Georges Brassens, un copain d’abord

Georges Brassens, auteur, compositeur, interprète, est connu de tous.

Auteur de plus de 200 chansons populaires françaises, il met aussi en musique les œuvres d’autres poètes célèbres tels que François Villon, Victor Hugo, Paul Verlaine, Paul Fort , Louis Aragon…

Il reçoit le prix de poésie de l’Académie Française en 1967.

Dans cet article je vais brosser rapidement le portrait de ce curieux personnage :

– Enfant de Cette

– D’ une personnalité unique

– De renommée internationale

Georges Brassens, enfant de Cette

Une famille modeste

Georges Brassens est né le 22 octobre 1921 , dans un quartier populaire de Sète (encore orthographié Cette), au 54 rue de l’Hospital devenu aujourd’hui 24 rue Georges Brassens.

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Son père, Jean-Louis, maçon, est le fils de Jules et Marguerite Josserand, originaires de Castelnaudary (Aude).

Sa mère, Eléonore Dagrosa, est née de parents italiens, de Marsico Nuovo, dans la région de Basilicate, en Italie du Sud. Veuve de guerre d’un premier mariage, elle a une fille , Simone Comte.

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Jean-Louis, libre penseur et anticlérical, est un homme calme, généreux, d’une grande ouverture d’esprit.

Eléonore est catholique, d’une grande dévotion.

Ses deux êtres très différents, ont en commun un goût prononcé pour la chanson.

Georges Brassens grandit au son des enregistrements de Tino Rossi, Mireille, Jean Nohain, Ray Ventura, diffusés sur le phonographe familial et de leurs chansons reprises par ses parents.

Une scolarité tranquille

Dès 4 ans, il est inscrit, sur la volonté de sa mère qui tient à ce qu’il soit instruit, dans l‘institution catholique des sœurs de Saint Vincent.

Deux ans après , sur la volonté de son père, il rejoint l’école communale.

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A 12 ans , il intègre le collège.

Ce n’est pas un élève très studieux ; il est rêveur et plus attiré par les jeux, les bagarres, les bains de mer et les vacances avec les copains que par les études.

Sa mère le punit pour ses mauvaises notes en lui supprimant les cours de musique : il n’apprend donc pas le solfège, mais cela ne l’empêche pas de composer des chansonnettes sur ses premiers poèmes.

En 1936, son professeur de français Alphonse Bonnafé  (dit « le boxeur ») l’ouvre à la poésie , le conseille,l’intéresse à la technique de versification et à la rime.

Une erreur de jeunesse

Il continue cependant de faire les 400 coups et en 1938, commet avec des copains de menus larcins… Ces vols répétés conduiront la joyeuse bande à l’arrestation, puis à la condamnation. Pour Georges Brassens ce sera, en 1939, le verdict : 1 an avec sursis.

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Il ne retournera pas au collège et passera l’été, penaud et enfermé à la maison.

Son père fera cependant preuve d’indulgence ; il en fera l’éloge dans sa chanson « Les quatre bacheliers » qu’il ne chantera, par pudeur, qu’après la mort de celui ci :

Je suis un enfant perdu… a de la chance quand il a sans vergogne un père de ce tonneau là .

La vie parisienne

Il ne veut pas travailler avec son père. En 1940, il obtient de ses parents de quitter Sète (où sa réputation en a pris un coup) pour tenter sa chance à Paris. Il est hébergé par la sœur de sa mère dans le 14ème arrondissement. Pour son bonheur cette dernière a un piano et il apprend à en jouer malgré sa méconnaissance du solfège !

Ne voulant pas être à la charge de sa famille , il obtient un emploi de manœuvre chez Renault à Boulogne Billancourt.

Le 3 juin 1940, les usines Renault sont bombardées par l’armée allemande et c’est l’exode… il redescend sur Sète mais après l’été il revient dans Paris occupé. Il passe ses journées à la bibliothèque municipale du quartier, acquiert une culture littéraire. Il écrit ses premiers recueils de poésies qui sont publiés en 1942 grâce à l’aide financière de ses proches.

Requis pour le STO (service du travail obligatoire) en février 1943, il rejoint une usine de moteurs d’avion BMW à Bardof (Allemagne). En mars 1944, ayant obtenu une permission de 15 jours, il revient à Paris où il reste caché jusqu’à la fin de la guerre.

Une personnalité unique

Georges Brassens, anarchiste, libertaire, sceptique

Georges Brassens se définit lui-même comme anarchiste et libertaire. Il s’appuie sur la thèse fondamentale que les institutions sociales oppriment l’individu. Il rejette en bloc l’État, la justice, la police, la religion, la nation ou encore la famille.

Sceptique, il estime que nul ne peut prétendre connaître la vérité et encore moins l’imposer aux autres.

