Mai, joli mois de mai

Mai est là avec son cortège de traditions et de dictons dont notre région Occitanie-Pyrénées Méditerranée ne manque pas.

Dans cet article de la catégorie « langage », allons à leur rencontre à travers la météo

  • les saints

  • les proverbes

  • le langage météorologique local

Les saints

Les incertitudes météorologiques du printemps

Bien que son avènement se situe, officiellement, le 21 mars, jour de l’équinoxe pour se terminer le 21 juin, jour du solstice, le printemps reste un intervalle pendant lequel la météo se révèle capricieuse.

Au mois de mars, des averses surviennent de façon intempestive ; petites pluies de fines gouttes , qui mouillent sans vraiment mouiller et qui font dire qu’il « marsèje ». Toutefois «  En mai, plèja del matin diu pas empachar de partir. » (En mai, la pluie du matin ne doit pas empêcher de partir. (elle ne dure pas))

Les périodes de soleil et d’averses se succèdent, ce qui, lorsque nous étions enfants, nous faisait chanter « il pleut, il fait soleil, le diable bat sa femme, à grands coups de bâton, lui arrache le chignon ! »

Les phénomènes météorologiques, désormais interprétés par une science pas toujours exacte, s’expliquaient autrefois par des repères religieux, des croyances, relevant souvent de constats et parfois de bon sens !

Cavaliers, saints de glace, sans oublier Saint Médard et Saint Barnabé, sont autant de références qui montrent combien la météo du printemps peut être variable et incertaine !!!!

Les cavaliers

Ils sont un repère important dans notre région.

Leur nombre et leurs noms varient parfois d’un lieu à l’autre .st georges;cavalier;occitanie;

CC BY-NC-ND 2.0

Quatre se retrouvent régulièrement : Saint Georges (23 avril), Saint Marc (25 avril), Sainte Croix (3 mai; à noter que depuis 1960 cette fête a été supprimée du calendrier par la réforme de Jean XXIII) et Saint Jean Porte Latine (6 mai).

Ma mamé disait qu’il fallait se méfier de « Georget, Marquet, Crouzet et surtout Joanet qué fa lou petesquet ! » (traduire que pour Saint Jean Porte Latine, il risque de faire orage) .

D’autres ajoutent parfois Saint Anicet (16 avril), Saint Gaston (Gastounet, le 24 avril), SaintVital (Vitalet, le 28 avril), Saint Eutrope(Troupet, le 30 avril).

Les saints de glace

Ceux là ont une réputation plus nationale que régionale. En effet notre région du sud présente un léger décalage avec le pays d’Oïl si bien que les saints de glace, très redoutés dans le nord du pays, cèdent la place aux cavaliers dans l’ordre de la méfiance !

printemps;occitan;

CC BY SA 3.0

Eux aussi varient en noms et nombre selon les lieux. Toutefois les trois plus redoutables restent Saint Mamert (11 mai), SaintPancrace (12 mai) et Saint Servais (13 mai).

Les régions plus au nord et donc plus froides y ajoutent parfois Saint Boniface (14 mai), Sainte Sophie (15 mai), Saint Yves (19 mai), Saint Bernardin (20 mai) et Saint Urbain (25 mai).

Pixabay

Et pour couronner le tout…

Autant dire qu’avec les précédents , il faut considérer que la sortie de l’hiver se fait progressivement avec danger de gelées matinales et multiples incertitudes climatiques durant tout le mois de mai …

Un dernier sursaut d’intempéries est encore marqué au calendrier de juin avec la Saint Médard (8 juin) et la Saint Barnabé (11 juin) car

«Quand il pleut à la Saint-Médard, il pleut quarante jours plus tard. A moins que Barnabé, ne lui coupe l’herbe sous le pied» .

Les proverbes occitans du mois de mai

Un mois de mai long

Nos anciens disaient « Alara brave mundo, cal pasa per mai lo long » (allez, brave gens, il faut passer par mai le long).

En effet les réserves s’épuisent et en fonction du temps les nouvelles récoltes tardent à venir, et ce mois semble interminable.

Les dictons du mois de mai

Ils sont nombreux et parfois même contradictoires. Ainsi « Deu nos garde dels pols o de la posca en mai e de la fanga en agost. » (Que Dieu nous préserve de la poussière en mai et de la boue du mois d’août) mais également « Pus mai es caud, tant l’an ne vau » (plus mai est chaud, meilleure est l’année.) .

