement : la Muse de l’inspiration. Il participera jusqu’à sa mort à tous les Salons parisiens. Ainsi, il présente en 1864 une Psyché en plâtre. Psyché plus connue dans sa version en marbre, qui est aujourd’hui exposée au Musée des Augustins de Toulouse.

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Psyché

CC BY SA 3.0

Pourtant, malgré cette apparente réussite, Pierre-Bernard Prouha traverse des difficultés financières. Il s’en confie à ses amis et mécènes. Il craint la saisie de certaines de ses œuvres et envisage même de quitter la France pour s’installer en Amérique. Amis artistes, famille et mécènes finissent par l’en dissuader.

Travaux pour la cathédrale d’Albi: une étape importante dans la vie de Pierre-

Bernard Prouha

En 1867, les travaux de restauration du baldaquin de la cathédrale Sainte Cécile d’Albi , entamés en 1858, s’achèvent. Reste à présent à doter le portail et son porche de statues.

C’est à Pierre-Bernard Prouha que la tâche de réaliser 15 statues et 12 anges est confiée.

Pierre-Bernard Prouha élabore en plâtre les modèles grandeur nature des statues qui seront ensuite sculptées par des tailleurs spécialisés, les praticiens. Ces derniers, cependant, ne sont pas tous aussi experts et certaines statues sont visiblement moins bien réussies !

On demande même à Pierre-Bernard Prouha d’en corriger quelques-unes. L’une d’entre elles va rester dans sa version de plâtre, Marie-Madeleine, et par la finesse de ses traits, de son drapé, elle reflète davantage encore du talent de notre sculpteur !

En 1868, lors de ses séjours à Albi, il rencontre une jeune femme qui devient son modèle : Marie-Rosalie Viguier. Agée de 20 ans, elle vient d’avoir un petit garçon, Jules.

Tous deux auraient servi de modèles pour la réalisation de la Vierge à l’Enfant du baldaquin.

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Baldaquin du tympan de la cathédrale d’Albi

CC BY SA 3.0

A 45 ans, Pierre-Bernard Prouha est toujours célibataire; accompagné de Marie-Rosalie et de son fils, tous les trois rentrent à Paris. Ils se marient le 2 mai 1872 et de cette union, deux enfants naitront : Eugène et Marie-Juliette.

Outre la réalisation des statues du baldaquin de la cathédrale d’Albi, Pierre- Bernard Prouha a poursuivi ses travaux pour le Louvre mais aussi pour exposer lors de Salons parisiens. C’est donc logiquement qu’à son retour à Paris, il reprend activement ses réalisations

1871-1888 : un artiste reconnu

Au début des années 1870, Pierre-Bernard Prouha, de nouveau installé à Paris, répond à plusieurs commandes et ses réalisations artistiques sont nombreuses et riches (voir la chronologie).

Il quitte cependant Paris de 1874 à 1876 pour la Belgique.

On lui a en effet confié la réalisation de la décoration sculptée du portail sud de la basilique Notre-Dame de Tongres : tympan, statue de Saint-Materne du trumeau. Il réalise également la Vierge à l’Enfant du trumeau du portail nord du transept.

Pierre-Bernard Prouha travaille jusqu’à sa mort, le 22 juillet 1888.

Le Courrier de l’Art lui rend hommage dans sa rubrique nécrologique :

« un des sculpteurs les plus distingués de l’école française », un artiste « merveilleusement doué, d’une intarissable invention ».

Appartenant au mouvement artistique du néo-classicisme, il participa également au développement du romantisme.

De son premier grand succès en 1851 (Nymphe) jusqu’à sa mort, ce sont plus de 40 œuvres de plâtre, bronze, pierre ou marbre, répertoriées, et c’est sans compter son importante contribution à la restauration du baldaquin de Sainte Cécile d’Albi (27 statues et anges) ou encore à Notre-Dame de Tongres (2 tympans et 2 statues).

De 1870 à 1888, quelques œuvres majeures de Pierre-Bernard Prouha

  • 1870 : buste de Jean Racine pour la cour aux Ernest de l’Ecole Nationale Supérieure de Paris.

  • 1872 : L’Amour songeant à la gloire (Présenté au Salon de Paris).

  • 1873 : La chaste Suzanne

  • 1874-1876 :Restauration de la Basilique Notre-Dame de Tongres (Belgique) : portail sud du transept : tympan et trumeau représentant Saint Materne, Vierge à l’enfant sur le trumeau du portail nord.

  • 1877 : L’Amour taillant son arc dans un laurier.

  • 1878 : statue pour l’aile Marsan du Louvre ; participation à la décoration du Casino de Monte-Carlo :l’Architecture;réalisation de trois grandes cariatides pour le théâtre construit par Garnier.

  • 1879 : La ville de Toulouse : Allégorie féminine de 2,30 m destinée à l’Hôtel de ville de Paris.

  • 1881 : Réalisation du buste du Docteur Piogey.

  • 1882 : Buste de son ami et mécène Théophile Bascle.

  • 1883 : Le Passage de Vénus (bas-relief destiné à l’Observatoire de Paris à l’occasion du passage de Vénus près du soleil en 1885).

  • 1884 : buste d’Alexandre Brongniart (chimiste et géologue français).

  • 1885 : Le Réveil d’une étoile (destiné au musée de Libourne et dérobé?).

  • 1886:L’Espoir ( modèle : son fils Eugène).

  • 1888 : dernière participation au Salon : buste d’une jeune fille.

    Un grand merci à Jeanne Prouha, son arrière-petite-fille, qui nous a permis, en nous confiant ses archives, de rendre hommage à son illustre ancêtre, natif de notre terroir. Une pensée toute particulière également à Henri Faur, membre de l’AVH, décédé le 11 février 2021, et qui a activement participé aux premières recherches sur Pierre Bernard Prouha.

    Christian Arnaud et Véronique Gayraud.

    Bibliographie : Archives de Madame Jeanne Prouha. Article de la Revue du Tarn, n°252, de Monsieur Emmanuel Quidarré. Musée des Augustins : Denis Milhau, « les Toulousains », exposition 1991-92. Wikiphidias. Site internet : paris-360°.

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