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Pas à pas…découvrez les coutumes…entrez dans les spécificités de cette région…pour la découvrir et l'aimer.

Lou coucaïrous de Saussan

Lou coucaïrous de Saussan

Lou Coucaïrous de Saussan est l’animal totémique de ce village de la métropole montpelliéraine.

Un chapitre lui est consacré dans le livre « Les animaux totémiques de l’Hérault » ; toutefois au moment de l’édition, l’auteur ne disposait pas de tous les éléments concernant ce totem et un juste reproche lui en a été fait par le président de l’association qui le gère.

Cet article a la volonté de réparer cette lacune et de faire mieux connaître ce coucaïrous

– la création de sa légende

– sa construction

– sa vie

La création de sa légende

Saussan

Saussan est un village situé à l’ouest de la métropole de Montpellier (Hérault).

Traversé au sud par la voie Domitienne, qui reliait l’Italie à l’Espagne, il se trouve aussi sur la route du sel qui depuis le Massif Central rejoignait les salins de Villeneuve-les-Maguelonne .

Deux affluents de la Mosson, la Brue et le Vertoublanc traversent l’est du village.

Les rues étroites du centre sont bordées de belles maisons vigneronnes, témoins du XIXème siècle et de l’âge d’or de la viticulture.

saussan;herault;occitanie;coucairous;wikipedia.org

Une vieille légende

A Saussan, l’histoire raconte que les porteurs d’eau, qui distribuent l’eau de la fontaine de maison en maison, sont les seuls à pouvoir parler au Coucaïrous, un animal entre dragon et lézard ailé, grâce à une incantation magique qui le fait sortir de sa cachette. Cette sorte de démon de la fontaine est en fait le protecteur de la cité, qui ne sort que pour aider les villageois lorsqu’un malheur les frappe. Mais il a mauvais caractère, et il ne faut surtout pas le déranger pour rien…

A sa mort, le dernier porteur d’eau n’a pour descendant qu’une fille de 15 ans, à qui il transmet l’incantation secrète. Mais la jeune fille, curieuse, va à la fontaine et récite l’incantation… » Coucaïrous, Coucaïrous, sourtis de toun trauquet, tu que sias tant docet » (Coucaïrous, Coucaïrous , sors de ton trou, toi qui es si doux). Réveillé, le Coucaïrous demande à la fillette ce qu’il se passe au village pour qu’elle vienne le trouver. Effrayée et surprise, la petite lui répond qu’il ne se passe rien… Furieux d’avoir été dérangé pour rien, l’animal jette un sort aux habitants, qui se mettent à parler à l’envers.

Parmi les habitants, les avares, les pingres sont les plus touchés…Heureusement, aidée de sa Mameta (Mamée, grand mère) un peu sorcière, la petite fille va reparler au Coucaïrous, et lui promet qu’elle ne le réveillera plus pour rien, et qu’en plus, il n’y aura plus d’avaricieux dans le village… Le Coucaïrous lui pardonne et reprend son sort. Pour célébrer la fin de l’étrange épidémie, une grande fête est organisée, à laquelle le Coucaïrous est convié…

Une pièce de théâtre

Dans les années 1990, un instituteur crée, avec ses élèves, une pièce de théâtre qui reprend la légende.

Regardez comme il est énorme le Coucaïrous ! Regardez comme sa tête est grosse ! Regardez comme ses grandes mâchoires sont puissantes et ses oreilles pointues ! Et ses yeux ! On dirait qu’ils vont envoyer des éclairs…

Figurez-vous que j’ai parlé avec des gens qui l’ont bien connu autrefois. Dès sa naissance, il était de cette taille…

Beaucoup de gens buvaient l’eau de la fontaine, les porteurs d’eau étaient importants alors… Une mamette et une petite porteuse d’eau m’ont raconté qu’on ne l’entendait que lorsqu’un malheur arrivait dans Saussan, alors il venait aider les villageois. Mais seuls ceux qui portaient de l’eau de maison en maison pouvaient lui parler.

Ce qu’ils m’ont dit aussi est un premier secret et pourtant je vais vous le raconter, vous ne le direz qu’aux Saussannais sinon gare au village, il n’aurait plus de protecteur…

Bon, écoutez ce que me dit la porteuse d’eau : elle a assisté à la naissance du Coucaïrous ! Mais oui ! Mais oui ! Elle s’approchait de la fontaine pour prendre de l’eau lorsque du trou de la source est sortie un son terrible qui fit trembler l’air, plier les arbres et grondait dans les oreilles. Une voix de géant, à faire frémir tous ceux qui l’entendaient dans le village. Elle recula et vit un œuf énorme ; il dépassait de l’ouverture de la fontaine, un œuf qui craquait, qui se fendait. Le hurlement sortait de l’œuf. Tout le monde ferma portes et fenêtres et se cacha dans les maisons, dans les remises, dans les caves… Personne n’osait regarder ce qui naissait, personne sauf la petite porteuse d’eau. Car curieuse, elle s’approcha de la fontaine et chanta : 

« Coucaïrous, Coucaïrous, sors de ton trou toi qui es si doucet…. » 

La grosse bête n’était pas sortie mais avait poussé son hurlement affreux.

