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Joseph Lakanal, un ariégeois au parcours exceptionnel

Joseph Lakanal, un ariégeois au parcours exceptionnel

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Joseph Lakanal a marqué son époque par de nombreuses actions.

Ce personnage, occitan de naissance, a un parcours exceptionnel : prêtre, vicaire, latiniste, député de la Convention, républicain convaincu…

Dans cet article je vous en présente l’essentiel :

– Ses débuts dans la vie

– Ses actions

-Reconnaissance, humilité, exil

– Suite et fin

 

Ses débuts dans la vie

Naissance

Joseph Lacanal né le 14 juin 1762 à Serres-sur-Arget, à quelques kilomètres de Foix, dans le Parc des Pyrénées ariégeoises, de Paul Lacanal, forgeron, et de Marguerite Baurès.

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Acte de naissance de Joseph Lacanal

Il est le dernier d’une fratrie de cinq enfants.

Orphelin de père à l’âge de 4 ans, il est pris en charge par l’abbé Bernard Font, proche de la famille, qui dirige l’école paroissiale et deviendra en 1791, évêque constitutionnel de l’Ariège.

De brillantes études et un début de carrière

Brillant élève, il est placé chez les Pères de la Doctrine chrétienne où il se distingue en qualité de latiniste.

A 19 ans il est titulaire de la chaire de rhétorique à Périgueux. Il est professeur à Lectoure, à Moissac, à Gimont, à Castelnaudary. Après un doctorat ès Arts à l’université d’Angers, il est professeur de rhétorique à Bourges, puis occupe la chaire de philosophie à Moulins.

En 1791, il devient vicaire de Bernard Font devenu évêque de l’Ariège.

Des débuts en politique

Le 30 janvier 1791, il prête serment à la Constitution. En 1792, l’évêque Bernard Font, élu représentant du clergé en 1789, ne se représente pas et propose Joseph Lakanal pour le remplacer.

Élu à la Convention en septembre 1792, il est le quatrième député de l’Ariège.

Républicain convaincu, il modifie son nom en Lakanal, pour se distinguer de ses frères royalistes : Jean-Baptiste, l’aîné est avocat et procureur du roi à Paris, Jérôme est professeur de physique expérimentale, à Paris et Jean, chirurgien à Serres-sur-Arget.

Il a des opinions républicaines très arrêtées mais souhaite rester neutre ; il siège au Centre, comme ses amis Sieyèis et Dauniou, à distance de la Gironde et de la Montagne.

Il abjure son titre de prêtre par un courrier adressé à la Convention et cité dans le procès-verbal de la séance du 13 frimaire an II (3 décembre 1793) de cette dernière.

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En 1793 il participe au procès de Louis XVI et vote sa mort.

Il entre au Comité de l’Instruction Publique le 28 janvier 1793.

Ses actions

Pour la défense du Patrimoine architectural

Indigné par l’attitude fanatique de certains révolutionnaires qui dégradent les monuments, il présente un rapport à la Convention et obtient qu’une peine de deux ans aux fers soit prononcée à l’encontre de ceux qui dégradent « les monuments des arts qui dépendent des propriétés nationales »(6 juin 1793).

Il présente également un rapport à la Convention qui conduira, par un décret du 11 décembre 1794, à la transformation du Jardin des Plantes en Musée d’Histoire Naturelle par le doublement de sa surface, l’adjonction d’une ménagerie et une rente de 15 000 livres.

Dans le domaine des arts et lettres

Il se préoccupe des artistes et hommes de lettres et de la protection de leurs œuvres. Après qu’il est précisé en quoi consiste les droits d’auteur, la loi du 19 juillet 1793 proclamera, pour la première fois, les droits de la propriété intellectuelle et artistique.

Dans le domaine des sciences et techniques

Joseph Lakanal contribue à l’établissement du télégraphe aérien.

Les frères Chappe peinent à faire valider leur invention malgré quelques succès de réalisation. Lakanal soutient leur projet et leur accorde, en avril 1793, 6000 livres pour le poursuivre.

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Après des essais concluants réalisés le 12 juillet 1793, entre trois postes (Ménilmontant, Ecouen et Saint Martin-du-Tertre), Lakanal présente un rapport et propose à la Convention de nationaliser la découverte : c’est fait par le décret du 26 juillet 1793.

Par ailleurs, les académies sont supprimées et réorganisées sous le nom d’Instituts. Lakanal obtient une exception pour l’Académie des Sciences.

Sur le plan social

Chargé de mission en décembre 1793 dans les départements de la Dordogne, de la Gironde, du Lot, du Lot-et-Garonne, il découvre une situation catastrophique : famine, pauvreté, routes défoncées, etc…

En Dordogne, il met à contribution la totalité de la population, quels que soient l’âge, le sexe, le niveau de richesse, pendant trois jours pour réparer les chemins. Il entreprend la réfection des ponts et des cours d’eau.

