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Je vous emmène à Conques-en-Rouergue

Je vous emmène à Conques-en-Rouergue

Conques-en-Rouergue est un petit village de l’Aveyron (Aveyron) situé à la confluence du torrent de l’Ouche et de la rivière du Dourdou.

 

A cet endroit les gorges de l’Ouche s’élargissent et tracent une sorte de cirque en forme de « conque » (de conca en occitan =coquille).

C’est sur le versant ensoleillé, qu’une véritable petite cité s’est développée malgré la déclivité du terrain ; plusieurs fontaines procurent l’eau aux habitants.

Un réseau de ruelles étroites, certaines pavées, dessert les différents quartiers d’habitation.

Étape majeure du chemin de Compostelle, ces ruelles médiévales, conduisent à un patrimoine roman exceptionnel :l’abbatiale de Sainte Foy.

fr.wikipedia.org

Chacun des points que j’évoque mériterait un article à lui seul.

Aujourd’hui je vous présente l’essentiel de ce lieu :

– Conques-en-Rouergue: d’un ermitage à un bourg médiéval, d’un sanctuaire à une abbaye

– L’abbaye de Sainte Foy

– Une étape sur le chemin de Saint Jacques de Compostelle.


Conques-en-Rouergue : d’un ermitage à un bourg médiéval, d’un sanctuaire à une abbaye.

Un site austère et grandiose

Au creux de ce plateau de schiste, entre les pentes escarpées de la vallée, couvertes de châtaigniers, se niche le village de Conques-en-Rouergue.

Prosper Mérimée, inspecteur des Monuments historiques en 1837, se dit frappé par l’aspect sauvage du lieu et « n’être nullement préparer à trouver tant de richesses dans un pareil désert ».

Le village est judicieusement installé sur le versant ensoleillé, abrité du vent du nord, en hauteur pour échapper à l’humidité et aux brouillards du fond de vallée .

De nombreuses sources et fontaines l’aliment en eau.

mapio.net

Les origines de Conques-en-Rouergue

Conques-en-Rouergue doit son origine, à l’installation dans ce lieu au VIIème siècle d’un ermite, un certain Dadon qui s’est retiré dans ce lieu sauvage pour y mener une vie contemplative.

D’autres hommes plein de piété le rejoignent ; une église dédiée à Saint Sauveur est construite.

Un monastère s’établit et adopte la règle de Saint Benoît.

Les souverains carolingiens comblent de bienfaits les monastères pour des raisons tant politiques que religieuses. Louis le Pieux , roi d’Aquitaine, place celui de Conques-en-Rouergue sous sa sauvegarde et lui donne le nom de Conques en 819.

Pendant des années le monastère de Conques recevra de multiples donations en terres, en or ,argent, pierres précieuses etc… qui sont à l‘origine du Trésor de Conques.

Un transfert de reliques et son cortège de miracles

Au IXème siècle, le culte des reliques prend de plus en plus d’importance ; en posséder est source de rayonnement spirituel et Conques n’en a pas ! Les moines après plusieurs essais infructueux jettent leur dévolu sur les reliques de Sainte Foy d’Agen, une sainte très vénérée en Aquitaine. Ce rapt, pudiquement qualifié de « translation furtive » a lieu vers 866.

La Sainte installée à Conques, miracles et pèlerinages se multiplient.

Un seconde fondation commence pour l’abbaye qui durera plus de trois siècles.

Le culte de Sainte Foy se répand et permet la création d’un véritable empire monastique avec à sa tête le monastère de Conques-en-Rouergue.

A la même époque, la découverte du tombeau de Saint Jacques à Compostelle draine des milliers de pèlerins ; la notoriété de Sainte Foy et de ses miracles fait alors du lieu, une étape sur les chemins de Saint Jacques.

La naissance d’une cité

Une communauté d’habitants se regroupe autour du lieu, une cité se construit. Protégée par une ceinture de fortifications, percée de portes fortifiées, munie de tours, une cité se crée autour de sources et fontaines qui donnent l’eau à ses habitants.

Marchands, artisans, s’y implantent. Autour de la ville, moulins et tanneries s’installent sur les bords de l’Ourche et du Dourdou ; des échoppes de drapiers, tailleurs, cordonniers offrent leurs services.

Un bourg médiéval important se développe et prend son essor se détachant du pouvoir religieux.

Simultanément la construction de l’abbaye contribue au développement de la cité.

