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Le Mérens, prince noir des Pyrénées

Le Mérens, prince noir des Pyrénées

Le Mérens, appelé parfois Mérengais, cheval Mérens ou poney de l’Ariège, est un petit cheval de selle à belle robe noire, originaire de notre région et plus particulièrement de l’Ariège.

Dans cet article faisons plus ample connaissance avec lui

ses origines

son histoire

– sa description

Ses origines

Une origine lointaine

L’existence du Mérens remonte à la nuit des temps…On trouve sa trace dans les peintures magdaléniennes (dernière phase du Paléolithique supérieur européen, comprise entre environ 17 000 et 12 000 ans ) de la grotte de Niaux (Ariège).

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Une étude espagnole le rattache au tronc des races de chevaux dites Cantabriques-pyrénéennes (cántabro-pirenaico) tels que le Garrano, l’Asturcon, le Jaca Navarra et le Pottok.

D’autres affirment qu’il aurait été introduit par des tribus orientales qui auraient envahi l’Ariège…

Un animal autochtone

Ce cheval sauvage se serait installé dans la vallée de l’Ariège au quaternaire pour échapper au réchauffement de la fin de l’ère glaciaire.

Rustique et adapté à la montagne, il reste isolé dans cette zone pyrénéenne pendant longtemps, sans croisement, ce qui explique la remarquable homogénéité de la race.

Sa morphologie est adaptée au rude milieu montagnard où il vit : pelage dense le protégeant du climat froid, crins abondants, forme trapue, corps musclé, membres forts, sabots résistants en corne noire.

Des contes et légendes

Grands nombres de contes et légendes d’Ariège font référence à ce petit cheval.

La légende de la fondation de l’Hospitalet-près-l’Andorre raconte qu’un voyageur à bout de forces en raison du froid ayant tué son cheval pour se réchauffer dans ses entrailles fumantes a fait le vœu, s’il survit, de construire un petit hôpital sur ces lieux…

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Au XIIème siècle, il est le cheval d’Esclarmonde de Foix, princesse cathare, avec lequel elle atteint facilement Montségur.

Un livre pour enfants raconte les aventures d’une jeune fille nommée Justine et de la pouliche Tamina pendant la transhumance des chevaux.

Le roman « l′Ariégeoise » raconte la vie quotidienne dans la région à l’époque où les armées réquisitionnent les chevaux Mérens pour la guerre.

Plus récemment l’histoire d’un étalon au doux nom de Bonbon est passée dans la légende. (https://lechevaldemerens.forumactif.com/t14-l-etalon-bonbon).

Son histoire

Sa domestication

Elle remonte à l’âge de bronze.

Plus tard on trouve sa trace dans l’Antiquité, comme cheval de bât des armées romaines pendant la guerre des Gaules.

On remarque son utilisation par les armées de Gaston Phébus, puis par celles de Napoléon pendant la campagne de Russie. Il se serait même illustré pendant le passage de la Bérézina…

Apprécié pour sa sobriété et son endurance, il acquiert une excellente renommée dans les régiments de cavalerie où il sert pour déplacer l’artillerie.

Localement sa robustesse et son aptitude au travail sont très appréciées.

Les « montagnols » (paysans de la montagne ariégeoise) l’emploient pour les travaux agricoles, les débardages ; il excelle par son agilité pour atteindre des zones difficiles d’accès. Dans les mines, il travaille bâté ou attelé.

Ils sont attelés aux diligences de l’Ariège.

Pourvu d’un grand sens de l’orientation, il aide les contrebandiers à passer des marchandises entre la France et l’Espagne.

Les éleveurs du cru croisent les femelles avec le baudet catalan pour produire la mule des Pyrénées (jusqu’à mille naissances annuelles avant la Première Guerre Mondiale).

Son appellation

Traditionnellement élevé dans le village de Mérens-les-Vals en Ariège celui qu’on nomme « poney ariégeois » est cité officiellement comme « Mérens » en 1866.

Cette appellation génère parfois controverse et les noms de Méringais, Mérengais, cheval Merens, … sont utilisés.

Les aléas de son histoire

Vendus à la foire de Tarascon-sur-Ariège, les Mérens , parfois nommés alors « tarasconnais » sont recherchés pour leurs qualités et leur sobriété.

Un premier concours de race est organisé en 1872 mais des croisements incontrôlés entraînent des dérives qui la mettent en péril.

Des éleveurs des villages de Mérens-les-Vals et de l’Hospitalet-près-l’Andorre, attachés à leurs traditions et à leur petit cheval, reprennent les choses en mains : les chevaux effectuent la transhumance et les saillies se font en liberté.

