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La Cité de Carcassonne

La Cité de Carcassonne

La Cité de Carcassonne (Aude), avant d’être une cité médiévale classée au patrimoine de l’Unesco, a été un site protohistorique( entre l’âge de fer et l’âge de bronze), un oppidum romain, une place forte wisigothe. Sa situation géographique à la croisée des deux axes Méditerranée-Atlantique et Massif Central-Pyrénées, fait de ce lieu un carrefour commercial important qui suscite son intérêt.

Dans cet article retrouvons

– son histoire

– son édification

– son abandon et sa renaissance

Son histoire

Sa situation

Carcassonne est le chef-lieu du département de l’Aude, dans la région Occitanie-Pyrénées Méditerranée, dans l’ancienne région du Languedoc; à 80 km de Toulouse (Haute-Garonne), à 152 km de Montpellier (Hérault) et à 115 km de Perpignan (Pyrénées -Orientales), la cité est située entre la Montagne Noire au nord, les Corbières à l’est, la plaine du Lauragais à l’ouest et la vallée de l’Aude au sud.

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Du néolithique à l’oppidum

Des fouilles archéologiques ont montré une occupation du site dès le néolithique.

Pline l’Ancien fait état du Carcasum des Volces Tectosages, un oppidum du IIème siècle avant Jésus-Christ protégé par des fossés. Les Romains occupent ensuite les lieux.

Des Wisigoths aux Trencavel

Au Vème siècle les Wisigoths s’emparent des lieux. Ils en sont délogés au début du VIIème siècle par les musulmans omeyyades qui l’appellent Qarqshuna et en sont chassés par Pépin le Bref en 759.

L’époque féodale s’installe après l’éclatement de l’empire carolingien ; les Trencavel vont y régner du XIème au XIIème siècle et en faire une ville prospère.

Terre d’hérésie

Au XIIème siècle Carcassonne comme toute la région subit les affres de la Croisade des Albigeois.

La ville, protégée par le vicomte Raimon-Roger de Trencavel abrite de nombreux adeptes de ce qui sera nommé par l’histoire: le catharisme.

Assiégée par les troupes des croisés, la cité chute le 15 août 1209. Le vicomte Raimon-Roger de Trencavel est jeté en prison où il meurt .

Ses terres sont attribuées à Simon de Montfort. Elles sont remises au royaume de France par le fils de ce dernier en 1224; un tribunal d’Inquisition y est installé en 1234.

Les Carcassonnais menés par le fils du vicomte de Trencavel se révoltent en 1240.

Saint Louis chasse alors la population de la cité et l’autorise à s’installer sur l’autre rive de l’Aude.

Son édification

D’un oppidum à une première ville fortifiée

Sur les restes de l’oppidum dont les vestiges retrouvés montrent qu’il était un important carrefour commercial, les Volques Tectosages, vers 300 avant notre ère, vont établir des premières fortifications.

En 122 avant Jésus-Christ, la région est intégrée dans la colonie romaine de la Narbonnaise. Pendant la Pax Romana , Carcaso devient chef-lieu de la colonie Julia Carcaso. Cité prospère, elle est agrandie et une agglomération prend place au pied de l’oppidum.

À partir du IIIème siècle des remparts protègent la ville des attaques extérieures ; encore visibles, certains servent de soubassements aux murs actuels.

Les va-et-vient de la cité wisigothique

Entre 413 et 725, la ville est occupée par les Wisigoths, par les Romains, à nouveau par les Wisigoths. Elle résiste aux Francs en 507 pour rester dans le royaume wisigoth de Septimanie, à Clovis en 508, pour finalement céder à une attaque du roi franc de Burgondie , Gontran, en 585.

Mais rapidement les Wisigoths la reprennent et la gardent jusqu’en 725.

Les troupes omeyyades du wali Ambiza s’en emparent et y demeurent jusqu’en 759.

Elle est alors assiégée par les Francs de Pépin le Bref. Ce siège qui dure 5 ans, serait à l’origine de la légende de Dame Carcas qui se répand au XVIème siècle…

La légende de Dame Carcas

Le récit légendaire apparu au XVIème siècle affirme que Charlemagne et son armée étaient aux portes de la ville de Carcassonne afin de la prendre aux Arabes (alors que Pépin le Bref l’a reprise en 759, Charlemagne n’avait alors que 17 ans…).

Dame Carcas, épouse du prince Balaak, tué au combat, organise la défense de la cité.

