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Gaston Doumergue, Président de la République

Gaston Doumergue, Président de la République

Gaston Doumergue, gardois, protestant, est, avec Vincent Auriol, l’un des deux Présidents originaires de notre région, qui ont eut l’honneur de diriger notre République française: Gaston Doumergue, sous la IIIème République et Vincent Auriol sous la IVème.

Évoquer les deux dans un seul article serait trop long, nous avons donc choisi d’en faire deux : celui-ci pour vous présenter Gaston Doumergue, le prochain, dans cinq semaines, Vincent Auriol.

Dans cet article essayons de mieux connaître celui qu’on surnommait affectueusement « Gastounet »

– la IIIème République

– Gaston Doumergue, gardois et protestant

– l’homme politique

– le Président de la République

La IIIème République

La plus longue des républiques françaises

Depuis la Révolution de 1789, la France a connu trois monarchies constitutionnelles, deux républiques et deux empires quand la Troisième République s’installe en septembre 1870 ; son régime va durer jusqu’à la seconde guerre mondiale malgré des débuts difficiles dans un affrontement entre monarchistes et républicains, une guerre non terminée, une instabilité notoire (104 gouvernements et 14 présidents de la République), des crises répétées (la Commune, une tentative de restauration monarchique, le boulangisme, l’affaire Dreyfus, des attentats anarchistes, l’affaire Stavisky…), une guerre dévastatrice, qu’il serait bien trop long de résumer ici.

Une œuvre considérable

Malgré tous ces aléas, l’œuvre de la Troisième République est considérable.

Elle a mené à son terme l’enracinement d’un régime républicain en France.

Ses nombreuses lois, tant en matière d’instruction publique que du point de vue social et des libertés, ont contribué à l’épanouissement d’une société démocratique.

Les lois constitutionnelles de 1875 établissent une république parlementaire de type bicaméral. L’historien Vincent Duclert qualifie la Troisième république de « naissance de l’idée de la France comme nation politique ».

L’identité démocratique du pays se dessine à travers les grandes lois sur l’instruction, la laïcité, les droits d’associations et de réunions, de création de syndicats professionnels, de grève, de la liberté de la presse, de séparation des églises et de l’état, l’instauration de l’impôt sur le revenu, sans oublier les réformes sociales du bref Front populaire

Des noms à jamais inscrits dans notre histoire

Les 14 présidents de cette longue république font bien sûr partie intégrante de notre histoire: Adolphe Thiers (de 1871 à 1873), Patrice de Mac Mahon (de 1873 à 1879), Jules Grévy (de 1879 à 1887), Sadi Carnot (de 1887 à 1894), Jean-Casimir Périer ( de 1894 à 1895), Félix Faure ( de 1895 à 1899), Émile Loubet (de 1899 à 1906), Armand Fallières (de 1906 à 1913), Raymond Poincaré (de 1913 à 1920), Paul Deschanel (1920), Alexandre Millerand (de 1920 à 1924), Gaston Doumergue (de 1924 à 1931), Paul Doumer (de 1931 à 1932) et Albert Lebrun (de 1932 à 1940).

Outre les noms des 14 présidents de cette troisième république, l’histoire retient ceux de nombreux de ses intervenants, fussent-ils ministres ou députés, tels que Louis Blanc, Léon Blum, Aristide Briand, Joseph Caillaux, Georges Clemenceau, Émile Combes, Adolphe Crémieux, Jules Favre, Jules Ferry, Léon Gambetta, Édouard Herriot, Victor Hugo, Jean Jaurès, Jules Simon, Maurice Thorez et d’autres encore dont nos rues, places et bâtiments portent aujourd’hui le nom.

Gaston Doumergue, gardois et protestant

Une famille protestante languedocienne

Pierre, Paul, Henri, Gaston Doumergue naît le 1er août 1863 à Aigues-Vives (Gard).

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Il est le deuxième enfant de Pierre Doumergue, un propriétaire vigneron aisé et de Françoise Pattus ; sa sœur Fanny a quatorze ans de plus que lui : il est l’héritier du nom que l’on n’attendait plus !

