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Pas à pas…découvrez les coutumes…entrez dans les spécificités de cette région…pour la découvrir et l'aimer.

Patois, dialecte, langue régionale?l’occitan ?

Patois, dialecte, langue régionale?l’occitan ?

Patois, dialecte, langue régionale…termes souvent employés parfois dans le même sens, parfois dans des sens différents avec ou sans nuance…

En Occitanie aussi…

Essayons d’y voir un peu plus clair au travers de cet article

– les définitions

– l’histoire et les usages

– aujourd’hui

Les définitions

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cultura.com

Le patois

Pour le définir, nous disposons de plusieurs références

– le Larousse :

Système linguistique essentiellement oral, utilisé sur une aire réduite et dans une communauté déterminée (généralement rurale), et perçu par ses utilisateurs comme inférieur à la langue officielle.

le Littré

Parler provincial qui, étant jadis un dialecte, a cessé d’être littérairement cultivé et qui n’est plus en usage que pour la conversation parmi les gens de la province, et particulièrement parmi les paysans et les ouvriers.

– l’Académie

Variété d’un dialecte, idiome propre à une localité rurale ou à un groupe de localités rurales

Le dialecte

Là aussi plusieurs définitions se présentent :

– le Larousse :

Ensemble de parlers qui présentent des particularités communes et dont les traits caractéristiques dominants sont sensibles aux usagers

-le Littré

Parler d’une contrée, d’un pays étendu, ne différant des parlers voisins que par des changements peu considérables qui n’empêchent pas que de dialecte à dialecte on se comprenne, et comportant une complète culture littéraire.

– l’Académie

Parler d’une contrée, d’un pays étendu, ne différant des parlers voisins que par des changements peu considérables qui n’empêchent pas que de dialecte à dialecte on ne se comprenne, et comportant une complète culture littéraire.

Langue régionale

Voilà que les choses se compliquent !

En effet le Larousse définit le groupe de mots « langue régionale » comme « langue qui, dans le cadre national diffère nettement de la langue officielle standard et dont les locuteurs posent le problème de son statut et de sa transmission comme langue de communication et de culture. En France, il s’agit de trois langues romanes (l’occitan, le catalan et le corse), deux germaniques (l’alsacien et le flamand), une celtique (le breton) et une d’origine non indo-européeenne (le basque). »

Mais ni le Littré, ni l’Académie ne connaissent le groupe de mots mais seulement les mots séparés !

Le Littré définit ainsi le mot langue, introduisant le terme « idiome » pour ce que nous qualifions de « langue régionale » :

« Langue désigne en général l’expression des pensées par la parole d’après les principes communs à toutes les grammaires. Idiome présente la langue au point de vue des particularités propres à chaque nation. Ainsi on dira : le projet d’une langue universelle, et non d’un idiome universel ; au contraire on dira l’idiome bourguignon, l’idiome picard, etc. et non la langue bourguignonne, la langue picarde.

L’Académie traduit la langue comme « système d’expression verbale qui est d’emploi conventionnel dans un groupe humain et permet à ses membres de communiquer entre eux », affirme haut et fort que  « la langue de la République est le français » et que  « les langues régionales appartiennent à son patrimoine ».

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L’histoire et les usages

A l’origine….

La France est géographiquement séparée en deux zones, Nord et Sud, par une zone forestière et de nombreux massifs (Jura, Bresse, Nivernais , Bourbonnais, Sologne, Brenne) ; deux climats prédominent de part et d’autre de cette « barrière » :étés secs au Sud, saisons humides au Nord. De plus, les civilisations de ces contrées se développent sous des influences latines, au Midi et germaniques au Nord. Autant de différences qui se ressentent dans l’histoire, les traditions, la linguistique des peuples de ces régions.

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moyenage.passion.com

Dès le VIIIe siècle avt J-C,le gallo-romain méridional donne naissance à la langue d’Oc tandis que sa version septentrionale devient la langue d’Oïl.