A Bergerac, il organise une fabrique d’armes, crée une commission d’instruction sociale, avec un journal et un comité ayant pour mission de

« visiter la chaumière du pauvre pour y apporter l’instruction et l’amour de la patrie ».

Il y crée également quatre écoles primaires laïques pour filles et garçons, gratuites et non obligatoires, une école de canonniers, une bibliothèque de district, une maison d’économie rurale.

Dans le domaine éducatif

Il fait voter la loi du 18 novembre 1794 sur l’instruction publique et adopter la création d’une école normale et d’une école de langues orientales à Paris.

Il organise les différents degrés de l’enseignement public :

-les écoles primaires (1 école pour 1000 habitants-17 octobre 1794), premier degré, gratuites pour tous, qui doivent apporter à chaque enfant les connaissances indispensables à toutes professions. Elles sont selon ses mots

« la dette de la patrie envers chacun de ses enfants ».

– dans chaque département une école centrale ( équivalent de nos lycées) enseigne des éléments de connaissance de toutes sciences.

Il crée l’Institut de France et réorganise les académies, un temps supprimées.

Reconnaissance, humilité, exil

La reconnaissance

Le 21 octobre 1795, désigné par quatre départements pour les représenter, Joseph Lakanal rentre au conseil des Cinq-Cents ; il en sortira en mai 1797 et ne se représentera pas.

Il est élu membre de l’Institut, à la section morale, le 14 décembre 1795.

Il devient commissaire général pour l’organisation de la rive gauche du Rhin le 11 août 1799 : envoyé à Mayence pour ramener à la France les provinces rhénanes, la situation est normalisée en quatre mois. A l’issue de cette mission, Joseph Lakanal aurait pu prétendre à de grands honneurs.

Le retour à l’enseignement

Il préfère reprendre l’enseignement comme professeur de lettres anciennes à l’école centrale de la rue Saint Antoine (futur lycée Charlemagne). En 1804, il devient procureur gérant (économe) du lycée Condorcet.

Il adhère au Grand Orient de France le 20 septembre 1807.

En 1809, il démissionne de l’éducation nationale et est nommé inspecteur des poids et mesures.

L’exil

A la Restauration, Lakanal est proscrit comme régicide.

Il vend sa maison de Villarceaux en 1814.

Le 9 janvier 1816, il quitte la France pour l’Amérique, accompagné de son épouse Marie Barbe François.

Le président Thomas Jefferson lui concède une terre en Alhabama , lui propose d’organiser l’université de la Nouvelle-Orléans et d’en prendre ensuite la présidence.

Dix ans plus tard, l’université est florissante ; Lakanal estime sa tâche achevée et se retire sur ses terres où il cultive le coton. Sa femme décède en 1836.

Suite et fin

Le 18 mars 1834, il a été réintégré à la section morale de l’Institut.

En 1837 il rentre en France.

Le 9 juin 1839, il a un fils, Joseph Hippolyte, avec Rosalie Céleste Le Pelletier, de 44 ans sa cadette, qu’il épouse le 21 décembre 1842.

Le 6 décembre 1843, l’Académie des sciences morales et politiques l’élit vice-président. L’année suivante il doit en devenir le président mais il refuse cet honneur en disant

« A quatre-vingt-deux ans, lorsqu’on cherche la représentation, on perd en dignité ce qu’on gagne en ridicule. La Rochefoucaud a dit : Il y a peu de gens qui savent être vieux. J’ai médité cette maxime. »

Il décède d’un refroidissement le 14 février 1845, à Paris, 22 rue Royale Saint Antoine (actuelle rue de Birague).

 

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wikipedia.org

Il a confié à son médecin, le docteur Lélut

« Je n’ai plus rien à faire dans la vie, il ne me reste qu’à la bien quitter… Je vais chercher le mot d’une grande énigme… Je crois à la Providence. Qu’est-ce que c’est ? Je ne le sais pas bien, mais je me présenterai avec confiance devant elle. Je n’ai de regret en rien de ce que j’ai fait, et je verrai arriver sans crainte le moment de m’en expliquer. »

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Il repose au cimetière du Père Lachaise.

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wikipedia.org

Ses compatriotes de l’Ariège ont élevé un monument en sa mémoire en 1882.De nombreux lieux portent aujourd’hui son nom :rues, places, écoles, collèges, lycées…

J’espère que cet article vous a permis d’en savoir plus sur cet ariégeois.

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Sources

Moréri – Dictionnaire historique-Encyclopædia Universalis
https://www.france-pittoresque.com/

https://aaaellk.jimdo.co

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  1. Marie josé

    histoire de Lakanal très très intéressante! C’est une découverte instructive pour moi ! Mon frère allait das une école publique du nom de Lakanal et là je sais tout sur cet homme alors que je ne m’étais jamais demandé qui il était! Merci

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