Pas à pas...découvrez les coutumes...entrez dans les spécificités de cette région...pour la découvrir et l'aimer.

Montpellier, du clapas à la surdouée

Montpellier, du clapas à la surdouée

Montpellier la Surdouée, c’est ainsi qu’en 1987 le député-maire Georges Frêche « vend » la région aux investisseurs dans une campagne nationale !

Comment passe-t-on de « Montpellier, lou clapas » à « Montpellier, la surdouée »  et qu’en est-il aujourd’hui ?

Dans cet article regardons cette évolution :

-les débuts de la croissance

-de la Surdouée à Montpellier Méditérranée Métropole

-et aujourd’hui ?

Les débuts de la croissance

La croissance démographique

Montpellier est une des rares villes de plus de 100 000 habitants dont la population augmente chaque année de manière ininterrompue depuis 1945.

A la fin de la Seconde Guerre Mondiale, Nîmes compte autant d’habitants que Montpellier.

L’immigration espagnole (la plus grande communauté espagnole de France se trouve dans la commune proche de Mauguio), l’implantation d’IBM et la restructuration des universités, l’arrivée massive des « pieds-noirs » d’Afrique du Nord, l’immigration du Maghreb (Maroc essentiellement) vont entrainer une augmentation démographique annuelle de plus de 5,3% de 1962 -1968.

Cette croissance démographique se poursuit faisant passer la population, de la ville de 161 910 habitants en 1968 à 296 386 en 2020 soit une évolution de 83% en 52 ans !

Une ville qui s’établit

Dès la fin du XIXème siècle, bénéficiant du développement de la viticulture la ville se transforme.

Jules Pagézy, député-maire, sous la IIIème République s’inspirant de l’oeuvre parisienne du Baron Haussmann lance de grands travaux : le Palais de Justice, l’Opéra-Comédie, l’avenue Foch qui relie le Peyrou, l’Arc de Triomphe et la Préfecture, la rue de la Loge, les halles Castellanes, la rue de la République, la rue Maguelone, la gare Saint Roch.

Un réseau de tramway hippomobile, puis électrique est installé. Il sera abandonné après la Seconde Guerre Mondiale faute d’entretien.

Les faubourgs se construisent : Courreau, Saunerie, Boutonnet, Figuerolles, Saint Jaumes.

Un afflux brutal de population

L’explosion démographique des années 1960-1970 provoque une inexorable expansion de la ville. Le maire François Delmas (1959-1977) doit en gérer la croissance démographique et spatiale :construction d’une zone à urbaniser en priorité (selon la loi de 1958) sur le domaine de La Paillade, d’un centre commercial en Centre ville , Le Polygone et ses parkings souterrains, aménagement de l’Esplanade Charles de Gaulle en Jardin Public.

Les communes de l’agglomération Montpelliéraine se constituent en district en 1965.

De la Surdouée à Montpellier Méditerranée Métropole

Une personnalité « marquante »

En 1977, Georges Frêche succède à François Delmas à la mairie de Montpellier. Il y siège jusqu’à son élection à la tête de la région Languedoc-Roussillon en 2004 mais continue à en être un acteur incontournable jusqu’à son décès brutal en 2010.

Ce professeur d’histoire du droit, charismatique, « grande gueule », entreprenant, parfois clivant et complexe, visionnaire, ne peut que transformer la ville, ce dont il ne se privera pas…

C’est l’ère des grands projets… La démographie progresse toujours et la ville doit s’adapter.

Des grands projets

Dans les années 1970, la création du nouveau quartier Antigone (clin d’œil à l’Antiquité chère à Georges Frêche mais aussi, en opposition à son prédécesseur qui a construit le Polygone…) est confiée à l’architecte espagnol Ricardo Bofill.

ùontpellier;anyigone;bofill;

CC BY SA 2.0

Une zone économique , autour des usines IBM, au Millénaire, prolonge la ville vers l’est dans les années 1980.