La porteuse d’eau n’avait pas tremblé, elle répéta sa chansonnette :

« Coucaïrous, Coucaïrous, sors de ton trou toi qui es si doucet…. »

Il a crié plus fort et la petite fille n’a plus rien dit, plus bougé.

L’animal, persuadé que tous étaient enfermés dans les maisons, s’est glissé hors de sa coquille, hors de son trou. La petite fille a vu une patte, deux pattes, une tête toute ronde et un corps tout carré, gigantesque! Comment ce monstre si effrayant pouvait-il sortir d’une coquille d’œuf toute fragile ?

C’est elle qui lui a donné son nom. Souvent sa mamette disait : «  Oh coucaïre ! (oh, coquin) devant une situation extraordinaire – oh coucaire le beau gâteau ! » Coucairous, c’était aussi un mot qui voulait dire « chenapan, coquin… » Alors vite, il est devenu son Coucaïrous, un coquin extraordinaire.

Le Coucaïrous a sursauté et vite, est retourné dans la fontaine.

– N’aie pas peur mon Coucaïrous,

-Je n’ai pas peur mais c’est toi qui aurais dû trembler ! Maintenant personne ne me craindra…. Et je ne pourrai pas protéger le village. Je ne pourrai pas crier sans faire rire ; je n’ai plus qu’ à partir…

-Ne sois pas en colère, ne bouge pas Coucaïrous, moi je t’aime beaucoup et je te trouve effrayant mais gentil. Je connais quelqu’un qui va sûrement t’aider. Je reviens, tu promets de m’attendre?

– Bon, oui mais pas plus d’une heure, après je me sauve loin, loin, loin…

La petite fille partit en courant et alla rejoindre sa Mamette. Elle lui raconte tout, tout…

– Tu as raison de l’appeler le Coucaïrous, sais-tu qu’ à Saussan, il y a un endroit qui se nomme ainsi. Peut-être parce qu’il y avait des coupeurs de bois, qui taillaient des entailles ; des couces. La vieille dame continua :

– Attends, j’ai une idée ! .

La Mamette ferma les yeux et creusa son cerveau…

-Vite, vite, dit la petite fille sinon le Coucaïrous va se sauver!

-J’ai trouvé dit sa grand-mère, je t’expliquerai en chemin.

Toutes les deux partirent en courant vers la Fontaine.

La petite porteuse d’eau appela :

– « Coucaïrous, Coucaïrous, sors de ton trou toi qui es si doucet….»

En entendant la formule, l’animal extraordinaire montra sa tête.

Il gronda : – Que veux-tu maintenant ? Tu crois que tu ne m’as pas assez nui ?

-Mais non, au contraire, avec ma mamette, nous allons t’aider, tu vas voir, fais nous confiance…

Toutes les deux se sont approchées du trou de
la Fontaine et ont expliqué au Coucaïrous, leur idée. Elles allaient le garder fort, grand, gros, aussi grand, aussi gros, aussi fort que sa voix, aussi effrayant, mais gentil, très gentil…

Et alors que s’est-il passé? Eh bien je vais vous confier un autre secret.

Elles ont réuni des enfants, les plus sages les plus gentils comme vous ; et avec la porteuse d’eau, avec la Mamette, en cachette, sans s’effrayer de sa grosse tête, de son museau, de ses dents pointues, de son gros corps poilu tout vert, de ses yeux malins, de ses longues oreilles, jour après jour, ils l’ont nourri de plein de bons légumes, de gros fruits, de raisin surtout…

Depuis le Coucaïrous ne mange pas de petits enfants, il n’aime pas la viande, non ! non! Il n’a même plus de dents. Notre Coucaïrous, est un gourmand mais il dévore des salades, des carottes, des navets, des pommes, des poires, des figues, des jujubes, des grenades aussi… et du raisin surtout…

Peu à peu, le terrible Coucaïrous, gros comme un dragon est devenu l’énorme, l’effrayant monstre que vous voyez, mais si gentil, si gentil pour les petits enfants..

Pourquoi fallait-il le garder? Eh bien voilà un nouveau secret :

Le Coucaïrous est le protecteur de notre village, si quelqu’un de méchant se présente ici, vite le Coucaïrous sort de son trou et chasse le vilain en hurlant puis il retourne dans sa fontaine.

Mais nous à Saussan, nous savons qu’il ne mange pas les gens, que les légumes et les fruits.

