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Les montreurs d’ours de l’Ariège

Les montreurs d’ours de l’Ariège

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wikipedia.org

Les montreurs d’ours de l’Ariège représentent une coutume de notre région Occitanie-Pyrénées Méditerranée qui s’est perdue.

Ils appartiennent maintenant au domaine du folklore ariégeois.

Dans cet article, je vous présente:

– l’ours dans les Pyrénées

– les montreurs d’ours de l’Ariège

– que sont-ils devenus ?

L’ours dans les Pyrénées

L’animal

L’ours brun est un mammifère de la famille des ursidés.

Son poids varie en fonction de l’âge, du sexe, des saisons et de son alimentation ; il pèse entre 80 et 230kg pour un mâle et 70 à 170kg pour une femelle ; il mesure 0,90 à 1,20 m au garrot mais peut atteindre 1,70 à 2 m debout sur ses pattes arrière.

Son pelage varie du beige au noir ; sa vue est faible mais son odorat et son ouïe sont très développés.

Il vit entre 25 et 30 ans.

ours;pyrenees;ariege;flickr.com

L’ours des Pyrénées est décrit comme un animal omnivore opportuniste : son régime est constitué à 75 à 80 % de végétaux (fruits secs et charnus, végétaux herbacés, tubercules) et 20 à 25 % d’aliments d’origine animale (ongulés sauvages ou domestiques, petits mammifères, amphibiens, insectes et autres invertébrés). Le choix des aliments est variable selon les individus, les opportunités, les ressources du milieu et les saisons.

Son histoire

L’ours brun est présent dans les Pyrénées depuis des centaines de milliers d’années.

Les nombreuses peintures rupestres témoignent de sa présence dans le département de l’Ariège depuis au moins 250 000 ans.

ours peinture rupestre;grotte niux;ariege;pinterest.com

Sa présence est attestée dans les légendes et les contes populaires. Les toponymies ariégeoises y font allusion : Pic de la Coumeille ( coumeille=petite vallée) de l’Ours, Pic de la Tute (tute=maison, tanière) de l’Ours, bois du Fangassis (fangassis=endroit boueux) de l’Ours…

Sa disparition progressive

A la préhistoire l’homme chasse l’ours pour sa fourrure, qu’il utilise pour se vêtir, et pour sa viande.

Dans l’Antiquité, il est capturé pour se battre avec d’autres animaux sauvages ou avec des hommes dans les jeux du cirque.

Au Moyen-Âge, il est domestiqué pour servir d’animation dans les foires, les fêtes, les cirques.

Au début du XXe siècle la population d’ours dans les Pyrénées est d’une centaine et ne cesse de diminuer.

Malgré son interdiction par le gouvernement, l’arrêt de la chasse à l’ours n’est effective qu’en 1962.

En 1979, l’ours brun est inscrit sur la liste des animaux protégés.

Dans les années 1980, une quinzaine d’individus est recensée et seulement 5 subsistent dans les années 1990 .

Le 1er novembre 2004, la dernière ourse de souche pyrénéenne, Cannelle, est abattue par un chasseur.

Sa réintroduction

Le premier plan de sauvegarde est instauré en 1984.

Afin de restaurer une population d’ours viable un programme est lancé au début des années 1990.

Trois ours slovènes, proches de la souche pyrénéenne sur le plan génétique et dans leur mode de vie, sont introduits dans les Pyrénées centrales entre 1996 et 1997 ; ils donnent naissance à 5 oursons. En 2006, 5 ours supplémentaires dont 4 femelles sont lâchés conformément au plan de restauration et de conservation de l’ours brun dans les Pyrénées pour 2006-2009.

En 2018, la population recensée est de 40 ours : 4 dans les Pyrénées occidentales (Béarn, Navarre, Aragon) et 36 dans les Pyrénées Centrales ( Comminges, Couserans, Val d’Aran, Catalogne).

Bien que les Français soient majoritairement pour la sauvegarde de l’ours dans les Pyrénées, de nombreuses oppositions locales s’élèvent ; sa présence s’oppose à la relance du pastoralisme et au développement des loisirs (tourisme, randonnée).

Les montreurs d’ours de l’Ariège

Le métier de montreur d’ours

La capture, le dressage et l’exhibition de l’ours brun remonte au Moyen-Âge.

Les oursons sont capturés dans leur tanière; ils sont soumis à un apprentissage long et difficile par leurs maîtres. Plus tard, ils sont exhibés sur les foires et marchés au ravissement des villageois. L’ours, debout sur ses pattes arrière, danse au rythme du tambourin. Les spectateurs remercient le montreur par quelques pièces.

Le montreur d’ours ( « oussaillé » ou « orsailhèr » en occitan) forme un couple avec son ours ; il se déplace à pied, souvent solitaire, de village en village, parfois très loin de son village d’origine.

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pinterest.com

Au Moyen-Âge, il est associé à la catégorie des amuseurs itinérants regroupés sous le nom de « jongleurs », placés au plus bas de l’échelle sociale. Il est reçu dans les cours seigneuriales avec d’autres artistes.