Le Corum, en centre ville, comprenant un centre de Congrès (2 auditoriums et 6000m2 d’exposition) et un nouvel opéra (Opéra Berlioz, 6000 places), dessiné par l’architecte Claude Vasconi, est réalisé en 1989 et 1990.

Les années 1990 voient également la construction de la piscine olympique d’Antigone, de la médiathèque centrale Emile Zola, l’implantation des UFR (Unités de Formation et de Recherches) de Sciences Economiques et d’Administration Economique et Sociale sur le nouveau campus Richter.

Au cours des années 2000, les grands projets se poursuivent par l’extension de la ville vers la mer, avec la construction du parc ludique et commercial Odysseum ; le réseau de tramways est lancé avec l’ouverture en 2001 de la première ligne sur les 5 projetées.

tramway;ùontpellier;occitanie;

Pixabay

Ils continuent avec la construction d’un hôtel de région, d’une nouvelle mairie (2011) , etc…

Les successeurs de Georges Frêche poursuivront son oeuvre : construction de 4 lignes de tramways, installation de pôles d’activités tertiaires, aménagement du Musée Fabre, réaménagement de la gare Saint Roch, construction d’une nouvelle gare TGV Montpellier Sud de France, etc…

Dès 2001, la commune est divisée en quartiers, dotés d’un adjoint de quartier et d’un adjoint au maire délégué ; des Zones d’Aménagement Concerté y sont ajoutées chaque année et les quartiers se multiplient. La ville est en perpétuel mouvement du fait de sa croissance démographique.

Un slogan qui marque

Dans le but d’attirer les investisseurs, dès 1985, les murs du métro parisien sont couvertes d’affiches représentant un bébé en couche-culotte enjambant son berceau, portant le slogan « Montpellier, la surdouée ».

Le bébé tient ses promesses et l’ascension se poursuit… Le slogan reste dans les mémoires même si d’autres lui succèdent : « la ville où le soleil ne se couche jamais » en 2006, ou « Unlimited » en 2012…

D’un district à une métropole

L’attractivité de Montpellier se répercute sur les communes aux alentours ;  le district créé en 1965 qui réunit 15 communes est insuffisant.

La croissance se poursuit, et après quelques difficultés, la communauté d’agglomération est mise en place en 2001 et s’étend jusqu’à la mer ; elle réunit 38 communes.

Le 1er janvier 2015, la communauté d’agglomération change de statut et devient la Métropole Montpellier Méditerranée ( en abrégé 3M) qui regroupe 31 communes, celles de La Grande-Motte, Mauguio-Carnon, Saint Aunès, Saint Clément-de-Rivière, Saint Gély-du-Fesc et Teyran, puis Palavas-les-Flots ayant quitté l’intercommunalité montpelliéraine .

Et aujourd’hui ?

Un riche patrimoine historique

Montpellier compte 106 édifices classés ou inscrits monuments historiques.

L’Ecusson, Coeur de ville, est le plus grand quartier piétonnier d’Europe.

De la place de la Comédie et son Opéra à l’Aqueduc des Arceaux, en passant par l’Arc de Triomphe et la Promenade du Peyrou, la Préfecture, le Palais de Justice et les rues adjacentes, plus de 80 hôtels particuliers datant du XIIIème au XVIIIème siècles, s’offrent aux visiteurs.

montpellier;comedie;occitanie;

CC BY SA 2.0

Une ville d’enseignement

Avec 61 écoles maternelles publiques, 62 écoles primaires publiques, 14 écoles maternelles et élémentaires privées, 3 calendretas (maternelles et élémentaires) bilingues français-occitan, Montpellier accueille plus de 20 000 élèves.

25 Collèges (15 publics et 10 privés sous contrat), et 15 lycées (5 d’enseignements général et technologique publics et 3 privés, 4 lycées professionnels publics et 1 privé, 1 lycée agricole et 1 établissement régional d’enseignement adapté public) assurent l’enseignement secondaire.

