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Des petites filles modèles en Occitanie

Des petites filles modèles en Occitanie

Les petites filles modèles, Camille et Madeleine, qui font l’objet d’un ouvrage de la comtesse de Ségur, ont leur place en Occitanie. Le saviez-vous ?

Dans cet article, évoquons

– la comtesse de Ségur et son œuvre

– les petites filles modèles

– qu’en reste-t-il ?

La comtesse de Ségur et son œuvre

La comtesse de Ségur

Qui ne connaît pas la comtesse de Ségur ? Quoi que…

Sophie Rostopchine est née le 1er août 1799 à Saint Pétersbourg, en Russie. Elle est la filleule du tsar Paul Ier dont son père, Fiodor Rostopchine fut ministre des Affaires Étrangères ; sa mère, née comtesse Catherine Protassova est une ancienne demoiselle d’honneur de Catherine II.

Disgracié par le tsar après l’incendie de Moscou, Fiodor Rostopchine s’expatrie seul avec un domestique, en 1814, d’abord en Pologne, puis en Allemagne, en Italie et enfin en 1817 à Paris où il fait venir sa famille.

Sophie, à dix-neuf ans, épouse Eugène de Ségur. De ce mariage naissent huit enfants. Si amour et bonheur sont présents au début de ce mariage, très vite Eugène, époux volage, délaisse Sophie. Cette dernière préfère sa vie au château des Nouettes, à Aube (Orne), offert par son père, aux mondanités parisiennes. Son mari lui rend quelques rares visites et elle reporte toute son affection sur ses enfants et plus tard sur ses petits-enfants.

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La comtesse de Ségur

wikipedia.org

À plus de 50 ans, elle se consacre à la littérature en rédigeant les contes et histoires qu’elle leur raconte. Ils sont édités par Louis Hachette dans la « Bibliothèque des Chemins de Fer » qui devient en 1860 la « Bibliothèque Rose ».

Ses romans

Les romans de la comtesse de Ségur sont très nombreux :Un bon petit diable, Le Général Dourakine, Les malheurs de Sophie, Les Petites Filles Modèles, Les vacances, Les mémoires d’un âne, Les deux nigauds, L’Auberge de l’Ange gardien…

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paruvendu.fr

Ils marquent une rupture avec la littérature des contes pour enfants; ils décrivent des particularités de l’époque (le vouvoiement des parents, les châtiments corporels, le statut des domestiques…) avec détails et réalisme qui feront surnommer leur auteure de « Balzac des enfants ».

Ils sont fortement moralisateurs, distinguant le juste et l’injuste, l’intérêt du courage et des bonnes intentions, opposant ce qu’il est bon de faire et ce qu’il ne faut pas faire ainsi que l’importance de l’éducation.

Ses personnages

La comtesse de Ségur, fidèle à son adage, « n’écris que ce que tu as vu », s’inspire de son entourage pour ses personnages.

Elle leur donne des prénoms de personnes réelles comme Sophie (son propre prénom),Camille, Madeleine, Elisabeth, ses petites-filles, Paul, son gendre, etc.

Leurs noms illustrent leurs rangs (De Réan, De Fleurville, D’Orvilet, De Rosbourg), leur manque d’éducation ou leur origine modeste (Tourneboule, Innocent, Simplicité), voire leurs défauts ou leur méchanceté (Fichini, Gredinet, Renardot,Gueusard, Fournillon).

Les petites filles modèles

Camille et Madeleine de Fleurville

Camille et Madeleine de Fleurville, ainsi se nomment les Petites Filles modèles du roman éponyme publié en 1858.

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Camille et Madeleine vivent dans une famille heureuse. Leur mère, Madame de Fleurville, veuve de guerre les élève seule.

L’histoire se déroule autour d’un fait divers : un accident de carrosse à proximité du château familial et l’accueil des deux victimes, Madame de Rosbourg et sa jeune enfant Marguerite. Ces dernières sont sans nouvelles du père de famille, capitaine de frégate, disparu en mer depuis peu.

À travers le récit , Camille et Madeleine sont présentées comme des modèles de droiture, de générosité et de dignité.

Ce roman fait partie d’une trilogie ; il est la suite des « Malheurs de Sophie » et est suivi des « Vacances ».

La famille de Malaret

Les petites filles modèles ont réellement existé ; ce sont deux des petites filles de la comtesse de Ségur.

Nathalie, est le cinquième enfant et la première des filles de la comtesse de Ségur ; elle naît au château des Nouettes à Aube (Orne) le 1er mai 1827.

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Nathalie de Ségur

geneanet.org

Le 19 décembre 184, elle épouse le baron Paul d’Ayguevives de Malaret.

Paul d’Ayguevives est né le 17 janvier 1820, 25 rue du Cheval Blanc à Toulouse.

La seigneurie d’Ayguevives est située entre Baziège et Montgiscard en Haute-Garonne. Jean-Jacques de Martin d’Ayguevives (1738-1794), président du Parlement de Toulouse, guillotiné à la Révolution, est l’arrière-arrière-grand-père de Paul.

En 1842, Paul ajoute à son nom celui de sa mère, Camille de Malaret, et de son grand-père maternel, Joseph François Madeleine de Malaret, maire de Toulouse de 1811 à 1815.

