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Charles Trenet…un fou chantant occitan!

Charles Trenet…un fou chantant occitan

Charles Trenet…qui ne connaît pas ce chanteur surnommé le fou chantant ?

Mais saviez-vous que ce poète est de chez nous ?

Sa philosophie de vie donne un premier aperçu du personnage :

« Quand on a rêvé sa vie, il faut vivre son rêve. »« La vie est un rêve, traversée de temps à autre par un cauchemar. On le digère, et le rêve recommence. »« Chez moi, il y a un rêve permanent. Je ne vois pas les choses telles qu’elles sont. »

et son talent se résume dans sa façon d’écrire ses chansons :

« Je fais des chansons, comme un arbre fait des pommes. »

Dans cet article vous trouverez un résumé des informations que j’ai collectées pour vous :

– Charles Trenet, un enfant du sud,

– des débuts prometteurs et le succès

– des temps troublés

– un succès sans fin malgré des ombres

Charles Trenet, un enfant du sud

Naissance dans un foyer bourgeois

Louis, Charles, Augustin, Claude Trenet naît le 18 mai 1913 à Narbonne (Aude) au 2, rue Anatole France (devenu depuis le 13, rue Charles Trenet et le Musée Trenet).

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Il est le cadet de la famille: son frère, Antoine est né trois ans plus tôt.

Son père , Lucien (1882-1966) est notaire , violoniste amateur. Sa mère joue du piano. Dans cette famille bourgeoise, la musique est présente au travers des parents et d’un phonographe qui diffuse des morceaux de jazz…

Mais la guerre survient et son père est mobilisé.

La famille poursuit sa vie bourgeoise grâce au grand père paternel ancien marchand de bois, reconverti en tonnelier.

En 1920, ses parents divorcent. Sa mère suit, à Berlin, son nouveau compagnon, Benno Vigny, ancien amant de Marlène Diétrich, scénariste et réalisateur de cinéma.

Le père a la garde des enfants. Ils sont placés chez les Pères de la Trinité, une institution religieuse de Béziers. Charles vit mal ce séjour en pensionnat et l’éloignement de la présence maternelle.Il confiera plus tard: 

« l’école était libre, mais pas moi ».

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Charles atteint par une fièvre typhoïde quelques mois après son entrée au collège doit retourner à la maison. Sa convalescence lui permet de développer sa sensibilité artistique : modelage, musique, peinture. Guéri, il retourne à l’école.

Une adolescence turbulente et la naissance d’un poète

En 1922, son père prend la charge d’une étude de notaire à Perpignan.

Charles , externe au collège, est rebelle aux mathématiques . Grâce à un ami de son père, Albert Bausil, poète, et propriétaire d’un journal hebdomadaire « Le coq catalan » (calembour de coq à talent…), il découvre le théâtre, la poésie, la fantaisie, le canular !

Dès l’âge de 13 ans il publie des poèmes,sous le pseudonyme de Charles ou de Jacques Blondeau ; il joue dans des pièces de théâtre : il apparaît sur la scène du Nouveau Théâtre en slip léopard, avec des grappes de raisin dans les cheveux…

Albert Bausil l’initie aux jeux de mots et peut-être aussi aux jeux sexuels….

Il développe son amour de la poésie, de l’art et sa culture littéraire. Il aborde la peinture : son premier vernissage a lieu en 1927. Il commence l’écriture de son premier roman, « Dodo Manières » qu’il publiera en 1939.

En 1928, renvoyé du lycée de Perpignan pour avoir injurié le surveillant général, Charles quitte Perpignan et rejoint sa mère et son second mari à Berlin.

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Il fréquente une école d’art, rencontre des amis célèbres du monde de son beau père, voyage avec sa mère.

Des débuts prometteurs et le succès

Des petits boulots

En 1930, Charles rejoint Paris après avoir convaincu son père qu’il ferait des études à l’École des arts décoratifs.

Pour gagner sa vie, il travaille comme accessoiriste dans les studios de cinéma Pathé.

Il rencontre Jean Cocteau, Max Jacob, Antonin Artaud, Gaston Bonheur.

Il compose ses premières chansons pour le film de son beau-père, « Bariole ».