7ème pôle universitaire de France , Montpellier accueille plus de 70 000 étudiants dans ses deux Universités. Sa faculté de médecine, la plus ancienne en activité dans le monde, célébre ses 800 ans en 2020 .

Une vingtaine de Grandes Ecoles dont 4 Grandes Ecoles du numérique, et 6 établissements d’enseignement supérieur privés complètent l’offre universitaire.

Médecine et santé

Le Centre Hospitalier Universitaire assure soins, enseignement et recherche, en lien avec les facultés de médecine, d’odontologie, et de pharmacie. Il dispose de six hôpitaux, deux centres de soins et un institut spécialisé en oncologie.

Il est complété par six cliniques de soins privées.

Une vie culturelle et sportive

Dix cinémas, une vingtaines de lieux culturels (musées, théâtres, lieux d’expositions), une trentaine de festival sont autant d’attraits pour les acteurs que pour les habitants.

Montpellier est aussi compétitive sur le plan sportif grâce à des équipements qui lui permettent d’accueillir des évènements de haut niveau . En particulier depuis 2010, la ville possède une salle multifonctions, l’Arena, qui permet l’accueil de 14 800 spectateurs en configuration spectacle, 9000 supporters en sport et offre 13 500 m2 de surface brute d’exposition.

Une activité économique diversifiée

En 2019, Montpellier compte plus de 21 000 entreprises, dont 18 parcs d’activités qui regroupent 760 entreprises et 18 473 emplois.

Son industrie est très spécialisée dans les activités tertiaires supérieures: multimédias, biotechnologies, technologies de l’information, laboratoires…

Malgré son urbanisation galopante Montpellier garde son importance agricole plus particulièrement en viticulture .

Les paradoxes montpelliérains

L’un de ces paradoxes consiste dans la structuration de sa population ; il est coutume de dire qu’à Montpellier, on est riche ou pauvre !

Le taux de chômage est de plus de 20% , bien supérieur à la moyenne nationale. Son revenu fiscal médian est extrêmement faible bien qu’une partie de sa population soit très aisée ; une forte proportion vit en dessous du seuil de pauvreté.

La commune connaît les nombreux problèmes sociaux caractéristiques des grandes villes du pourtour méditerranéen.

Devenue rapidement la huitième ville la plus peuplée de France, sont réseau routier, malgré le dédoublement de l’autoroute A9, est inadapté et les embouteillages quotidiens.

La ville attire plus de 6000 habitants supplémentaires chaque année mais le prix de l’immobilier a plus que doublé en dix ans..

Montpellier reste une ville où il fait bon vivre. Alliant histoire et modernité, elle demeure une destination touristique internationale. Son attrait est complété par celui de ses environs proches : les « folies » (anciennes résidences secondaires construites aux XVIIIème siècle par les aristocrates et les grands bourgeois de la ville), la proximité du littoral mais aussi l’arrière pays qui gagne à être visité.

Si cet article vous a intéressé, donnez vos commentaires, vos suggestions. Partagez et faites connaître ce blog autour de vous.

Inscrivez vous : vous serez automatiquement informé(e) de toutes parutions sur ce blog et serez abonné à mes billets hebdomadaires.

JE M’INSCRIS

https://fr.wikipedia.org

https://www.lefigaro.fr/langue-francaise/

http://etats-du-languedoc.univ-montp3.fr/

https://www.etudesheraultaises.fr/

https://www.montpellier.fr/

http://www.georgesfreche-lassociation.fr/

Précédent

Le veau d’Aveyron et du Ségala

Suivant

Gabriel Fauré, un romantique

  1. Bouilland

    Suggestion : présentation de l’architecture contemporaine à Montpellier. Avec mes remerciements pour vos articles hebdomadaires.

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur comment les données de vos commentaires sont utilisées.

Fièrement propulsé par WordPress & Thème par Anders Norén

HTML Snippets Powered By : XYZScripts.com