Le français, langue nationale

Jusqu’au règne de François Ier, la France vit avec ses diversités de langages, les langues vernaculaires.

Avec 20 millions d’habitants, la France est le pays le plus peuplé d’Europe et le roi de France assied son autorité.

Paris domine la vie économique ; l’Église et l’Université y exercent leurs principales activités ; les grandes familles du commerce et de la banque y ont leurs quartiers généraux ; le Parlement, le Grand Conseil, la Chambre des Comptes, la Chancellerie sont là !

En 1528, François Ier décide de s’installer à Paris avec la Cour.

La Cour parle le dialecte de l’Ile de France et des bords de Loire où elle réside au gré des chasses du roi, de château en château. Lorsqu’elle s’installe à Paris, elle parle le « françoys » du roi qui deviendra le français.

Des ébauches de volonté d’uniformisation de notre langue

La monarchie, soucieuse d’asseoir son pouvoir par rapport à l’Église catholique qui utilise le latin universel, choisit sa langue, le « françoys » comme moyen d’uniformisation juridique du pouvoir administratif.

L’ordonnance royale de Villers-Cotterets (1539) assoit le statut du français.

Elle est une façon de réduire le pouvoir de l’Église en augmentant celui de la monarchie qui a désormais, de ce fait, les plus grands pouvoirs administratifs.

Cette pénétration du français est limitée à la langue écrite.

L’imprimerie précipite cet usage .

Les usages

Une résistance passive

Néanmoins, comme le fait remarquer Charles de Bovelles (1479-1553), dans un ouvrage sur les « langues vulgaires » :  « il y a actuellement en France autant de coutumes et de langages humains que de peuples, de régions et de villes ».

Les érudits de l’époque contribuent à associer la notion de « dialecte » et de « patois » à un usage inférieur par rapport à la « langue » française jugée supérieure, raffinée, royale !!!!

Le peuple continue d’ignorer cette langue qui commence à se codifier dans la région de Paris.

La population paysanne est massivement illettrée et dans les campagnes, seuls les notables lisent et écrivent le français.

langues-de-la-france.com

A la veille de la Révolution française, un quart seulement de la population parle français ; le reste parle au nord la langue d’oïl, au sud la langue d’oc et leurs différents dialectes ou patois , mais aussi le breton, le basque, le catalan, l’alsacien, le flamand, le francique lorrain….

Une avancée par la discrimination et l’unification finale

La Révolution française va au-delà de l’ordonnance de Villers-Cotteret : les Jacobins imposent le français comme « langue universelle des lumières » et comme langue maternelle pour tous. L’usage des patois et dialectes est synonyme de « régression sociale ».

L’unification du français débute par Talleyrand et se poursuit par Jules Ferry.

Elle s’impose assez rapidement dans les régions de langue d’oïl mais plus difficilement ailleurs.

Au début du XXème siècle un bilinguisme coexiste avec le français.

Pour éliminer les langues régionales des méthodes coercitives sont mises en œuvre allant jusqu’à des humiliations des jeunes élèves dans les écoles, le mépris, des actions et discours visant à rendre honteux l’usage des dialectes et patois.

L’occitan

De l’oral à l’écrit

L’occitan reste longtemps une langue romane, orale, populaire. Il est couramment parlé dans notre région jusqu’avant la Seconde Guerre Mondiale ; il y a, à cette époque, des régions où le français n’est parlé qu’à l’école.

Les premiers scribes adapteront sa graphie au système orthographique latin, cependant pas vraiment compatible…mais qui subsistera jusqu’au XVe siècle.

Après la croisade contre les Albigeois, l’occitan est interdit dans les écoles et la vie administrative. Le peuple continue à le parler mais en perds la graphie ; chacun se met à l’écrire à sa manière en fonction du français. Avec les troubadours des tentatives de normalisation de l’écriture voient le jour.

Au XIXe siècle, la renaissance littéraire occitane reprend et modernise cette graphie  , qui est vulgarisée en 1930 par la Société d’Études Occitanes.