A son apogée, en 1341, Conques-en-Rouergue avec près de 3 000 habitants se place au 7ème rang des villes du Rouergue.

Déclin et sauvetage

A partir du XVIème siècle une série d’évènements entraîne le déclin de Conques-en-Rouergue.

Sur le plan religieux, le monastère est sécularisé en 1537. La communauté des chanoines, désormais sous la règle de Saint Augustin, est riche mais beaucoup préfèrent de belles demeures au monastère.

En 1568, les protestants incendient une partie de l’abbaye et le cloître.

Famines et épidémies se succèdent.

La peste de 1628 est meurtrière et fait fuir les habitants ; des mauvaises récoltes, les famines qu’elles entraînent, déciment la population et à la veille de la Révolution il ne reste que 630 habitants, essentiellement des indigents, des malades, des affamés que soutient, soigne et nourrit la communauté religieuse.

La Révolution de 1789 supprime le monastère et provoque la dispersion des chanoines qui entretiennent l’abbaye et l’hôpital.

Ces dépenses incombent désormais à la commune qui n’a pas les moyens de les assurer.

La décadence se poursuit au XIXème siècle et Conques-en-Rouergue n’est plus qu’un petit village.

En 1837, Prosper Mérimée, inspecteur des Monuments de France, déclare l’abbaye monument historique, relève son état de délabrement et la nécessité de sa prise en charge, et ainsi amorce le sauvetage des lieux.

En 1873, une nouvelle communauté religieuse appartenant à l’ordre des Prémontrés redonne aux lieux une vie spirituelle et renoue avec la tradition des pèlerinages.

L’abbaye de Sainte Foy

De l’ermitage de Dadon à l’abbatiale Sainte Foy

L’emplacement choisi par Dadon convient pour son ermitage puis son sanctuaire mais l’implantation d’une abbaye est une autre affaire !

L’adaptation au site escarpé est la première contrainte rencontrée ; elle nécessite des murs de soutènement pour parer aux glissements de terrain, et pour supporter la construction.

Pendant trois siècles chaque abbé apporte sa pierre à l’édifice :

– l’abbé Odolric (1031-1065), édifie les parties basses du chevet, l’abside, en grès rouge des carrières de Combret (vallée du Dourdou) ;

– Etienne II (1065-1087) poursuit les travaux vers l’ouest mais en calcaire jaune moins friable ;

– l’abbé Begon III (1087-1107) monte l’étage des tribunes et fait construire le cloître ;

– à l’abbé Boniface, début du XIIème siècle , on attribue le voûtement de l’abbatiale et la construction de la façade occidentale .

La structure de l’abbatiale

La structure du terrain crée la particularité de cette abbatiale.

Ainsi d’un côté,elle paraît enfouie au fond d’une fosse, tandis qu’à l’opposé elle domine, de sa masse imposante, le cloître lui-même accroché au-dessus du ravin. La surface disponible pour les constructions ne pouvait être que fort limitée.

Elle est construite sur un plan en croix classique mais pour s’adapter à la pente du terrain, le transept est plus long que la nef, l’abside d’assez faible profondeur a trois chapelles au lieu des cinq habituelles.

Le porche est flanqué de deux tours massives qui ont été surélevées au XIXème siècle.

Elle a été conçu pour faciliter la déambulation des pèlerins : un plan déambulatoire , des chapelles rayonnantes, un transept pourvu de bas-cotés.

Le chœur est entouré d’un déambulatoire qui permet aux fidèles de défiler autour des reliques de Sainte Foy . Il est orné de grilles en fer forgé du XIIème siècle, terminées à près de trois mètres de haut par des pointes acérées, qui assurent la protection des reliquaires contre toutes les convoitises.

detoursenfrance.com

Le tympan

Il nécessiterait , à lui seul, un article complet.

L’office de tourisme de Conques le décrit comme «l’une des œuvres fondamentales de la sculpture romane par ses qualités artistiques, son originalité et par ses dimensions »

Il justifie un proverbe aveyronnais :

«  Qui n’a pas bist clouquié de Roudès, pourtel de Counquos, gleizo d’Albi, compono de Mondé, n’a pas res bist »(Qui n’a pas vu le clocher de Rodez, le portail de Conques, l’église d’Albi, la cloche de Mende, n’a rien vu).

