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Pas à pas…découvrez les coutumes…entrez dans les spécificités de cette région…pour la découvrir et l'aimer.

maillot de bain;tafanaris;occitans;

Les mots étranges de notre langage du Sud

Les mots étranges de notre langage du Sud

Les mots étranges qui émaillent nos conversations de gens du Sud, sont imagés, teintés d’occitan ou de déformation de ce dernier. Ce travers va au-delà de notre région administrative Occitanie-Pyrénées Méditerranée. Avec de multiples variantes d’un département à l’autre, parfois même d’une ville à l’autre, ces mots se retrouvent dans toute l’Occitanie médiévale

Dans cet article examinons quelques-uns de ces mots :

-un rappel

– une parenthèse en Provence

Un rappel

Chaque région a adapté, avec le temps, son parler avec un mélange de mots occitans, de mots patois, plus ou moins adaptés au français, pour en faire un langage local.

Une remarque récente sur la page Facebook d’Occitanie-découvertes, met en cause la notion d’Occitanie et d’Occitan et fait remarquer que la région Occitanie-Pyrénées Méditerranée ne représente rien.

Je pense que cette personne n’a pas pris connaissance des pages du site Occitanie-découvertes.

En effet, il y est bien précisé que le but de ce site n’est pas d’ouvrir quelque polémique ou débat !

Oui, l’Occitanie médiévale est géographiquement plus vaste que la région Occitanie-Pyrénées Méditerranée.

occitanie;sud;

citycake.fr

Oui, l’Occitan est une langue régionale qu’Occitanie-découvertes ne s’est pas donné pour objectif de diffuser, encore moins d’enseigner : des associations et organismes le font avec une grande compétence.

Oui, le langage dont il est fait état sur ce site est celui parlé dans le temps et encore de nos jours par les gens de la « grande » Occitanie mais aussi de l’Occitanie-Pyrénées Méditerranée avec sa multitude de variantes locales.

Oui, le site Occitanie-découvertes a des ambitions modestes et comme il fallait bien adopter des limites, le choix est pris, dès sa création, de s’adresser aux habitants de la région administrative Occitanie-Pyrénées Méditerranée, qu’ils soient autochtones, visiteurs, ou nouveaux résidents.

occitanie pyrenees  mediterranee;

actuzlitix.com

Cela étant dit, je remercie les abonnés qui, j’en suis sure, savent déjà tout ça car ils ont lu les pages, les articles et reçoivent les billets hebdomadaires. Leurs commentaires et leurs suggestions sont appréciés et pris en compte.

Une parenthèse en Provence

Michel, abonné d’Occitanie-découvertes a reçu d’un ami provençal, une version de la fable « La cigale et la fourmi » et je le remercie de me l’avoir transmise : cela me permet de vous la faire partager.

la cigale et le fourmi; occitan;patois;occitanie;francitan;

wikipedia.org

A quelques mots près, nous y retrouvons notre parler local dont la plupart comprendront le sens et que j’ai tenté de traduire entre parenthèses ; ce n’est pas toujours facile car dans le mot, il y a souvent un ton, une image, une dimension que la traduction française ne représente pas !

« Zézette, une cagole de l’Estaque, qui n’a que des cacarinettes (ou catarinettes = coccinelles) dans la tête, passe le plus clair de son temps à se radasser (s’allonger) la mounine (singe en occitan mais signifie aussi le ventre) au soleil ou à frotter avec les càcous (frimeurs) du quartier.

Ce soir-là, revenant du baletti (bal public) où elle avait passé la soirée avec Dédou , son béguin, elle rentre chez elle avec un petit creux qui lui agace l’estomac.

Sans doute que la soirée passée avec son frotadou (celui auquel elle se « frotte »,,avec qui elle flirte) lui a ouvert l’appétit, et ce n’est certainement pas le petit chichi (beignet) qu’il lui a offert, qui a réussi à rassasier la poufiasse (femme vulgaire).

Alors, à peine entrée dans sa cuisine, elle se dirige vers le réfrigérateur et se jette sur la poignée comme un gobie (le gobie est un petit poisson de roche) sur l’hameçon.