A partir de 1946, il écrit quelques articles dans un journal anarchiste «  Le Libertaire ».

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Mais c’est à travers ses chansons qu’il exprime ses idées contre les hypocrisies de la société et de la religion, contre la peine de mort, pour la défense des laissés pour compte, des prostituées. Son répertoire est impertinent, simple mais jamais provocateur.

Un individualiste, fidèle en amitié

Profondément individualiste , Georges Brassens rejette les normes, surtout celles de la « bourgeoisie » : la bonne morale, le conformisme, le manque d’imagination….

Il est entouré d’amis qu’il conserve jusqu’à sa mort car il est très fidèle en amitié ; autour de lui il y a les amis de Sète, ceux qu’il a rencontrés à Bardorf, les rencontres parisiennes, l’écrivain René Fallet, l’humoriste Raymond Devos,le chanteur Jacques Brel , l’acteur Lino Ventura et d’autres encore. Avec lui l’amitié n’a pas de fin…

lefigaro.fr

Jeanne Planche et son mari Marcel le cachent pendant la guerre dans leur modeste maison du 9, impasse Florimont. Il y demeure de longues années après, jusqu’en 1966.

   9, impasse Florimont

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Avec les amis de Bardorf, il tente de créer un journal « Le cri des gueux », qui ne voit pas le jour faute de financement…

Puis avec Emile Miramont (dit « Corne d’Aurochs »), un ami sètois, et André Larue, un ami de Bardorf, il met en place le « parti préhistorique », destiné essentiellement à ridiculiser les partis politiques.

         Georges Brassens et Puppchen

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Il rencontre la femme de sa vie en 1947. D’ origine estonienne, Joha Heiman, qu’il appelle Puppchen (petite poupée en allemand), sera sa compagne jusqu’au bout.

D’ un commun accord, ils ne partageront jamais le même toit mais ils reposent ensemble au cimetière du Py (surnommé « le cimetière des pauvres ») à Sète. Georges Brassens dit d’elle : 

« ce n’est pas ma femme, c’est ma déesse »

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Un épicuriste simple mais torturé par la maladie

Georges Brassens est un homme simple, amoureux de la vie dans sa simplicité, avec ses joies, ses bonheurs, ses plaisirs, sans ses excès.

Il souffre toute sa vie de terribles coliques néphrétiques.

Opéré plusieurs fois, il décède des suites d’un cancer du rein, le 29 octobre 1981 à Saint Gely du Fesc (Hérault) chez le Docteur Bousquet, son chirurgien devenu son ami.

Georges Brassens , une renommée internationale

Un succès sans faille

Le succès tarde à venir mais dans les années 50, sur les conseils de son ami le chansonnier Jacques Grello, il entame la tournée des cabarets. La rencontre avec Patachou, en 1952, est décisive. Le succès ne se dément plus… interrompu seulement par les crises de coliques néphrétiques…

Sujet de thèses universitaires, d’analyses de textes et de traductions

Aujourd’hui encore, ses chansons sont reprises par des artistes du monde entier, ses textes sont étudiés dans les écoles et il a été le sujet d’une cinquantaine de thèses sur sa philosophie et ses compositions.

Ses interprètes sont innombrables.à l’étranger (Graeme Allwright en anglais, Sam Alpha en créole ou Paco Ibanez en espagnol) comme en France.

La liste est longue de ceux qui l’ont chanté et le chantent encore : Maxime le Forestier, Renaud, Barbara, les frères Jacques, Michel Fugain, Françoise Hardy et d’autres encore.

De nombreux lieux, rues, collèges portent son nom.

tamalou.bobola.com

Une notoriété français

Après sa mort sa notoriété est affirmée.

Jean Bertola et Maxime Le Forestier enregistrent des dizaines de chansons inédites retrouvées sur des cahiers, permettant ainsi d’éclairer son œuvre et de la transmettre aux nouvelles générations.

Trente ans après sa mort, les mots de Georges Brassens font toujours mouche. C’est ce que démontre l’exposition « Brassens ou la liberté », faisant entrer le moustachu de Sète au panthéon de la Cité de la Musique le 1er mars 2011. C’est l’occasion le 17 octobre, de la sortie d’un coffret regroupant l’intégrale de ses 14 albums studio, d’ extraits de concerts et de chansons inédits, soient 330 titres au total. Celui-ci ressort dans une nouvelle version en 2016.

Georges Brassens reste un artiste de référence largement apprécié et célébré dans le monde francophone. Créateur généreux et humaniste, l’homme à la célèbre moustache occupe une place à part dans la mémoire de ses amis et admirateurs.

J’espère que cet article vous a permis de mieux connaître l’homme Georges Brassens et vous aura donner envie de réécouter ses nombreuses chansons, peut être avec une oreille nouvelle..

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