Cette graphie Occitane, dite classique, permet à tous les dialectes occitans français de se comprendre, bien que subsistent encore des différences de prononciation et d’écriture.

Une période intermédiaire

Après la guerre, l’Occitan s’est perdu ; chassé de l’école, méprisé et calomnié, la langue a glissé lentement dans le passé ; pour leur éviter des représailles à l’école nombre de parents ont préféré parler en Français à leurs enfants ; pour certains, les patois représentent encore l’ancien temps…

Un riche passé

La culture Occitane, dispose d’une littérature de plus de 1000 ans dont les textes les plus anciens remontent bien avant le Xe siècle. Vers la fin du XIe siècle, l’Occitanie médiévale se présente comme un ensemble socio-culturel d’une incontestable maturité. Depuis les troubadours du Moyen-Age, initiateurs de la littérature courtoise, jusqu’aux nombreux écrivains contemporains, en passant par la renaissance littéraire et bien d’autres, cette littérature surprend par son originalité et son extraordinaire fécondité.

La culture occitane offre aussi un patrimoine oral important, une civilisation avec ses coutumes et traditions, ses croyances, sa cuisine, ses métiers, etc…

Un renouveau

Désormais des jeunes ont envie d’apprendre ou de ré-apprendre cette langue ; des écoles bilingue et des associations en permettent un accès « académique ». Environ deux millions de personnes parlent régulièrement Occitan, et environ six millions de personnes le comprennent, le parlent un peu.

Aujourd’hui

L’occitan , avec ses nombreuses variantes , est encore parlé dans le sud de la France, les 12 vallées du Piémont italiens et le Val d’Aran en Espagne.

patois;dialectes;occitan;

wikipedia.org

L’occitan de notre région Occitanie-Pyrénées Méditerranée est essentiellement le Languedocien ; le Gascon est parlé dans les Hautes-Pyrénées, le Gers, une partie de l’Ariège, de la Haute-Garonne et du Tarn-et-Garonne, tandis que l’est du Gard utilise le Provençal et le nord de la Lozère, l’Auvergnat.

Ces variantes sont essentiellement orales et donnent lieu à des transcriptions graphiques basées sur le français ou sur des « traductions » plus phonétiques qu’académiques, qui heurtent parfois les « puristes ».

Elles vont jusqu’à laisser des traces dans notre parler régional courant et donnent ce qu’on appelle désormais le « francitan ».

Ce rapide tour de l’histoire de notre langue française et sa relative « jeunesse » dans nos usages en région explique la subsistance de nos accents et de nos expressions locales.

Mes articles, mes billets hebdomadaires, sur le thème du langage, n’en déplaise aux VRAIS occitans, ciblent plus ce vocabulaire-là ; mon but est d’éclairer touristes, nouveaux arrivants, de rappeler parfois des souvenirs à d’anciens jeunes, pas de leur apprendre l’occitan, d’autres le font bien mieux que moi !

J’espère que cet article vous a plu.

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  1. timoner

    on sait bien ce que pensent les dictionnaires jacobins français ! ils ne font qu’illustrer la pensée des vainqueurs qui ont réécrit l’Histoire à leur façon ! la langue occitane, parlée partout en europe, ne sera jamais un patois ou un dialecte… un dialecte de quoi, au fait…? c’est une langue nationale que le pouvoir jacobin étouffe et essaie d’éliminer depuis la révolution… une langue, c’est une culture, une civilisation… à l’heure de l’écologie où on s’aperçoit que nombre d’espèces végétales ou animales disparaissent, il serait temps de défendre ces parlers minoritaires car ils font partie du patrimoine de l’Humanité !

  2. Lylian Sauvebois

    Toujours aussi intéressant !!
    Lylian

  3. Guy Serres

    Un joli article. Je fais partie de ces 6 millions de personnes qui comprennent l’occitan (enfin, celui que l’on parle en Lauragais) et le parlent peu. Mon installation en région parisienne n’a pas facilité une pratique régulière…
    Merci pour vos billets rafraîchissants…

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