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destination-cheval.com

En 1908, un contrôle de la race est mis en place par Gabriel Lamarque, Président de la Société d’Agriculture de l’Ariège et en 1933 le syndicat d’élevage du Mérens est créé.

Le 27 mars 1947, un arrêté du préfet de l’Ariège ouvre un livret génétique confié au « Syndicat Hippique d’Elevage de la Race chevaline Pyrénéenne Ariégeoise de Merens » (SHERPA Mérens) sous le contrôle des Haras nationaux.

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chevaldemerens.com

Mais un coup dur est porté à la race en 1946 : l’armée cesse de l’utiliser comme cheval d’artillerie. La modernisation des transports et de l’agriculture, l’exode rural s’y rajoutent. En 1964, seulement 20 naissances et 10 inscriptions au stud book (registre de la généalogie et des performances des chevaux pur-sang) sont enregistrées.

Dans les années 1970, le Mérens se voit élever pour sa viande et devient animal de boucherie.

Le sauvetage et la relance

Dans les années 72, dans la mouvance du mouvement hippie, des communautés marginales s’installent dans des petits villages de l’Ariège et reprennent l’élevage du Mérens.

Par ailleurs l’équitation de loisirs se développe et surtout l’équitation poneys.

Lucien Lafont de Sentenac, directeur des Haras de Tarbes, en fait la première race française volontairement sélectionnée pour ce type d’équitation .

Entre 1975 et 1985, le nombre de Mérens passe de 2 000 à 4 000.

En 1990 un centre national du cheval Mérens est ouvert par le SHERPA à La Bastide-Sérrou (Ariège).

Le 1er janvier 1998, les Haras Nationaux retirent le Mérens de la liste des poneys et le classe dans celle des chevaux de sang.

Aujourd’hui

L’élevage du Mérens se partage désormais selon deux grands courants.

L’élevage traditionel d’un cheval de trait léger, en montagne toute l’année, reste pratiqué dans les Pyrénées-Orientales et surtout dans l’Ariège. Des chevaux sont montés en estive à 1500 m chaque année en juin et redescendent en octobre pour passer l’hiver dans les vallées.

L’élevage d’un cheval sportif est développé pour la pratique des sports équestres.

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Eponimm-CC by SA-3.0

À l’aise dans diverses disciplines, il a été champion de France en attelage en 1993, second au championnat d’Europe de TREC (Techniques de Randonnées Équestres de Compétition) ou simplement en randonnée (traversée des Pyrénées en 1998).

Sa description

Son physique

Le Merens est un petit cheval qui mesure entre 1m45 et 1m55 au garrot et pèse de 400 à 500kg.

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Dider Trese-CC by SA-3.0

Sa tête est très expressive, son chanfrein rectiligne, ses oreilles poilues , de plus il possède une barbe sur les joues. Sa crinière est abondante, drue et ondulée.

Son dos est large et soutenu, sa croupe ronde; ses hanches sont larges. Son poitrail est ouvert et ample

Ses membres sont forts et musclés, ses fanons abondants; il ne présente pas de balzanes ; ses sabots sont larges, résistants, en corne noire.

Sa robe est composée de poils fins, serrés et brillants, de couleur unie noire.

Son caractère

Il est réputé pour sa franchise, son endurance, son agilité.

Il est calme et docile, dur à la tâche, capable de se déplacer sur des pentes raides.

Il vit toute l’année à l’extérieur et résiste au froid, à la neige, aux intempéries mais supporte mal la chaleur.

Il réclame peu de soins, se contente d’une nourriture pauvre même lorsqu’il travaille.

Où le rencontrer

Il est dit que :

« Bien que les chevaux de Mérens soient de plus en plus élevés dans d’autres régions de France et dans d’autres pays, un véritable Mérens est celui qui a galopé en liberté dans les montagnes des Pyrénées comme l’ont fait ses ancêtres depuis des milliers d’années. »

Il s’exporte en Italie, en Hollande, en Allemagne, en Tunisie. Et depuis 1997 il est parti à la conquête de ce pays du cheval qu’est l’Angleterre, le SHERPA en ayant offert un au premier ministre Tony Blair.

Les amoureux du Mérens se retrouvent chaque année pendant la dernière semaine du mois d’août au rassemblement de Bouan (Ariège).

Le Mérens est aussi présent au Salon du Cheval de Paris et au Salon de l’Agriculture.

J’espère que cet article vous a plu. Ne manquez pas une de ces manifestations si vous passez par là.

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  1. La majorite des eleveurs de Merens se trouve toujours en Ariege, berceau traditionnel de la race, mais ce petit cheval noir est desormais repandu dans quasiment toutes les regions de France, et notamment les Alpes, les Cevennes, le centre, le Massif central et l’ Ile-de-France

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