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Chants occitans

Chants occitans

Les chants occitans sont, à l’origine, créés et répandus par les troubadours, dans les cours de l’Occitanie historique. Devenus populaires, ils prendront d’autres formes par la suite.

Dans cet article retrouvons

  • leur histoire

  • les chants de notre région

Leur histoire

L’Occitanie

L’Occitanie « historique » a évolué dans le temps mais est majoritairement plus vaste que notre région actuelle, bien que celle-ci en recouvre une grande partie.

Au Moyen-Age, elle occupe tout le sud de la France, jusqu’à la Loire (à l’exception du Pays Basque et de la majeure partie, catalane, des Pyrénées-Orientales) et au-delà (Val d’Aran en Espagne et vallées alpines du Piémont italien, entre autres).

Le nom d’Occitanie désigne alors la partie du domaine royal français qui parle la langue d’Oc.

Les troubadours

La langue d’Oc n’est pas monolithique ; elle est une juxtaposition de dialectes qui se comprennent et partagent un socle culturel et social commun.

Au XIème siècle, apparaissent dans les cours d’Occitanie des poètes, compositeurs, musiciens qui s’expriment en langue d’Oc et auxquels est donné le nom de troubadours (de l’occitan trobador=trouveur ou trobairitz=trouveuse, au féminin) .

troubadour;occitanie;

CC by SA 4.0

Leur équivalent existe en langue d’Oïl avec les trouvères ou trouveresses dans la partie nord du royaume de France.

Leurs thèmes de prédilection sont la chevalerie et la poésie courtoise mais ils peuvent être également satiriques ou comiques, moraux ou religieux, juridiques ou politiques.

L’art des troubadours a décliné au XIVème siècle et quasiment disparu après la peste noire (1347-1352).

La chanson populaire

Elle fait suite à la période des troubadours mais n’est reconnu qu’au XIXème siècle quand Hippolyte Fortoul (1811-1856), ministre de l’Instruction publique et du culte lance une campagne nationale de collecte des musiques traditionnelles.

En 1854 , sept poètes provençaux, Frédéric Mistral, Joseph Roumanille, Théodore Aubanel, Jean Brunet, Paul Giera, Anselme Mathieu et Alphonse Tavan fondent le Félibrige dans le but de restaurer la langue provençale. Le mouvement se généralise très vite à la totalité de la langue occitane.

Sa diversité

Le répertoire musical de l’Occitanie s’avère vaste et varié ; les airs à danser (bourrées, rondes, farandoles) , chants polyphoniques, chansons à boire, berceuses, chants religieux, anonymes ou non, sont nombreux.

Certains classiques comme Se canto (généralement attribué à Gaston Fébus-1343-1391) ou la Coupo Santo sont élevés au rang d’hymnes.

Les chants de notre région

La défense de l’Occitan

Au XIXème siècle, la renaissance littéraire occitane reprend mais au début du XXème siècle la volonté d’éliminer les langues régionales s’affirme.

Des mouvements de défense de la langue occitane se créent pendant l’entre deux-guerres : l’Escola occitana en 1919 dans le Languedoc toulousain, la Societat d’estudis occitans en 1930.

En 1959 le premier parti nationaliste occitan voit le jour.

La défense de l’occitan se poursuit sans cesse désormais sous différentes formes.

La chanson occitane moderne

Dans les années 1960-1980, le régionalisme et, avec lui, la culture occitane deviennent objet de revendications.

La littérature avec Robert Lafont (« La révolution régionaliste »-1967), la poésie avec Marie Roanet (« Los poètas de la decolonizacion »-1971), le théâtre avec Claude Alranq ( « La liberté ou la mort » -1976), la chanson avec Claude Marti («Montségur »-1972, « Me soveni »-1979) ou Patric (« La cançon del Larzac »-1970) prennent valeurs d’engagement.

Les années 1980 voient évoluer le phénomène : le nombre de radios libres explose et les radios régionalistes en font partie ; les écoles régionales, calendretas en Occitanie, voient le jour.

Les revendications et les manifestations en faveur de la culture et de la langue occitanes se multiplient dans les années 2000.

