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Champollion, un occitan entre Lot et Isère

Champollion, un occitan entre Lot et Isère

Champollion « le jeune », appellation donnée à Jean-François Champollion est connu pour avoir déchiffré les hiéroglyphes grâce à la pierre de Rosette.

 

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Né à Figeac dans le Lot, éduqué à Grenoble en Isère, ce surdoué mérite qu’on s’attarde sur son parcours.

C’est ce que je vous propose dans cet article :

– Champollion, premiers pas dans la vie

– une éducation grenobloise et la naissance d’une passion

Grenoble, Figeac, recherches

– la reconnaissance

Champollion, premiers pas dans la vie

Une famille itinérante

La famille Champollion est originaire du Dauphiné, du village de Valjouffrey, dans le Valbonnais. Les grands parents, colporteurs pendant l’hiver, sont illettrés. Ils ont cinq enfants dont Jacques, le père de Jean-François. Celui-ci, né à La-Roche-des-Engelas, est expulsé de son hameau natal pour des raisons politiques. Après avoir sillonné la France en qualité de colporteur, en 1772, il achète une maison à Figeac, où un de ses cousins est chanoine de la basilique Saint Sauveur. Il épouse le 28 janvier 1773 Jeanne Françoise Gualieu, d’une famille bourgeoise de la ville, et en 1779 acquiert une librairie sur la place Basse ainsi qu’une autre maison où se trouve aujourd’hui le musée Champollion.

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L’ étrange naissance de Jean-François Champollion

Jacques Champollion et son épouse ont six enfants :Guillaume mort à la naissance en 1773, Thérèse née en 1774, Pétronille en 1776, Jacques-Joseph en 1778, Jean-Baptiste mort à l’âge de trois ans, Marie-Jeanne née en 1782.

La mère souffre de rhumatismes qui l’empêchent de bouger mais un guérisseur la délivre de ses souffrances et lui prédit, alors qu’elle est déjà âgée de quarante-huit ans, qu’elle aura un autre fils qui sera « une lumière du siècle à venir ». Cette prédiction se réalise un an plus tard le 23 décembre 1790 avec la naissance de Jean-François !

Les premiers pas d’un surdoué

Jean-François Champollion se révèle vite précoce :

– à 5 ans, il apprend à lire seul dans un missel ;

– à 8 ans il lit Homère et Virgile, sous l’impulsion d’un bénédictin sauvé de l’échafaud par son père.

En 1798, il rentre à l’école mais rencontre cependant des difficultés en mathématiques et en orthographe et de plus il n’a pas un caractère facile.

Son précepteur, l’abbé Jean-Joseph Calmels lui enseigne des rudiments de latin, de grec ancien, d’histoire naturelle.

Son frère Jacques-Joseph, dit « Figeac », son aîné de douze ans a rejoint Grenoble en 1798 mais suit, à distance, son évolution.

En 1801, son frère décide de l’emmener à Grenoble afin de diriger son éducation.

Une éducation grenobloise

Des études générales et l’éveil vers l’Orient

Jean-François Champollion se découvre épris d’histoire naturelle et d’antiquité. Il dévore des livres, commence à apprendre seul l’hébreu, l’arabe, le copte, le chinois…

Son frère lui donne des cours, mais très vite dépassé, il fait appel à des aides extérieures ; l’abbé Dussert, pédagogue réputé de Grenoble, le prend en charge de 1802 à 1804. Il lui enseigne l’hébreu, l’arabe, le syriaque, le chaldéen. Parallèlement il suit les cours de l’école centrale de Grenoble. Son frère lui transmet son goût pour l’archéologie et son admiration pour l’Orient.

En 1804, il obtient brillamment une bourse pour la nouvelle institution créée par Napoléon, le lycée impérial de Grenoble.

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Il étudie, à côté des mathématiques et du latin, les langues anciennes qui le passionnent

Il le fréquente jusqu’en 1807 mais a du mal à se plier à la discipline.

La naissance d’une passion

Les frères Champollion partagent une passion pour l’Égypte.

Jacques-Joseph est secrétaire de l’académie delphinale ; il est appelé à y présenter une communication sur les inscriptions de la pierre de Rosette.