La famille est protestante depuis des générations.

Gaston est élevé dans la foi huguenote et l’admiration des idées républicaines ; il affirme lui-même appartenir « à la génération de la revanche, animée d’une belle ardeur patriotique »(après la défaite de 1870).

Un élève vif et brillant

Bien qu’il existe une école primaire protestante privée à Aigues-Vives, ses parents l’inscrivent à l’école primaire communale par idéal démocratique et à la surprise de la bourgeoisie protestante du lieu.

Doué d’une excellente mémoire, vif et parfois turbulent, il est un bon élève. Après ses études primaires, ses parents l’inscrivent au lycée de garçons de Nîmes où il poursuit des études secondaires pendant sept ans et obtient un baccalauréat es-lettres en juillet 1881.

Il entreprend des études de droit en vue d’une carrière d’avocat.

Premiers pas dans la magistrature

Titulaire d’une licence et d’un doctorat de la faculté de droit de Paris et après avoir effectué volontairement une période militaire, il s’inscrit en 1885 au barreau de Nîmes.

Poussé par l’envie de voyager, il est nommé en 1890, substitut à Hanoï (Indochine), puis juge de paix à Alger jusqu’en 1893.

Un homme simple

Vif, intelligent, excellent orateur, Gaston Doumergue est, et restera toute sa vie, un homme simple.

Grâce à sa courtoisie, son affabilité, son légendaire sourire, son art et sa manière de faire il sera affectueusement surnommé par ses proches et par tout le pays « Gastounet ».

Sans jamais rien demander il cumule les plus hautes fonctions.

Avec sa faconde méridionale, son accent du midi, il est le président le plus populaire de la Troisième République.

L’homme politique

Des concours de circonstances

Le 20 août 1893, son ami de longue date, Émile Jamais , député de la 2ème circonscription de Nîmes, élu pour la 3ème fois, meurt subitement en novembre, avant la rentrée parlementaire. Les politiques s’agitent car le scrutin pour son remplacement doit avoir lieu le 31 décembre 1893. Les Républicains voudraient un candidat unique mais l’unanimité est difficile à réaliser ; de nombreux noms sont proposés, sans succès. Peu à peu le nom de Gaston Doumergue est avancé et finit par faire l’unanimité : il affrontera avec succès le maire de Nîmes, Gaston Maruéjols. Le voilà en politique, et député à 30 ans; il s’inscrit au groupe radical-socialiste.

De l’Assemblée aux gouvernements

Réélu député au premier tour en 1898, il se fait remarquer par ses brillantes prises de paroles, par ses critiques de la politique coloniale.

Grand défenseur des petits producteurs agricoles, de la laïcité, de la République, son influence à gauche grandit. Il prend ouvertement parti pour Dreyfus.

Gaston Doumergue est en charge de plusieurs ministères de 1902 à 1910 : aux Colonies, au Commerce et à l’Industrie, à l’Instruction publique et aux Beaux Arts.

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wikipedia.org

De 1913 à 1914, à la demande du Président Raymond Poincaré, il est président du Conseil et ministre des Affaires étrangères; ministre des colonies pendant la guerre, il assure la sécurité des possessions françaises.

Proche de Frédéric Desmons (1832-1910), sénateur du Gard, pasteur, Franc-Maçon du Grand Orient de France, républicain, radical socialiste, il est initié à la franc-maçonnerie en 1901 au sein de la Loge « L’écho du Grand Orient » à Nîmes. Il lui succède au Sénat pendant trois mandats, de 1910 à 1924 et en est élu président en février 1923.

Ses réalisations

Fervent défenseur de l’école laïque, il dépose en 1908 deux projets de loi de défense laïque qui déclencheront la guerre scolaire et lui vaudront de la part du polémiste Edouard Drumont le surnom « d’échappé de la Saint Barthélémy ». Il défend l’enseignement de l’arabe en Algérie.

Pendant son passage au ministère du Commerce et de l’Industrie, il crée la marine marchande.

Il défend le transfert des cendres d’Emile Zola au Panthéon contre les antidreyfusards; lors de ce transfert, il prononce le discours officiel et loue « l’héroïsme de l’écrivain ».

