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Montauban, ville d’art et d’histoire

Montauban, ville d’art et d’histoire

Montauban, chef-lieu du département du Tarn-et-Garonne, est la sixième ville, en population, de la région Occitanie-Pyrénées Méditerranée.

Dans cet article faisons un rapide tour de

  • sa situation et son nom

  • son histoire

  • ses attraits touristiques

Sa situation et son nom

Sa situation géographique

Au nord de Toulouse, la ville de Montauban est à mi-chemin entre la mer Méditerranée et l’océan Atlantique.

Traversée par le Tarn, affluent de la Garonne, elle est également irriguée par le Tescou et la Garrigue, qui se jettent dans ce dernier, et par le ruisseau du Grand Mortarieu qui alimente l’Aveyron.montauban; tarne et garonne;occitanie;

Flickr.com

La ville est ainsi située dans une vaste plaine alluviale créée par ces différents cours d’eau, limitée par le Tarn au sud et l’Aveyron au nord.

Sa desserte

A l’embranchement des axes Atlantique-Méditerranée et Espagne-Nord de la France, la ville est contournée par l’autoroute A20. Une rocade d’une dizaine de kilomètres au sud de la ville permet de rejoindre l’autoroute A62.

Un réseau routier dense la relie, sans passer par les autoroutes, à Caussade, Moissac et Castelsarrazin (Tarn-et-Garonne), Auch (Gers), Gaillac et Albi (Tarn).

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CC BY SA 4.0

Le canal de Montech , du Tarn au canal de Garonne, est une voie navigable qui rejoint le canal du Midi, lui donnant ainsi accès à l’Atlantique et à la Méditerranée.

Sa gare SNCF, Montauban-Ville Bourbon est desservie par TGV, TER, Intercités; elle assure d’importants trafics voyageurs (plus d’un million par an) et marchandises (plus de 34 voies de triage).

Son nom

Si la première partie de son nom ne suscite aucun contradiction (Mont) , il n’en est pas de même de la seconde (auban).

Selon une première interprétation, auban vient du latin « albus » ou de l’occitan « alban » qui signifie blanc ;la ville d’origine est construite sur une petite colline plantée de nombreux saules (albars en occitan) ; le dessous blanc de leurs feuilles animées par le vent, donnant un effet de couleur blanche à l’ensemble , serait à l’origine de ce nom… Un saule figure d’ailleurs sur les armes de la ville.

Une seconde explication attribue cette deuxième partie du nom à l’opposition à l’abbaye de Montauriol (Mont-doré) qui était l’ancienne ville.

Son histoire

Une bastide

Montauban est fondé en 1144 par Alphonse Ier Jourdain, comte de Toulouse.

Il souhaite créer un verrou stratégique avec son voisin au nord, le roi de France mais aussi une ville commerçante qui lui rapporte des revenus.

Cette nouvelle ville est construite selon un plan type qui sera repris par la suite pour la construction d’autres villes : les bastides du Sud Ouest.

Montauban au Moyen Age

Montauban n’échappe pas au catharisme, bien qu’il en soit fait peu état dans son histoire.

En 1271, elle est rattachée au royaume de France.

Sur le plan religieux, en 1317, Jean Duèze, l’ancien évêque de Cahors, devenu le pape Jean XXII, fonde l’évêché de Montauban, émancipant ainsi la ville de l’influence de l’abbaye de Moissac.

Comme tout le pays, elle subit la Grande Peste de 1348.

Elle est occupée par les Anglais pendant la guerre de Cent ans.

Bravant les difficultés et bénéficiant de sa position de carrefour commercial, des privilèges commerciaux et fiscaux de sa charte fondatrice en qualité de bastide, la ville poursuit son développement.

A la fin du XIIème siècle la ville déborde sur ses faubourgs.

Montauban la protestante

Dès le XVème siècle, les idées nouvelles de la réforme trouvent un public attentif dans les villes universitaires, auprès des hommes d’églises férus d’humanisme, dans les cités économiquement développées du sud de la France. Malgré la répression catholique, ce qui sera appelé le « croissant huguenot » se renforce de La Rochelle à Grenoble, en passant par le sud du Massif Central.