La Princesse Carcas utilise d’abord une ruse en faisant fabriquer des hommes de paille, chacun avec son arbalète, qu’elle fait placer dans chaque tour de l’enceinte. Faisant le tour des murailles, elle ne cesse de décocher des traits sur les ennemis en faisant croire qu’ils sont tirés par ces faux soldats, afin de décourager les assiégeants.

Le siège s’éternise; la nourriture et l’eau manquent et la plupart des soldats de la cité sont morts. Dame Carcas fait l‘inventaire de toutes les réserves qui restent. La ville étant sarrasine une part de la population, musulmane, ne consomme pas de porc. Il reste un pourceau et un sac de blé. Elle fait engraisser le porc avec le sac de blé puis le précipite depuis la plus haute tour de la Cité au pied des remparts extérieurs.

Charlemagne et ses hommes, croyant que la Cité déborde encore de vivres au point de gaspiller un porc nourri au blé, lève le siège. Voyant l’armée de Charlemagne quitter la plaine devant la Cité, Dame Carcas remplie de joie par la victoire de son stratagème décide de faire sonner toutes les cloches de la ville. Un des hommes de Charlemagne se serait alors écrié « Carcas sonne ! », d’où le nom de la Cité.

Une effigie de Dame Carcas rappelle cette légende à l’entrée de la Cité.

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CC BY-SA 3.0

Léclatement de l’empire carolingien après le décès de Charlemagne, voit les seigneurs locaux reprendre peu à peu le pouvoir. Des monarchies féodales s’installent. L’Occitanie, relativement unie aux époques romaines et wisigothiques, se divise en comtés, duchés, royaumes, évêchés et diocèses, ainsi qu’en communes fortifiées autonomes qui restent cependant unis par une culture commune.

Les comtes de Carcassonne règnent sur la cité. En 1082, la famille Trencavel prend possession de la ville, en profitant des embarras de la Maison de Barcelone, propriétaire légitime, et l’annexe à un vaste ensemble allant de Carcassonne à Nîmes. Bernard Aton IV de Trencavel, vicomte d’Albi, de Nîmes et de Béziers fait prospérer la ville. Les constructions se multiplient ; en 1096, il autorise celle de la basilique de Saint Nazaire. Malgré des révoltes contestant son autorité et sa légitimité, il maintient son pouvoir sur la ville.

En 1130, il fait construire le château comtal et renforcer les fortifications.

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CC BY-SA 3.0

Après l’épisode cathare, Carcassonne revient dans le giron du royaume de France ; malgré deux tentatives des Trencavel pour reprendre la cité, elle devient siège d’une sénéchaussée et tribunal d’Inquisition.

En 1240, après la dernière tentative des Trencavel, Saint Louis chasse la population de la cité et l’autorise à s’installer sur l’autre rive de l’Aude. Ainsi se crée une nouvelle ville ou ville basse sous forme d’une bastide.

Forteresse royale

Propriété du royaume de France la cité reste menacée ; les Trencavel ont toujours l’ambition de la reprendre et se rapprochent du roi d’Aragon, Jacques Ier le Conquérant ; la cité est intégrée au système de défense entre la France et l’Espagne.

Des murailles et des tours sont construites pour protéger le château comtal, siège du pouvoir royal. La construction d’une seconde ligne de fortifications avec 14 tours est entreprise.

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CC BY 2.5

En 1247, les Trencavel renoncent à leurs droits sur la cité.

Les enceintes sont réparées, les lices aplanies, des étages ajoutés au château, la tour de la Justice est élevée; dans un deuxième temps certaines tours gallo-romaines et la barbacane du château comtal sont réparées tandis que sont édifiées la tour du Trésau, les portes Narbonnaise et Saint Nazaire.

Enfin sous le règne de Philippe le Bel, la place forte est modernisée ; des fossés, des douves, des tours sont conçues et les murailles consolidées.

Le traité de Corbeil , en 1258, fixe la frontière franco-espagnole dans les Corbières: la Catalogne et le Roussillon sont laissés à l’Espagne tandis que la France garde le Languedoc. La frontière est gardée en première ligne par les châteaux de Peyrepertuse, Aguilar, Quéribus, Puilaurens et Termes, dits les « cinq fils de Carcassonne » et en seconde ligne par la cité de Carcassonne devenue place forte royale.

Son abandon et sa renaissance

Cité militaire

La nouvelle ville voulue par Saint Louis se développe.