Le Président de la République

Son élection

Le Président Millerand, en conflit avec la nouvelle chambre élue en mai 1924, doit démissionner. Gaston Doumergue, sollicité par ses amis accepte de se présenter à sa succession. Il est élu Président de la République le 13 juin 1924 pour un mandat de 7 ans.

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Un président économe

Dès son élection, il prend des mesures pour réduire le faste présidentiel: austérité à l’Élysée, plus de postillons, piqueurs et valets d’écuries à chaque sortie présidentielle, le cortège est réduit à 5 véhicules ordinaires et un véhicule d’apparat.

Une conception affichée

Dans sa première intervention devant le congrès de Versailles, il affiche sa conception de sa fonction :

« Nul plus que moi ne sera respectueux de la Constitution, nul plus que moi ne demeurera au-dessus des partis pour être entre eux l’arbitre impartial, nul plus que moi ne s’inspirera des volontés du Parlement, expression de la souveraineté nationale. »

Un septennat animé

Dès son élection, il charge Edouard Herriot de constituer un gouvernement qui bien que soutenu par le « cartel des gauches » ne dure qu’un an.

Six cabinets ministériels se succèdent d’avril 1925 à juillet 1926.

En juillet 1926, le pays est au bord de la crise financière et Gaston Doumergue fait appel à Raymond Poincaré qui constitue un gouvernement d’union nationale, ramène la confiance et rétablit la situation financière.

Mais Poincaré, malade se retire et l’instabilité reprend ; Doumergue doit faire face à six crises dans les deux dernières années de son mandat dues aux mœurs politique déplorables de l’époque.

Sur le plan extérieur, le septennat n’est pas de tout repos : opérations militaires au Maroc et en Syrie, mésentente entre alliés au sujet de l’Allemagne, difficultés du désarmement, réveil du nationalisme germanique. Sur la fin de sa présidence, au lendemain de l’union économique de l’Allemagne et de l’Autriche, il avertit

« La France devra veiller, se tenir sur ses gardes… Pour travailler à établir la paix entre les peuples, la première condition est de faire l’union des cœurs, des esprits et des intérêts. »

Signes particuliers

Il sera le seul président protestant de notre république et le premier (jusqu’à Nicolas Sarkozy) à se marier pendant son mandat…12 jours avant la fin de ce dernier avec Jeanne-Marie Gaussal, une veuve, professeur agrégée de lettres, un amour d’enfance et la maîtresse avec qui il va, tous les jours, à pied depuis l’Élysée, prendre son petit déjeuner dans son ancien appartement de l’avenue de Wagram…

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Première photo du couple

wikipedia.org

Fin de mandat, rappel et fin

Son mandat terminé, Gastounet se retire avec son épouse à Tournefeuille (Haute-Garonne) dans la propriété de celle-ci et y coule une paisible retraite…pendant trois ans.

Le 7 février 1934, le Président Lebrun l’appelle pour constituer un gouvernement d’union nationale.

Il fait appel à des hommes déjà connus qui s’empressent de se combattre. Il tente une révision constitutionnelle en vain. Il démissionne le 8 novembre et se retire définitivement de la vie politique ; la Troisième république continue avec ses mauvaises habitudes de descendre la pente fatale qui la conduit à sa chute et au déshonneur.

Partageant sa retraite entre Tournefeuille et Aigues-Vives, il décède brutalement le 18 juin 1937 dans sa maison natale.

Des obsèques nationales sont organisées à Nîmes.

Il est enterré au cimetière d’Aigues-Vives où son épouse Jeanne l’a rejoint en 1963.

J’espère que cet article, un peu long mais il nous était difficile de faire plus court, vous a plu et intéressé(e), donnez vos commentaires, vos suggestions ; faites connaître ce blog autour de vous !

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  1. Jean pierre Hutter

    Gaston Doumergue, fidèle à ses convictions Huguenotes : laïc, républicain, humaniste, modeste…Pas de candidat protestant aux prochaines présidentielles ? Bien dommage !

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