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Ernio48-CC BY SA 4.0l

A Montauban, ces idées se développent et prennent de l’importance dès 1537. La ville possède une organisation scolaire très élaborée ; les esprits s’éclairent sous l’influence d’un Carme Michel de Affinibus, professeur dans une école récemment créée, qui se permet de commenter l’Epitre de Paul.

Deux personnages importants de la ville prennent le parti de la réforme : François Calvet, juge ecclésiastique à l’évêché et curé de Montalzat, et son frère Hugues, conseiller sénéchal, gestionnaire des biens du clergé ; ils seront suivis par d’autres propagateurs influents de la foi nouvelle. Un consistoire est créé. Les bâtiments religieux sont investis et les religieux catholiques chassés des couvents.

En 1562, la ville est assiégée par trois fois par les troupes catholiques de Blaise de Monluc, en vain. Les églises ne sont restituées aux catholiques qu’en 1563. Des temples sont construits.

Le 8 août 1570, le traité de paix de Saint Germain-en-Laye, octroie aux protestants quatre places fortes : La Rochelle, Cognac, Montauban et la Charité-sur-Loire. En 1598, l’Edit de Nantes reconnaît Montauban comme ville protestante libre ; il conforte sa situation de place de sureté protestante, comme Nîmes et Montpellier, entre autres (51 villes au total). Une université protestante est créée.

Avec l’avènement de Louis XIII et les guerres de religion, Montauban doit à nouveau résister aux assauts des troupes royales du duc de Luynes en 1621. La ville résiste mais après la chute de La Rochelle en 1628, et la signature de la Paix d’Alès, elle doit ouvrir ses portes aux troupes de Richelieu le 20 août 1629 sans avoir pour autant perdu le siège…

Elle subit des dragonnades à la suite de la révocation de l’édit de Nantes en 1685.

Son apogée économique et les hésitations de la Révolution

Devenue capitale régionale, puis Généralité du Bas-Quercy, dotée en 1635 de territoires du Nord-Rouergue aux Pyrénées, Montauban retrouve son essor économique rapidement. Minoteries, tissages de soie et de laine, dotée d’un dynamisme industriel important, elle atteint son apogée économique au XVIIIème siècle.

Mais en 1790, Montauban est reléguée chef-lieu de district ; après des hésitations pour son rattachement entre Haute-Garonne et Lot, elle est rattachée à ce dernier département. Regroupant les cantons de Montauban, Mirabel, Lafrançaise, Montpezat, Puylaroque, Caylus, Bruniquel, Nègrepelisse et Caussade, elle devient en 1800 sous-préfecture de ce département.

Du XIXème siècle à nos jours

En 1808 Napoléon crée le département du Tarn-et-Garonne et Montauban en devient le chef-lieu. La faculté de théologie protestante, rattachée à l’université de Toulouse, réouvre ses portes ; devenue autonome en 1906, suite à la séparation des églises et de l’Etat de 1905, elle est transférée à Montpellier et rattachée à l’université de cette ville en 1919.

La concurrence dans le domaine textile va entrainer son déclin industriel.

D’importantes crue en 1766 , 1870 et 1930 vont entrainer des destructions et des reconstructions.

Montauban est une ville d’accueil :

  • dès 1936, de nombreuses familles espagnoles chassées par la guerre civile,

  • en 1940, Montauban reçoit des milliers de réfugiés de Belgique et du nord de la France.

  • dans les années 60, la ville accueille de nombreux rapatriés d’Algérie.

Aujourd’hui Montauban compte plus de 60 000 habitants et son aire urbaine plus de 110 000.

Le 17ème régiment de génie parachutiste, unité militaire d’élite, est basé à Montauban. Il est présent sur tous les théâtres d’opérations et a souvent été cité pour ses engagements. En 2012, deux de ses soldats sont tués et un troisième grièvement blessé par le terroriste Mohamed Merah.

Son climat doux, sa position de carrefour stratégique, son patrimoine et sa douceur de vivre, font de Montauban une ville attrayante.