Diplomate, Paul d’Ayguevives de Malaret est souvent à l’étranger.

Paul et Nathalie ont quatre enfants :

– Camille née le 28 février 1848 à Rome (Italie)

– Madeleine née le 25 novembre 1849 à Toulouse (Haute-Garonne)

– Louis né le 15 novembre 1856 à Londres (Angleterre)

– Gaston né le 15 juin 1862 au château des Nouettes à Aube (Orne).

Suite aux évènements politiques et à la chute de l’Empire, le baron de Malaret, en disgrâce, est mis à la retraite. Il se retire avec sa famille à Verfeil (Haute-Garonne) où il entreprend la construction d’un château sur son domaine à 3km au sud-est de Verfeil, près de la route de Lavaur.

La situation financière de la famille se dégrade et le château ne sera jamais terminé…la famille vit dans une ancienne bâtisse très vaste.

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Le château de Malaret

pinterest.fr

Paul meurt le 23 mai 1886 et Nathalie le 12 mars 1910, à Toulouse (Haute-Garonne).

Camille et Madeleine d’Ayguevives de Malaret

Camille et Madeleine sont des petites filles heureuses ; Madeleine est plus « sage » que Camille ; Camille est de santé fragile : elle souffre de phtisie.

Elles reçoivent l’éducation aristocratique de leur époque, montent à cheval, portent des robes à crinoline.

En 1859, comme toutes les petites filles de l’aristocratie, elles intègrent le Couvent des Oiseaux à Paris.

Tous les étés, elles rejoignent leurs nombreux cousins et cousines, une vingtaine, chez leur grand-mère au château des Nouettes.

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Château des Nouettes

wikipedia.org

Les petites filles modèles deviennent de belles jeunes filles à marier.

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noblesseroyaute.com

Camille est séduite par un beau jeune homme dit de « bonne famille », Léon Ladureau, marquis de Belot, qui est son aîné de sept ans. Ils se marient à Paris le 14 mai 1868.

Mais le fraîchement marquis s’avère un bon à rien qui très vite trompe et même bat sa femme lorsqu’il est ivre. Camille qui a mis au monde un petit Paul le 3 mars 1869, fait face, se tait et cache sa situation à ses parents et à sa grand-mère. Elle se réfugie avec son fils chez sa grand-mère ou chez ses parents chaque fois qu’elle le peut. Son mari dilapide sa dot. Sa maladie l’affaiblit de plus en plus et elle meurt de la tuberculose le 8 février 1883, au 224 boulevard Saint Germain à Paris VIIème, à l’âge de 34 ans, après avoir appris, dernière infamie, la condamnation de son mari à la prison pour vol.

Son fils Paul, également malade , décède quatre ans plus tard.

Madeleine reste célibataire. Elle demeure auprès de ses parents, s’occupe de sa grand-mère qui, après la vente de son château de Normandie passe l’hiver à Malaret.

A l’âge de vingt-cinq ans, elle entre comme novice chez les filles de Saint François de Sales. Elle se consacre aux bonnes œuvres. Elle s’éteint, oubliée de tous, dans son couvent de Toulouse le 26 septembre 1930 à l’âge de 80 ans.

Qu’en reste-t-il ?

Un roman

De Camille et Madeleine, leur grand-mère dit:

 Mes Petites Filles modèles ne sont pas une création ; elles existent bien réellement : ce sont des portraits ; la preuve en est dans leurs imperfections mêmes. Elles ont des défauts, des ombres légères qui font ressortir le charme du portrait et attestent l’existence du modèle. Camille et Madeleine sont une réalité dont peut s’assurer toute personne qui connaît l’auteur. 

La trilogie « Les Malheurs de Sophie », « Les Petites Filles Modèles », « Les Vacances », les ont faites passer à la postérité.

Une bande dessinée, des films ont repris le roman.

Leurs vies réelles, moins brillantes, les a laissées dans l’oubli.

Les héroïnes d’un village

Camille et Madeleine, leurs parents et un de leur frère sont inhumés dans le cimetière de Saint Sernin de Rais près de Verfeil.

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pinterest.fr

À proximité, se trouve la tombe de Eulalie Larrey, dame de compagnie de Madeleine. Sa descendante a fait don d’objets ayant appartenu aux petites filles modèles (chapelets, ronds de serviettes, cartes postales…) qui sont exposés depuis une dizaine d’année au musée du pays verfeillois.

En 2019, la commune de Verfeil inaugure un sentier de randonnée de 3 km qui mène du village au cimetière et à la tombe des petites filles modèles. Quatre panneaux balisent le sentier et expliquent l’histoire de la comtesse de Ségur et des petites filles modèles.

J’espère que cet article vous a plu, peut-être vous a-t-il ramené à vos lectures d’enfants et même donné envie de les reprendre…

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  1. anne marie

    merci pour l histoire il est vrai qu il y a un beau point de vue du cimetiere qui embrasse toute la vallee toulousaine merci jai lue enfant les petites fille modeles merci

  2. Très intéressant cet article et comme toujours, bien documenté. On sait tout de la Comtesse et de ses petites-filles réelles, du château de Malaret. L’idée d’avoir fait un sentier qui mène de Verfeil à leurs tombes est, de plus, original et ne pourra qu’inciter les curieux à découvrir cet endroit.

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