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La pierre de Rosette  wikipedia.org

De son côté, Jean-François est conduit à commenter un passage de la Genèse en hébreu devant le préfet de l’Isère Joseph Fourier. Par l’intermédiaire de ce dernier, en juin 1805, il rencontre un moine grec, proche de Bonaparte, Dom Raphaël de Monachis qui a participé à l’expédition d’Égypte et qui lui démontre que le copte vient de l’égyptien ancien. Il se passionne pour les hiéroglyphes égyptiens. En 1804 (il n’a que 14 ans) il publie « Remarques sur la fable des Géants » d’après les étymologies hébraïques, suivis par un « Dictionnaire sur l’Orient », une « Étude de l’origine étymologique des noms de la Bible », un « Commentaire sur Isaïe »…

Le 1er septembre 1807 il présente à l’Académie des Sciences et des Arts de Grenoble un « Essai de description géographique de l’Égypte avant la conquête de Cambyse » qui lui vaudra six mois plus tard d’être élu membre correspondant de cette Académie.

Des études parisiennes

Son besoin d’aller plus loin dans des études spécialisées ne peut se satisfaire à Grenoble.

Champollion « le jeune » part à Paris, obtient une bourse et avec l’aide financière de son frère, Champollion « Figeac », il poursuit ses études.

Il suit des cours de langues orientales, plus particulièrement d’arabe, de persan, d’hébreu, de syriaque, de chaldéen au Collège de France. Simultanément il assiste aux cours de l’École des langues orientales, dans les mêmes matières, et fréquente la Bibliothèque impériale.

Il se lie avec ses maîtres qui apprécient son assiduité et son impressionnante capacité de travail ainsi que ses dons pour les études entreprises.

En 1808, il apprend que l’archéologue Alexandre Lenoir vient de publier un déchiffrement des hiéroglyphes (qui s’avérera fantaisiste). Il parvient à se procurer une copie de la pierre de Rosette. Il décide d’étudier l’écriture cursive (écriture du quotidien) sur les papyrus. Il découvre le principe de regroupement des signes et par analogie avec l’un des dialogues coptes, conclue à l’absence de voyelle dans l’écriture égyptienne.

Grenoble, Figeac, recherches…

Une vie universitaire

Grâce à l’intervention de Joseph Fourier, un décret spécial de Napoléon dispense de la conscription Jean-François Champollion.

En juillet 1809, à 19 ans, docteur ès lettres, Jean-François Champollion est nommé professeur adjoint d’histoire à l’Université de Grenoble. Il prend son poste le 15 octobre.

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Jacques-Joseph Champollion « Figeac »wikipedia.org

Son frère est professeur de grec et bibliothécaire-adjoint de la ville.

En 1810 ils sont nommés docteurs ès lettres par décret impérial.

Une première approche des hiéroglyphes

En août 1810, Jean-François Champollion publie une communication à l’Académie delphinale « L’écriture des Égyptiens » ; en 1812, après avoir compté le nombre de signes sur la pierre de Rosette (486 mots grecs pour 1 519 hiéroglyphes), il décrète que les hiéroglyphes expriment soit des sons ou syllabes (phonogrammes), soit des symboles ou idées (idéogrammes).

La même année, il établit que les écritures cursives sont postérieures aux hiéroglyphes.

Il poursuit ses recherches simultanément à son poste de professeur de l’Université de Grenoble jusqu’en 1816.

Chute de Napoléon et retour à Figeac

Accusés de sympathie pour Napoléon, à la déchéance de ce dernier, les frères Champollion doivent quitter Grenoble sous la pression des membres du parti ultra local.

Ils sont assignés à résidence à Figeac.

Malgré les efforts de Jacques-Joseph pour obtenir l’amnistie, ils y resteront deux ans. L’aîné, grâce à des amis parisiens, reviendra à Grenoble en novembre 1816 ; il rejoindra Paris en avril 1817.

Jean-François est autorisé à revenir à Grenoble en janvier 1817 mais il restera à Figeac jusqu’en octobre 1817 pour régler les dettes de leur père.

Pendant ces quelques mois il fait venir son matériel de déchiffrement et travaille à son dictionnaire copte.

Suite et fin

Il réintègre la chaire d’histoire à l’Université de Grenoble le 21 octobre 1817. Il poursuit la construction d’un tableau de correspondance entre les symboles hiéroglyphiques et les signes hiératiques.

En 1821 , il obtient une copie des inscriptions grecques et hiéroglyphiques de l’obélisque de Philae. Jean-François Champollion ayant repéré sur l’obélisque le nom de Ptolémée, il en déduit que seules les voyelles les plus sonores du mot grec sont transcrites en égyptien.

L’architecte Jean-Nicolas Huyot lui fait parvenir un grand nombre d’inscriptions provenant du temple de Ramsès II à Abu Simbel. Après avoir identifié et traduit les noms de Ptolémée et de Cléopâtre, Champollion définit une théorie explicative générale du système hiéroglyphique.