Ses attraits touristiques

Son architecture

La ville ancienne garde les caractéristiques de son origine de bastide : des rues qui se coupent à angles droits, une place centrale trapézoïdale, bordée d’une double rangée d’arcades.

Les bâtiments construits aux XVIIème et XVIIIème siècles présentent leurs façades de briques rouges, dont la ville a fait un symbole et qui sont encore utilisées aujourd’hui, plutôt comme parements décoratifs que comme matériaux de base.

Ses monuments

L’église fortifiée Saint Jacques et le Pont Vieux sont les seuls monuments médiévaux de la ville.

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CC BY-SA 3.0

La cathédrale Notre-Dame, dont la construction a été ordonnée par Louis XIV pour affirmer le pouvoir royal et le catholicisme dans cette ville protestante, est construite en pierre, contrastant avec les façades en briques rouges environnantes.

L’ancien collège des Jésuites, dont la présence due à Richelieu dès 1629, a été installé en 1676 dans un hôtel particulier. Bâtiment austère, il a servi de fonderie de canons pendant la Révolution ; redevenu collège jusqu’en 1961, il est désormais occupé par la Direction des Affaires Culturelles, le Conservatoire de danse, l’Office de Tourisme et le Centre du Patrimoine.

Sur la rive gauche du Tarn, le quartier Villebourbon, nommé ainsi en l’honneur d’Henri de Navarre, construit pendant les guerres de religions, relie deux anciens faubourgs ; il vivait autrefois au rythme de l’industrie florissante de la ville et des tuileries, teintureries, minoteries qui bénéficiaient de la proximité du Tarn. Les riches industriels et négociants de l’époque ont construit sur les quais du Tarn de magnifiques hôtels particuliers.

Ses personnages célèbres

Montauban a vu naître un certain nombre de personnages célèbres.

Certains ont déjà été évoqués dans des articles précédents comme Olympe de Gouges, cette féministe montalbanaise, auteur de la Déclaration des Droits de la femme.

Nous vous avons également présenté Mademoiselle Gineste, et Monseigneur Théas, actifs résistants pendant la Seconde Guerre Mondiale.

Le peintre Jean, Auguste, Dominique Ingres (1780-1867) et le sculpteur Emile, Antoine Bourdelle sont natifs de Montauban qui leur consacre un musée, de même que le peintre François Desnoyer (1894-1972), élève de ce dernier.

D’autres personnages, moins connus, méritent d’être cités comme le Pasteur Jeanon Saint-André qui, député de la Première République et Président de la Convention, fit adopté les couleurs du drapeau français. Ou le pittoresque et populaire Armand Taillé que nous vous avons présenté dans un Billet Hebdomadaire.

Ajoutons Jules Michelet (1798-1874), célèbre historien, qui ? marié à une montalbanaise, fit de nombreux séjours dans la ville, ainsi que le découvreur de musiciens de jazz, fondateur du Hot Club, Hugues Panassié (1912-1974) qui choisit d’y finir sa vie.

J’espère que cet article vous a intéressé et donné envie de visiter Montauban.

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  1. DEVALS

    Je vous signale un personnage qui a beaucoup oeuvré pour l’histoire de Montauban: Jean Ursule Devals. Né à Montauban le 21 octobre 1814 il y est mort en 1874. Passé par l’Ecole de Chartres il a tant écrit comme archiviste de la ville puis du département ( 1865), historien local, illustrateur, dessinateur, cartographe, membre correspondant du CTHS, membre correspondant de la Commission de topographie des Gaules.
    Il est un des premiers à avoir fouillé le site de Cossa (Lamothe-Capdeville).
    Une rue porte son nom à Montauban. Il semblerait qu’il existe une statue ou un buste dans un édifice public.

    • Merci pour votre information. Je ne manquerais pas de faire au moins un billet hebdomadaire si ce n’est un article (tout dépend du volume des éléments recueillis…) au sujet de ce personnage.

  2. Marie-Thérèse Pallut

    Excellent article. Très complet. Je rêve de découvrir le musée Ingres-Bourdelle. En rénovation en 2019, puis ferme pour confinement en 2020.
    Hâte de le découvrir.

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