La prudence reste de mise en mai car il est dit « en mai fai ço que te plai » (en mai, fais ce qui te plait), mais il est précisé que « mai fai o defai » (mai fait ou défait).

Il est dit que « le borron de mai, claufis lo chai » (le bourgeon de mai remplit le chai) car « rasim de mai, a la tina vai »(raisin de mai va à la cuve).

Il est recommandé aux jardiniers de semer leurs pois en avril car « Semena peses en abriu, n’auràs tot l’estiu. Semena-los en mai e n’auràs se s’escai » (sème tes petits pois en avril, tu en auras tout l’été, sème-les en mai et tu en auras par hasard).

Dans le même ordre d’idée :  « Mai fa la faba pro que la trobe plan sarclada. » (Mai fait la fève pourvu qu’il la trouve bien sarclée).

Quelques vers de Mistral en provençal

Lou gripo-roussignòu

Au mes de mai, sus uno busco,

Loù roussignou, plegan lis iue

S’èro endourmi dedins la niue ;

Mai lou rejit d’uno lambrusco

Dins sa vediho l’arrapè

E lou vaqui pres pèr li ped.

Lou roussignòu, quand se reviho,

A bèu, pecaire, arpateja ;

Au quicho-pèd se vèi penja :

« Ah ! que soun traito li vediho !

Adiéu ma bello e mi cansoun :

Me fau mouri sus un bouissoun. »

Es desempièi que, dins Prouvènço,

À la jitello dóu maiòu

Ié dison gripo-roussignòu ;

E desempièi, pèr sa defènso,

Dedins li niue dóu mes de Mai,

Li roussignòu dormon jamai.

E sus si gardo, quite e lite,

Touto la niue menant rumour,

Fan que canta pèr sis amour :

Ah ! que li vigno crèisson vite !

En tèms d’amour, mi bèus ami,

Vau miés canta que de dourmi.

Le grippe-rossignol

Au mois de mai, sur une branche,

Le rossignol, clignant les yeux,

S’était endormi dans la nuit ;

Mais le jet d’une vigne folle

Le saisit dans sa vrille

Et le voilà pris par les pieds.

Le rossignol, lorsqu’il s’éveille,

Vainement, hélas ! se débat ;

Il se voit suspendu au piège :

« Ah ! que les vrilles sont traîtresses !

Adieu, ma belle et mes chansons !

Sur un buisson il me faudra mourir. »

C’est depuis lors qu’en Provence

La vrille que pousse le cep

Est nommée grippe-rossignol ;

Et depuis lors, pour leur défense,

Pendant les nuits du mois de mai

Les rossignols jamais ne dorment.

Et sur leurs gardes, francs et libres,

Toute la nuit menant rumeur,

Ils ne font que chanter l’amour :

Ah ! que les vignes croissent vite !

En temps d’amour, mes beaux amis,

Il vaut mieux chanter que dormir.

Le langage météorologique local

La météo de chez nous

Pour les détails de cette dernière partie, je vous recommande de revoir l’article « La météo occitane » ; vous trouverez ci-dessous un bref rappel de notre vocabulaire local.

Les vents

Notre région Occitanie-Pyrénées Méditerranée bénéficie d’un climat méditerranéen à l’est et océanique à l’ouest ; elle jouit d’un magnifique ensoleillement en partie dû aux vents.

Ici , « ça buffe » (ça souffle) entend on dire ; marin, mistral, tramontane, grec, narbonnais, cers, vent d’autan, et même sirocco balaient régulièrement la région. Pour savoir le vent dominant dans l’endroit où vous vous trouvez, regardez les arbres : ils poussent de guingois selon le sens du vent !

Les températures

Elles peuvent être très élevées. Le cagnas ou cagnard n’est pas un vain mot. Au mois de mai, même s’il y a de la barbaste (gelée blanche) dans les campagnes, et que le matin « fa frisquet », il n’est pas impossible de « prendre une ramade » (une averse) en fin de matinée et « une susade » (une suée) en arrachant de l’herbe au jardin l’après-midi !

J’espère que cet article vous a plu.

Je rappelle ( je sais que je rabâche mais…) et j’insiste : je n’écris pas l’occitan, aussi je demande aux « puristes » d’excuser l’orthographe que je peux attribuer aux mots et expressions.

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