Le 27 septembre 1822, il est invité à présenter ses conclusions devant les membres de l’Académie des Inscriptions et Belles-Lettres, à Paris . IL dédie son exposé, à M. Dacier l’helléniste, secrétaire perpétuel de l’institution « Lette relative à l’alphabet des hiéroglyphes phonétiques employés par les Égyptiens, ».

En 1826 il est nommé conservateur chargé des collections égyptiennes au Musée du Louvre.

De 1828 à 1830, il réalise enfin son rêve : il part pour une mission scientifique en Égypte ; il y recueille données et objets pour vérifier son système de déchiffrement ; il étudie l’obélisque de Louxor.

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Élu à l’Académie des Belles Lettres après la chute de Charles X, il obtient la chaire d’Antiquité égyptienne au Collège de France. Il y donne sa première leçon en 1831.

Il meurt le 4 mars 1832, à Paris, à l’âge de 48 ans.

Sa vie privée

Études et recherches ont tenu une grande part dans sa vie mais ont néanmoins laissé place à une vie sentimentale et familiale.

Pendant son premier séjour à Paris, de 1807 à 1808, il s’éprend de Pauline Berriat , sœur de l’épouse de son frère.

De fin 1808 à son départ pour Grenoble, c’est Louise Deschamps, femme d’un fonctionnaire plus âgé qu’elle, qui la remplacera.

A son retour de Figeac, il épouse le 30 décembre 1818, Rosine Blanc, fille d’un gantier grenoblois, dont il est épris depuis longtemps. De cette union naît une fille unique le 1er mars 1824, Zoraïde.

La cause de sa mort reste indéfinie, son frère ayant refusé une autopsie…

Il est revenu d’Égypte affaibli…mais selon certains auraient déjà présenté préalablement à ce séjour des signes de fatigue… Il déploie une intense activité et le surmenage peut aussi être une cause… Il se retire fatigué dans son Quercy natal où il subit deux attaques cardiaques le 13 décembre 1831 et le 13 janvier 1832. Abattu, il est ramené Paris où il décède le 4 mars 1832.

Selon sa volonté, il est enterré auprès de son ami Joseph Fourié au cimetière du Père Lachaise.

La reconnaissance

La publication de ses recherches

Après le décès de Jean-François Champollion, son frère Jacques-Joseph publie ses ouvrages « Monuments d’Égypte et de Nubie » d’après les dessins exécutés sur les lieux, de 1835 à 1845, puis « la Grammaire égyptienne », de 1836 à 1841 et enfin le «  Dictionnaire égyptien en écriture hiéroglyphique », de 1841 à 1844.

La reconnaissance dans le pays

Son nom a été donné à de nombreux collèges et lycées, ainsi qu’à l’université d’Albi.

Une sculpture en marbre de Champollion réalisée en 1875 par Frédéric-Auguste Bartholdi se trouve dans la cour du Collège de France, rue des Écoles, dans le 5e arrondissement de Paris. Elle le représente posant le pied sur une tête de pharaon. Depuis 2013, elle est au centre d’une polémique avec Le Caire, les Égyptiens la trouvant insultante…

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En 1905, la veuve de Bartholdi a fait don à la ville de Grenoble de la statue en plâtre qui a servi de modèle à la sculpture ; elle est depuis 1994 dans une salle du Musée de Grenoble.

En 1970, le nom de Champollion est donné par l’Union astronomique internationale à un cratère lunaire.

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Un musée consacré à Jean-François Champollion est inauguré dans sa maison natale à Figeac (Lot) le 19 décembre 1986. Fermé en 2005 pour des travaux d’extension il est re-ouvert depuis 2007.

J’espère que cet article vous a plu, et vous en a appris un peu plus sur cet homme essentiellement connu pour son décryptage des hiéroglyphes.

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Sources

https://www.herodote.net

http://www.passion-egyptienne.fr/

http://www.19eme.fr/biographies/C/champollion.htm

https://fr.vikidia.org/wiki/

https://fr.m.wikipedia.org

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  1. Champollion aurait mérité, il me semble, d’avoir les honneurs de reposer au Panthéon : on y a mis d’autres personnes qui, à mon avis, le méritent beaucoup moins mais ceux-là avaient pour eux le faveur du « prince » du moment et servaient quelque part à son pouvoir….ce qui n’est pas son cas et il a droit seulement au service minimum comme reconnaissance !

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