Des débuts en duo

En 1932, il fréquente un club de jazz: le Collège Inn. Il y rencontre le pianiste suisse Johnny Hess avec qui il se lie d’amitié. Ils forment en 1933, le duo « Charles et Johnny » ; ils se produisent dans des cabarets, « Le Boeuf sur le toit » et « Le Fiacre », jusqu’en 1936.

Charles confie à Jean Sablon, habitué du « Boeuf sur le toit » l’interprétation d’une chanson, dont Paul Misraki a composé la musique : « Vous qui passez sans me voir ». Cette chanson devient un succès planétaire.

Joséphine Baker persuade Henri Varna et l’agence Audiffred de les prendre sous contrat au Palace.

Les débuts du succès

En 1936, Charles fait son service miliaire à Istres (Bouches-du-Rhône).

Aidé par l’imprésario Audiffred, il se produit en solo, à Marseille, au cabaret du Grand Hôtel Noailles. Il est surnommé « le fou chantant » !

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Il compose de nombreuses chansons que d’autres vont interpréter et qui remportent du succès :

– « Y a d’la joie » chantée par Maurice Chevalier au Casino de Paris

– « La valse à tout le monde » interprétée par Fréhel

– »Quel beau dimanche » que chante Lys Gauty.

Lancement d’une véritable carrière

Libéré du service militaire en 1937, Charles Trenet entame une série d’enregistrements chez Columbia :  « Je chante », « Fleur bleue ». Il se réapproprie l’interprétation de toutes ses chansons.

Le 25 mars 1938 , grâce à Emile Audiffred et à Mitty Goldin, il se produit en première partie de la grande Lys Gauty , sur la scène du music-hall parisien : l’A.B.C. Il attaque avec « Je chante » et c’est du délire dans la salle.

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Ce jeune homme de 24 ans, chapeau rond rabattu en arrière, en complet-veston, œillet rouge à la boutonnière, sourire éclatant, dont les mains, les pieds, les yeux partent dans tous les sens, séduit par son tonus, sa fraîcheur, sa modernité.

Il devait interpréter trois chansons mais devant ce succès, il enchaîne avec « Fleur bleue », « Boum », « la Polka du roi », « J’ai ta main », « Y a d’la joie », « Tout est au duc ». Le rythme, l’écriture, la voix, le style…désormais rien ne sera plus comme avant !!

Pour son titre « Boum », il reçoit le prix de l’Académie Charles Cros.

Le succès

En 1938, il tourne en vedette dans les films « La route enchantée » et « Je chante ».

Il entreprend une longue tournée internationale qui l’emmène en Angleterre, Espagne, Italie, Maroc, Grèce, Turquie, Egypte.


Des temps troublés

La guerre et l’occupation

La seconde guerre mondiale éclate, Charles Trenet est mobilisé jusqu’en juin 1940.

Pendant l’occupation, il fait du cinéma : « Romance de Paris », « Adieu Léonard », « Je chante ».

Il compose « La Marche des jeunes » qui se retrouve sur la face B d’un disque dont la face A est « Maréchal nous voilà ! » et qui devient la chanson des Jeunesses pétainistes !

Sorti de la polémique qui arrive, il chante « Espoir » de Jacqueline Batell et « Le temps des cerises » de Jean-Baptiste Clément. Puis il interprète ses propres chansons telles que « Si tu vas à Paris » (que Vichy interdit) et surtout « Douce France »(qui est reprise dans les maquis).

Ses chansons ont des airs de liberté, sur des rythmes de jazz…

Qualifié de « sale juif », « sale nègre », « clown judéo-américain », l’invective atteint son sommet lorsqu’il met en musique « Les sanglots longs » de Verlaine ! La presse collaborationniste se déchaîne : son nom ne serait que l’anagramme d’un nom juif « Netter » et on lui trouve une ressemblance avec le juif Harpo Marx! Fuyant la Gestapo en 1944, il est blessé à la jambe par une balle.

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La libération

Charles Trenet évoque peu ces périodes troublées. Seules deux chansons reviennent plus tard sur ces moments : « Jeunesse plumée » écrite en 1962 et « Nous, on rêvait » en 1992.

Il admet que cette sombre période a tari son inspiration : selon lui, ses œuvres postérieures à la guerre n’ont plus la fraîcheur et l’insouciance de ses premiers refrains.

A la libération, la Commission d’épuration lui reproche d’avoir écrit un chant pour Vichy, d’avoir donné un concert en Allemagne et le condamne à 8 mois d’inactivité, qui seront ramenés à 3 mois.