La cité garde son rôle militaire de frontière entre la France et l’Aragon mais perd de l’importance.

Elle reste un dispositif militaire pendant les guerres de religion ; bastion catholique, elle s’oppose aux protestants de la ville nouvelle.

Une garnison y est maintenue mais les institutions s’installent dans la ville basse.

Elle perd sa position stratégique à la signature du Traité des Pyrénées qui rattache le Roussillon à la France et éloigne ainsi la frontière.

L’abandon

Carcassonne développe son économie ; des hôtels luxueux, des rues sont construites ; l’eau et l’éclairage sont installés ; la ville absorbe la cité ; les populations les plus riches s’installent , laissant dans la cité les plus pauvres ; la misère gagne la cité.

Sur le plan militaire, la cité est réduite au rôle d’arsenal, puis rayée de la liste des places de guerre ; le château comtal devient prison.

En 1911, la cité ne compte plus que 761 habitants ; les murailles servent de carrière de pierres aux entrepreneurs pour les constructions de la ville basse ; les tours se délabrent; sa destruction est programmée.

La renaissance

Un notable, avocat, journaliste et historien local, Jean-Pierre Cros-Mayrevieille, s’émeut de cette destruction et entreprend des fouilles dans la basilique Saint Nazaire de la cité. Il obtient son classement aux monuments historiques en 1840.

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CC BY-SA 4.0

Prosper Mérimée, alors inspecteur général des monuments historiques, a le coup de foudre pour ce monument.

En 1852, des travaux de remises en état sont engagés sous la double autorité des Monuments historiques et du Génie militaire sous la surveillance de l’architecte Eugène Viollet-Leduc.

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wikipedia.org

La cité est sauvée.

Les restaurations de Viollet-Leduc sont parfois contestées.

Celle des toitures des tours en particulier, qui refaites en ardoises et de formes coniques comme celles des châteaux du nord, contrastent avec les toitures plates en tuiles romanes de ceux de la région…

Il est reproché à certaines restaurations de faire « trop neuf »…

Malgré les critiques, il est incontestable que les travaux remarquables qu’a réalisés Eugène Viollet-Leduc permettent d’offrir aux visiteurs une image cohérente de la cité de Carcassonne.

Classée, en 1997, au patrimoine mondial par l’UNESCO, la cité est aujourd’hui un ensemble fortifié unique en Europe avec 3 kilomètres de remparts, 52 tours, un château, une basilique et un village habité.

Site touristique important de la région Occitanie-Pyrénées Méditerranée, la cité de Carcassonne accueille près de 2 millions de visiteurs par an.

Si vous ne l’avez pas encore visitée, n’hésitez pas à vous y rendre.

La bastide de Carcassonne, qui constitue la ville nouvelle ou ville basse mérite également d’être traitée et fera l’objet d’un article ultérieur.

Cet article est un peu long mais il est difficile de faire plus court.

J’espère qu’il vous a intéressé ; donnez vos commentaires, vos suggestions ; faites connaître ce blog autour de vous !

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La Cité de Carcassonne (Aude), avant d’être une cité médiévale classée au patrimoine de l’Unesco, a été un site protohistorique ( entre l’âge de fer et l’âge de bronze), un oppidum romain, une place forte wisigothe. Sa situation géographique à la croisée des deux axes Méditerranée-Atlantique et Massif Central-Pyrénées, fait de ce lieu un carrefour commercial important qui suscite son intérêt.

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  1. VERRIE Jean-Pierre

    Bonjour,
    Oui, Viollet-Leduc a parfois laissé sa marque sur certains édifices, à commencer par la tristement fameuse aiguille de N D de Paris ; mais il a aussi laissé vagabonder son imagination au château de Pierrefons dans l’Oise ! Il est vrai aussi que parfois il se trouvait devant des ruines dont les représentations d’époque laissaient à désirer question fiabilité.

  2. Vous avez parfaitement résumé l’histoire des quelques 2200 ans de la Cité de Carcassonne, dont je fais le tour des remparts régulièrement. Elle est un véritable cours d’architecture militaire jusqu’à l’invention des pièces d’artillerie du XVème S. Sa vision depuis la ville basse, près du cours de l’Aude comme depuis la campagne est, suivant les aspects du ciel souvent irréelle. Majestueuse sur son mamelon, sa présence ne peut que ravir les yeux des amoureux de l’histoire et du dépaysement, surtout en ces jours si tristes pour nous tous.

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