Situé au dessus de la porte principale, à 3m50 de hauteur, le demi-cercle du tympan comprend trois registres superposés que séparent des bandeaux réservés aux inscriptions gravées. Pour meubler ces registres, l’artiste les a divisés en une série de compartiments correspondant aux panneaux de calcaire jaune – au nombre d’une vingtaine – qu’il avait sculptés au sol avant de les assembler comme dans un puzzle géant. Ce découpage, facile à discerner, a été réalisé habilement et de telle façon qu’un joint ne vienne jamais recouper un personnage ou une scène.

tympan-conques-p-thebault-tourisme-occitanie

Il représente le Jugement dernier d’après l’Évangile de Saint Mathieu.

Le registre inférieur , divisé en deux :

– à gauche le Paradis, avec Abraham au centre, à sa droite les martyrs, les Saintes Femmes, les Vierges sages, à sa gauche, les prophètes et les apôtres.

– à droite l’enfer, présidé par Satan, et les péchés capitaux.

Au centre du registre médian, trône le Christ en majesté avec les élus à sa droite, au Paradis, et les damnés à sa gauche, en Enfer.

Le registre supérieur est dominé par la croix.

Des inscriptions courent sur la croix et sur les corniches.

art-roman-conques.fr

Le Trésor

Exposé dans l‘aile sud du cloître , il est composé d’un grand nombre de reliquaires et considéré comme l‘un des cinq grands trésors européens d’orfèvrerie médiévale et le seul en France qui regroupe autant d’objets du Haut Moyen Age.

La pièce maîtresse est la très célèbre statue de Sainte Foy. Cette œuvre datée des IXème et Xème siècles abrite le sommet du crâne de Sainte Foy, jeune chrétienne agenaise, martyrisée en 303.


flickr.fr

Un corps disproportionné (tête, bras et pieds importants), une expression forte et hautaine,de l’or, des pierreries, des émaux, cette statue étrange est une icône. Sainte Foy est vénérée par les pèlerins qui viennent la prier à Conques

Les vitraux

Pièces contemporaines de l’abbaye de Conques, les vitraux créés et réalisés à la fin des années 1980 par Pierre Soulages, peintre ruthénois, font partie intégrante de l‘abbaye. L’artiste a élaboré lui-même un verre spécial avec l’aide d’un maître verrier, Dominique Fleury, apportant une approche inédite dans la technique du vitrail : un verre sur lequel est soudé par cuisson des fragments de verre, pour obtenir un verre translucide. Seule la volonté de faire entrer la lumière a guidé leurs travaux.

pinterest.fr

La lumière est au centre de son oeuvre, une lumière vivante « en quelque sorte transmutée », « en accord avec la fonction de cette architecture, avec l’émotion qu’on y éprouve, an accord avec ce lieu de contemplation, de méditation et de prière »

Une étape sur le chemin de Saint Jacques de Compostelle

Depuis sa fondation l’abbaye accueille les pèlerins.

D’abord ceux venues de toute l’Europe pour implorer Sainte Foy, puis ceux qui se dirigent vers Saint Jacques de Compostelle par la route du Puy-en-Velay, auxquels s’ajoutent aujourd’hui marcheurs et randonneurs.

Le village de Conques , dit « merveille du Rouergue », accroché à son ravin est un village médiéval qui entoure l’abbatiale, en arc de cercle. Il est classé parmi « les plus baux villages de France ».

C’est une des premières villes closes du Rouergue ; ses remparts remontent à l’époque romane comme en témoignent les trois portes restantes. Elle a gardé son plan médiéval ; les plus anciennes maisons du village datent du Moyen Age ,construites avec des matériaux locaux, elles sont adaptée à la configuration du terrain. Un dicton local énonce « à Conques on rentre par le grenier et on sort par la cave » ; elle a aussi gardé ses fontaines publiques et deux fours à pain de l’époque romane.

tourisme-conques.fr

Au bas du village, le pont sur le Dourdou dit pont romain est le passage des pèlerins ou roumius

Depuis 1998, comme l’abbatiale Sainte Foy, ce pont est inscrit sur la liste du Patrimoine mondial de l’Humanité par l’UNESCO au titre des chemins de Compostelle en France.

J’espère que cet article vous a plu, donné envie d’en savoir plus sur Conque-en-Rouergue et même de l’inscrire dans une de vos visites en Occitanie.

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  1. Delcol Colette

    MAGNIFIQUE CE RETOUR DANS LE PASSE ??? Je connais , un merveilleux souvenir , en groupe ( des ami-es ) ??? Un guide inoubliable , monsieur Brengues ( Ex professeur ) , merci monsieur de votre savoir ??? Anne Marie merci toujours trés interréssant

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