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Mademoiselle Gineste, une Juste parmi les Nations

Mademoiselle Gineste, une Juste parmi les Nations

Marie-Rose Gineste est une Occitane bien connue des habitants de Montauban (Tarn-et-Garonne) qui l’appellent « Mademoiselle Gineste ».

Il m’a paru intéressant de lui consacrer un article sur ce site pour faire connaissance avec

– MarieRose Gineste, une femme engagée

MarieRose Gineste, au service de l’action sociale

Marie-Rose Gineste, résistante

Marie-Rose Gineste, reconnue.

Marie-Rose Gineste, une femme engagée

Une origine modeste

Marie-Rose Gineste est née le 10 août 1911 à Canals (Tarn-et-Garonne) dans une famille de paysans du montalbanais.

Son père, Jean-Marie, est né à Labastide-Saint-Pierre et sa mère, Antoinette Clamens, à Fabas, deux communes proches de Montauban.

Elle a une sœur, Marie-Pétronille, son aînée de dix ans.

Une femme engagée

Ouvrière couturière à partir de janvier 1921, elle entre aux Jeunesses Ouvrières Catholiques dès leur création en 1924.

En 1933, elle s’engage syndicalement ; elle adhère à la Confédération Française des Travailleurs Chrétiens (CFTC) et fonde une Union départementale dont elle est Présidente dès 1935.

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theas-institut.fr

MarieRose Gineste, au service de l’action sociale

Une vie au service de la société

Investie pleinement dans l’action sociale au Secrétariat social du Tarn-et-Garonne, elle est nommée en 1935 Administrateur de la Caisse Départemental des Assurances Sociales. Elle occupe ce poste jusqu’en 1946.

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yadvashem.france.fr

Elle participe activement à l’aide aux réfugiés espagnols pendant la Guerre d’Espagne.

Une vie citoyenne

A la fin de la guerre, la paix revenue, Marie-Rose Gineste poursuit ses activités au service de l’action sociale.

Du 1er septembre au 28 décembre 1944, puis du 19 octobre 1947 jusqu’au 20 mars 1965, elle est conseillère municipale, adjointe au maire de Montauban.

Membre du Bureau d’Aide sociale durant 18 ans, elle en assure la vice-présidence pendant 12 ans.

Une carrière bien remplie

Dès 1946, elle siège en tant que personne qualifiée dans le premier conseil d’administration de la sécurité sociale de Montauban.

Après avoir été vice-présidente de la Caisse Primaire d’Assurance Maladie (CPAM), elle en assure la Présidence du 25 novembre 1982 au 3 avril 1984.

Durant ces 50 ans de carrière au sein de la Sécurité sociale (1934-1984), Marie-Rose Gineste assure d’autres activités sociales telle qu’Administrateur de l’hôpital de Montauban, de Moissac et de Villefranche-de-Rouergue, Administrateur de la Caisse Régionale d’Assurance Maladie de Midi-Pyrénées, Administrateur des Maisons de retraite de Grisolles, Lamagistère et Montbeton (Tarn-et-Garonne), Administrateur de l’ASSEDIC Midi-Pyrénées, du P.A.C.T.du Tarn-et-Garonne, de l’Etablissement du Refuge (concernant le placement de jeunes filles confiées par le tribunal) et de l’Aide aux mères de famille.

Du 20 juin 1956 au 17 septembre 1963 elle siège au Conseil supérieur de la Sécurité sociale au Ministère du travail.

Marie-Rose Gineste, la résistante

A bicyclette

Dès le début du conflit 1939-1945, Marie-Rose Gineste met son patriotisme, son courage et sa ténacité au service du pays. Elle participe à la Résistance sous le pseudonyme de Françoise.

Elle collabore à « Témoignage chrétien ».

Elle réalise de faux papiers, facilite le passage de la ligne de démarcation et sert d’agent de liaison à l’organisation de résistance « Combat » dont elle assure la responsabilité départementale.

Elle sillonne, inlassablement, à bicyclette, les routes du département du Tarn-et-Garonne pour distribuer les Bulletins d’Information de l’Organisation .

Elle héberge des aviateurs alliés , établit des boîtes aux lettres et met en place des groupes clandestins.

Arrêtée par la police de Montauban, elle subit un interrogatoire mais malgré de cruels sévices , elle tient bon et est libérée faute de preuve.

Des actions de résistance auprès des Juifs

Elle diffuse clandestinement dans toutes les paroisses du département les messages de prises de position de Monseigneur Théas, évêque du département de 1940 à 1947.

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Marie-Rose Gineste se charge de trouver des refuges à des enfants et des adultes juifs, dans des couvents ou des familles, de leur fournir de faux-papiers et des fausses cartes d’alimentation.

Après la rafle du Vel’d’Hiv, elle diffuse dans toutes les paroisses du Tarn-et-Garonne, la lettre pastorale de l’évêque qui sera lue le 30 août 1942 :

Des hommes et de femmes sont traités comme un vil troupeau et envoyés vers une destination inconnue avec la perspective des plus grands dangers. Je proclame que tous les hommes, aryens ou non aryens, sont frères(…) que tous les hommes, quelle que soit leur race ou leur religion, ont droit au respect des individus et des États.

Cette lettre est reprise par Radio Londres et fera le tour du monde.

Les reconnaissances

Pour faits de résistance

Celle qu’on nomme localement, avec un grand respect, « Mademoiselle Gineste » reçoit les reconnaissances de la Nation :

– en 1946, la Médaille de la Résistance ;

– en 1953, la Médaille militaire et la Croix de Guerre avec palme ;

– en 1968, la Croix du Combattant volontaire 1939-1945

Le 24 octobre 1985, l’Institut Yad Vashem de Jérusalem lui décerne le titre de Juste parmi les Nations.marie rose gineste;bicyclette; juste parmi les nations;

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A 89 ans, Mademoiselle Gineste décide de se séparer de sa bicyclette et en fait don au Mémorial de Yad Vashem à Jérusalem où elle est désormais exposée.

Pour son action sociale

Au titre de son implication dans l’action sociale, Marie-Rose Gineste, est décorée

– en 1948, Chevalier du Mérite Social ;

– en 1954, Officier du Mérite Social ;

– en 1967, Officier de l’Ordre National du Mérite ;

– par décret du 9 juillet 1976, Chevalier de la Légion d’Honneur ;

par décret du 14 juillet 1993,Officier de la Légion d’Honneur.

Un ultime hommage

Marie-Rose Gineste, femme humble, modeste et discrète toute sa vie, se retire chez les Soeurs de la Molle, faubourg Lacapelle à Montauban.

Elle s’éteint à 99 ans, le 28 août 2010, et est inhumé dans le caveau familial à Fabas (Tarn-et-Garonne).

La même année, François-Henri Soulier, auteur et metteur en scène toulousain, écrit une pièce en son hommage : « Une bicyclette pour la liberté ».

La ville de Montauban a donné son nom à une rue.

J’espère que cet article vous a plu.

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  1. Michel

    Une grande Dame éprise de liberté, de justice et menant un combat contre l’oppression. Un bel exemple.

  2. riviere

    une vie bien remplie humble et grande merci

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