De nouveaux chanteurs et groupes voient le jour avec des créations de chansons en occitan (Joanda, Goulamas’k) et/ou des reprises de chansons plus traditionnelles (La Mal coiffée, Nadau, entre autres).

Les refrains anciens

Certains chants perdurent entre les générations et maintiennent la tradition , repris par de nouveaux chanteurs, ou transmis dans les familles, les baletis ( bals populaires) , les manifestations festives locales : « Aqui paure carnaval » (Adieu pauvre carnaval), « Los bofets » (Les soufflets), « Diga Janeta » (Dis, Janette), « Joan petit »(Petit jean traduite aussi en français et en catalan) et d’autres encore….

Quelques chants de Noël , religieux tels que « Pastres, pastretas » ou païens, tels que « Buta fuoc » subsistent encore dans les mémoires.

Je vous partage ces deux derniers dont peut-être les plus anciens se souviendront :

Pastres, pastretas, Dereveilhatz vos, pecaire!
Pastres, pastretas, Desrevelhatz vos,
Que vòstra maire, A besonh de vos, pecaire!
Que vòstra maire,A besonh de vos.

Dins un estable, Prèp de Betelèm, pecaire!
Dins un estable, Prèp de Betelèm,
S’es acochada, Sus un pauc de fen, pecaire!
S’es acochada, Sus un pauc de fen.

Los pastres venon, Ambe sos anhèls, pecaire!
Los pastres venon, Ambe sos anhèls,
A l’enfant Jèsus, Òfron lo plus bèl, pecaire!
A l’enfant Jèsus, Òfron lo plus bèl.

Los mages, venon, Ambe sos tresòrs, pecaire!
Los mages, venon, Ambe sos tresòrs,
Li òfron la mirra, L’encens amai l’òr pecaire!
Li òfron la mirra, L’encens amai l’òr.

Ieu que siái paure, Que n’ai pas lo sòu, pecaire!
Ieu que siái paure, Que n’ai pas lo sòu,
Li ofri mon ama, Ambe tot mon còr, pecaire!
Li ofri mon ama, Ambe tot mon còr.

https://www.youtube.com/watch?v=vRSXw3eo6gY

Traduction :

Bergers, bergères, Vite, réveillez-vous, peuchère !
Bergers, bergères,Vite, réveillez-vous,
Car votre mère, A besoin de vous, peuchère !
Car votre mère, A besoin de vous,

Dans une étable, Près de Bethléem, peuchère !
Dans une étable, Près de Bethléem,
Elle l’a mis au monde, Sur un peu de foin, peuchère !
Elle l’a mis au monde, Sur un peu de foin.

Les bergers viennent, Avec leurs agneaux, peuchère !
Les bergers viennent, Avec leurs agneaux,
À l’enfant Jésus, Offrent le plus beau, peuchère !
À l’enfant Jésus, Offrent le plus beau.

Les mages viennent, Avec leurs trésors, peuchère !
Les mages viennent, Avec leurs trésors,
Lui offrent la myrrhe, L’encens et puis l’or, peuchère !
Lui offrent la myrrhe, L’encens et puis l’or.

Moi qui suis pauvre, Qui n’ai pas le sou, peuchère !
Moi qui suis pauvre, Qui n’ai pas le sou,
J’offre mon âme, Avec tout mon cœur, peuchère !
J’offre mon âme, Avec tout mon cœur.

Ou celui-ci :

Bota fuòc, cachafuòc,
que nos alegre,
que nos fague la jòia d’èstre aquí l’an que ven,
e se sèm pas mai,
que siaguem pas mens!

Traduction :

Prends feu, bûche de Noël,
réjouis-nous,
donne-nous la joie d’être ici l’an prochain,
et si nous ne sommes pas plus nombreux,
que nous ne soyons pas moins!

J’espère que cet article vous a plu.

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  1. Anne Marie Dauch

    Merci pour vos articles très intéressants et « farcis «  de souvenirs.
    Je vous souhaite de bonnes fêtes et une année sereine.
    Anne_Marie !

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