En plus, la petite fille lui avait demandé quelque chose :

«  Coucaïrous, lorsque qu’un ami vient te dire bonjour ou te demander de l’aide, en te disant (souvenez-vous de la formule…)

« Coucaïrous, Coucaïrous, sors de ton trou toi qui es si doucet….»,

et bien tu fais très peur avec ta grosse voix; alors maintenant, si tu le veux bien, au lieu de hurler, je te demande de siffler et nous sifflerons avec toi…

-D’accord a répondu le Coucaïrous.

La petite porteuse d’eau est partie dans toutes les rues du village en dansant et en chantant :

-A la fontaine romaine,

-Il y a longtemps je suis passée.

-Le Coucaïrous j’y ai trouvé.

-C’est ainsi qu’autrefois on l’avait nommé.

-Vous le verrez peut-être, tu le verras peut-être,

-Ou tu l’entendras siffler…SSSSS.

-Vous le verrez peut-être, tu le verras peut-être,

-Ou tu l’entendras siffler

-Si tu es en paix….SSSSSS

-Entre Brue et fontaine, il habitait

-Et le village, il veut protéger

-Tant que les Saussannais

-Sauront se rassembler.

Depuis tous les ans, Coucaïrous se promène dans nos rues et siffle, siffle et nous sifflons avec lui.

Moi je connais des gens qui sont des amis du Coucaïrous et souvent ils vont lui brosser son poil, lui frotter les écailles et le nourrir avec des légumes et des fruits pour qu’il reste notre terrible copain de la fontaine. Peut-être un jour iras-tu aussi retrouver les amis du Coucaïrous ?

(Alain Valeau)

Sa construction

Une association

La pièce de théâtre remporte un grand succès auprès des Saussanais.

Une association se crée dans les années 2004 pour donner vie au Coucaïrous et en faire l’animal totémique du village.

La mairie passe une convention avec l’association.

Les bénévoles se mettent à l’œuvre pour construire le Coucaïrous. Jeunes et moins jeunes sont à la tâche.

La construction du totem

Le totem est fabriqué par les bénévoles avec des matériaux de récupération et l’aide de la mairie.

Il est constitué d’arceaux sur lesquels est tendue une toile verte; son nom est inscrit sur ses flancs ; il a une sorte de bouche-bec articulée qui claque pour effrayer les spectateurs ; sensé essayer de voler, il est muni de petites ailes.

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coucairous.unblog.fr

Il mesure 1m50 de large et 2 m de long ; il pèse 80kg.

Il est porté par quatre hommes qui l’aident à s’envoler régulièrement.

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Sa vie

Sa renommée

Outre sa création et sa construction, le Coucaïrous, pour exister, doit être animé.

Il faut le faire connaître, le faire vivre pour qu’il rejoigne la grande famille des animaux totémiques de l’Hérault et entre dans le patrimoine de la ville de Saussan.

Il est l’élément permanent du Carnaval, de tous les évènements culturels du village et des échanges avec les villages environnants.

Depuis sa création, il est de toutes les fêtes locales, les carnavals, les rencontres d’animaux totémiques. Il s’est fait des copains parmi eux comme Lou Veydrac de Villeveyrac. Il est invité pour participer aux sorties chez ses copains…

Sa famille proche

Il a rencontré Coucaïrette et ils ont donné le jour au Coucaïpitchou.

Ils peuvent maintenant sortir en famille !

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coucairous.unblog.fr

Ils se produisent en marge de spectacles de rue qui racontent leur histoire.

Mais il est victime d’un virus

Pour vivre et répondre à sa réputation Coucaïrous et sa famille ont besoin de beaucoup d’énergie !

Il faut les sortir, trouver des rencontres, les déplacer, les porter, les animer et cela ne se fait que par la volonté et l’énergie de bénévoles…

Hélas ! Notre société souffre de pénurie de ces derniers…et , comme de nombreuses associations, celle du Coucaïrous en a grand besoin !

Ceux qui tiennent à bras le corps, au sens propre et au sens figuré, Coucaïrous, s’épuisent ! Si vous êtes proches ou intéressés contactez son président via le site http://coucairous.unblog.fr/

À l’heure où notre région reçoit des milliers de nouveaux habitants chaque année, il est plus que jamais nécessaire de faire vivre nos traditions, nos coutumes, nos racines, de les leur faire connaître et partager.

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  1. Annick CYRILLE

    Bonjour, quel plaisir de découvrir cette légende, merci pour cette lecture très intéressante puisque je suis à Gigean que depuis 3 ans. Je ne me lasse pas de découvrir votre blog. Merci et bonne journée.

  2. anne marie riviere

    merci on ne connait pas assez sa region il faudrait que vous fassiez un livre merci beaucoup bonne journee

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