Au départ, ce métier est surtout pratiqué par des tziganes ou des roms avec des ours des Balkans.

Pourquoi dans l’Ariège ?

Le métier de montreur d’ours est devenu une quasi-industrie dans deux vallées ariégeoises : celle de l’Alet (Ustou) et celle du Garbet (Aulas, Ercé, Oust).

Comme beaucoup dans les Pyrénées, ces vallées sont très peuplées (jusqu’à 10 000 habitants vers 1850 pour 1 500 aujourd’hui). Les conditions de vie y sont difficiles et les hommes ont l’habitude de s’expatrier temporairement pour effectuer des travaux agricoles en Espagne ou dans le bas pays.

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wikipedia.org

C’est d’Ustou que partent les premiers montreurs d’ours ariégeois puis d’Ercé, d’Oust, et d’Aulas, peut-être initiés au départ par des montreurs d’ours itinérants ( tziganes ou roms).

Ils présentent leurs animaux dressés en France, en Espagne et même jusqu’en Amérique.

Ercé est réputé au XIXe siècle pour son « école des ours »et demeure le village de « l’ours à l’ancienne ».

Que sont-ils devenus ?

L’émigration

La réputation des montreurs d’ours ariégeois va leur valoir de se produire dans de grands cirques, en France, à l‘étranger et jusqu’aux États-Unis.

Des flux migratoires vont s’organiser entre ces vallées ariégeoises et New York.

Ce phénomène, fait historique et culturel imposé par la situation économique et sociale du Couserans, est exclusivement ariégeois.

Il a comporté trois phases :

– du milieu du XIXe siècle à 1914, les « orsailhèrs » se rendent compte qu’aux États-Unis, ils peuvent gagner leur vie dans de meilleures conditions que celles de montreurs d’ours, soit comme dompteurs d’animaux dans des cirques, soit en changeant de métier travailler dans des mines, ou dans l’hôtellerie et la restauration)

-pendant et après la Première guerre mondiale, le mouvement essentiellement masculin dans la première phase, s’étend à de nombreuses femmes et se concentre sur New York et les métiers de l’hôtellerie et de la restauration.

la troisième phase, après la Seconde guerre mondiale voit une vague importante d’émigrés qui rejoignent parents ou amis de la deuxième vague. Aujourd’hui 5 restaurants new-yorkais sont tenus par des Ercéens et à Center Park un point de rencontre est baptisé le Roc d’Ercée.

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Cette émigration , temporaire au début, voit revenir au pays ces ariégeois , fortune faite. Actuellement, ceux qui reviennent ne le font que pour de plus ou moins courtes vacances.

Ce qu’il reste de la coutume

Les vallées ariégeoises du Couserans gardent la trace de nombreuses légendes liées à l’ours.

La légende de Jean de l’Ours (histoire d’un individu hybride né de l’accouplement d’une femme et d’un ours) fait partie de la tradition orale avec ses variantes locales dans toutes les Pyrénées et voire même jusqu’au Québec.

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Jean de l’Ours

wikipedia.org

Il y a encore peu de temps les anciens faisaient la leçon aux enfants au cas où ils rencontreraient l’animal:

« approchez-vous de l’animal avec respect et courtoisie car l’ours est le vieux roi des montagnes, très sensible au protocole et aux bonnes manières ; adressez-vous à lui avec politesse, sans hurlement ni simagrées et a fortiori, sans lui jeter des pierres ni s’enfuir en courant, ce qui l’offenserait »

(Jean-Louis Deschamps,
Association des Amis d’Aulus et de la Vallée du Garbet
)

Cela date d’une époque où la cohabitation entre l’homme et l’ours était relativement harmonieuse…en un siècle les choses ont changé…

Toutefois, bien qu’une rencontre avec un ours soit peu probable, les offices de tourisme remettent aux randonneurs, avec les brochures et cartes utiles pour organiser leurs promenades, un dépliant précisant les instructions à suivre en cas de rencontre inopinée avec l’animal ; les conseils donnés autrefois aux enfants n’ont rien perdu de leur bon sens et de leur sagesse : ne pas avoir peur, ne pas crier ni courir, ne pas se mettre sur le chemin de l’ours, qui, le plus souvent, nous repère à l’odeur et cherchera à nous éviter. Mieux vaut lui parler calmement, ou bien chanter ou siffler.

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A Ercé, un musée présente l’histoire des « orsailhèrs ».

Sources:https://fr.m.wikipedia.org;https://www.ariege.com/;http://www.grandsudinsolite.fr ;https://www.courrierinternational.com/ ;https://kairn.com/les-montreurs-dours-des-montagnes-de-larige-dans-les-pyrnes/

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  1. Daubeze

    Depuis plus d’un an je suis votre blog et je le fais partager. Bien que je sois contre la réintroduction de l’ours dans les Pyrénées, j’ai apprécié cet article. A bientôt de vous lire

  2. Article très complet sur le sujet, comme d’habitude ! Je ne pensais pas que le « roc d’Ercé » y soit nommé…et avec une photo en plus. C’est franchement impeccable. Merci encore une fois (et pas la dernière…).

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