Il préfère partir pour les Etats-Unis.

Un succès sans fin malgré des ombres

Les Etats-Unis

Charles Trenet est dans son élément dès son arrivée aux Etats-Unis. L’univers de Georges Gershwin, de Duke Ellington lui est familier; il rencontre Louis Armstrong, se lie d’amitié avec Charlie Chaplin, Laurel et Hardy.

Il achète un appartement à New York, sillonne le pays, apprécie Hollywood mais après quelques tentatives de collaboration échouées, renonce à y travailler.

Il devient rapidement célèbre à Broadway.

Il sillonne le continent américain: Canada, Mexique, Pérou, Brésil.

Il va de concert en concert, sans cesser d’écrire et de composer : « Dans les pharmacie », «  Dans les rues de Québec », « Voyage au Canada », « Printemps à Rio ».

Le retour à Paris

Le 14 septembre 1951, Charles Trenet fait son retour sur la scène du Théâtre de l’Étoile à Paris avec dix nouvelles chansons.

En 1954, c’est l’Olympia, en 1958 Bobino et l‘Alhambra, en 1960, à nouveau le Théâtre de l’Étoile .

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Les chansons célèbres se succèdent: « L’âme des poètes », « La mer », « De la fenêtre d’en haut », « La folle complainte », « Route nationale 7 », « La java du diable », « Moi j’aime le music-hall » .

Les années 60, le rock, puis le yéyé submergent le pays.

Charles Trenet continue les tournées mais ne se produit plus que rarement sur les scènes parisiennes.

Peu à peu, il prend une semi retraite, se consacre à la peinture et publie un roman chez Grasset, « Un noir éblouissant ».

Des zones d’ombres

Malgré son succès, son humour, son côté sympathique, il semble que le « fou chantant »  s’aigrit…

Il intente des procès pour plagiat, qui se règlent à l’amiable, contre Claude François, contre Charlie Chaplin.

Charles Trenet aime les garçons et ne s’en cache pas sans pour autant en faire étalage…En 1963, suite à une plainte anonyme, il est appréhendé dans sa propriété d’Aix-en-Provence avec quatre jeunes gens, inculpé d’outrage à la pudeur et d’attentat aux mœurs…

Le succès éternel

Charles Trenet fait son retour en 1969 au Théâtre de la Ville. En 1971, il retrouve l’Olympia avec de nouvelles chansons; en 1973, il publie un opus de 12 morceaux « Chansons en liberté ».

En 1975, il fait ses adieux à la scène depuis l’Olympia.

Sa mère décède en 1979 et il reste deux ans enfermé dans sa douleur.

Il consacre un album à sa mère, en 1980, reparaît au Festival de la chanson française à Antibes, puis à Montréal en 1982 pour une soirée de gala du festival « Juste pour rire ». En 1987, au Printemps de Bourges, Jacques Higelin le remet sur le devant de la scène.

Charles Trenet reste indémodable.

Il fête ses 80 ans sur la scène de l’Opéra Bastille en présence du Président François Mitterand. Il enregistre sa dernière chanson « Les poètes descendent dans la rue » en mars 1999 et donne son dernier concert en novembre à la salle Pleyel.

Fatigué, Charles Trenet se retire chez lui et décède le 19 février 2001 à l’hôpital Henri-Mondor de Créteil.

Son corps est incinéré et ses cendres déposées dans le caveau familial au cimetière de l’ouest à Narbonne.

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fr.wikipedia.org

Quelques années plus tôt, il a légué la totalité de son patrimoine à son secrétaire et ami depuis près de 20 ans, Georges El Assidi. Cet héritage fera l’objet de contestations et procédures.

Mais le « fou chantant » reste un monument de la chanson française. Il laisse près de mille chansons…Il continue à inspirer de nombreux chanteurs.

« Longtemps, longtemps, longtemps après que les poètes aient disparu…

Leurs chansons courent encore dans les rues….. »

Je suis sûre que vous fredonnez encore des chansons de Charles Trenet…

J’espère que cet article vous a plu.

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  1. Les chansons de Trenet ont bercé mon enfance et il m’arrive souvent de les fredonner….toutes sont remarquables de simplicité, de vérité et d’amour surtout !

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