Là elle se prend l’estoumagade (fait d’être estomaquée, surprise au point d’en ressentir comme un coup dans l’estomac) de sa vie.

Elle s’écrie :

« Putain la cagade ! Y reste pas un rataillon (un petit morceau de nourriture), il est vide ce counas ! »

En effet, le frigo est vide, aussi vide qu’une coquille de moule qui a croisé une favouille (petit crabe vert de Méditerranée).

Pas la moindre miette de tambouille. Toute estransinée (éprouvée, affectée) par ce putain de sort, qui vient comme un boucan (grand bruit mais aussi boulet, fardeau) de s’abattre sur elle, Zézette résignée se dit : «  Tè, vé, ce soir pour la gamelle c’est macari, on va manger à la dache (au loin, au diable)»

C’est alors qu’une idée vient germer dans son teston (tête, crâne).

« Et si j’allais voir Fanny ! » se dit-elle

«  En la broumégeant (la « roulant dans la farine ») un peu je pourrais sans doute lui resquiller(dérober, faire donner) un fond de daube. »

Fanny c’est sa voisine. Une pitchounette brave et travailleuse qui n’a pas peur de se lever le maffre (se bouger le cul) tous les jours pour remplir son cabas.

Aussi chez elle, il y a toujours un tian qui mijote avec une soupe au pistou ou quelques artichauts à la barigoule.

Zézette lui rend visite.

« Bonsoir ma belle, coumé sian?! (comment vas-tu) Dis-moi comme je suis un peu à la dèche ( dans la misère, en difficulté) en ce moment, tu pourrais pas me dépanner d’un péton (un petit peu) de nourriture ?!

Brave comme tu es, je suis sûre que tu vas pas me laisser dans la mouscaille (l’embarras)! »

En effet, Fanny est une brave petite toujours prête à rendre service.

Mais si elle est brave la Fanny elle est aussi un peu rascous (avare) et surtout elle aime pas qu’on vienne lui esquicher les agassins (lui marcher sur les orteils) quand elle est en train de se taper une grosse bugade (une grosse lessive) ; ça c’est le genre de chose qui aurait plutôt tendance à lui donner les brègues (lui faire faire la moue, la mettre de mauvaise humeur).

Alors elle regarde Zézette, la manjiapan (la mange-pain), et lui lance :

« Oh collègue ! Tu crois pas que tu pousses le bouchon un peu loin ?Moi !

Tous les jours je me lève un tafanari comaco (se donner la peine, se lever le cul comme ça, en général accompagné d’un geste montrant quelque chose d’imposant) pour me nourrir !

Et toi pendant ce temps-là, qu’est-ce que tu fais de tes journées ? »

« Moi ???!!!, lui répond la cagole, j’aime bien aller m’allonger au soleil !

Ça me donne de belles couleurs et ça m’évite de mettre du trompe- couillon (maquillage). »

« Ah, tu aimes bien faire la dame (faire la dame ou faire le monsieur = se faire passer pour quelqu’un d’un milieu social supérieur) et te radasser la pachole (la pastille) au soleil, et bien maintenant tu peux te chasper (caresser) . Non mais???!!!Qu’es aquo ? C’est pas la peine d’essayer de me roustir (m’abuser, me tromper)parce que c’est pas chez moi que tu auras quelque chose à rousiguer (ronger) ; alors tu me pompes (pomper=aspirer) pas l’air, tu t’esbignes (s’enfuir, se sauver) et tu vas te faire une soupe de fèves ! »

Jespère que ce petit tour de francitan vous a fait sourire, peut-être rappeler des souvenirs.

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  1. Formidable cette « traduction » de la célèbre fable mais je pense qu’il manque le principal : toute la saveur de la diction provençale. On peut certes l’imaginer, se
    la dire mais c’est certainement mieux en l’entendant racontée, cette histoire !

  2. Géraldine BOCQUET

    Savoureux ! Dommage qu’il manque » l’assent » !

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