Pas à pas...découvrez les coutumes...entrez dans les spécificités de cette région...pour la découvrir et l'aimer.

Catégorie : ARTICLES Page 1 of 18

Les spécialités de l’Aubrac

Les spécialités de l’Aubrac

L’Aubrac est un plateau volcanique du sud du Massif Central.

Aux confins des trois départements du Cantal (région Auvergne-Rhône-Alpes), de l’Aveyron et de la Lozère (région Occitanie-Pyrénées Méditerranée), bordé au nord-ouest par les monts du Cantal, à l’est par la Margeride et au sud par les Grands Causses, ce massif volcanique, au climat rude, est une terre d’élevage et de traditions. Sa gastronomie est riche des produits du terroir.

Dans cet article faisons le tour des spécialités qui font la réputation  de l’Aubrac:

  • son élevage

  • ses productions fromagères

  • ses spécialités culinaires

Son élevage

Des ovins aux bovins

Voie de passages, entre autre pour les pèlerins de Saint Jacques-de-Compostelle, l’Aubrac est resté longtemps inhabité, puis zone de fréquentation pastorale.

Aux XIème et XIIème siècles, après défrichements, les terres sont mises en valeur et un début de peuplement s’organise ; un réseau de « mas » paysans s’implante autour d’activités de polyculture et d’élevage ovins.

Entre 1108 et 1125, une ancienne domerie dépendant de l’abbaye de Conques est créée au village d’Aubrac. A leur installation les moines reçoivent des seigneurs locaux, de grandes étendues de terre qu’ils vont s’employer à mettre en valeur. Ils développent de grands pâturages d’estives et accueillent de grands troupeaux transhumants d’ovins et de bovins, essentiellement de boucherie.

A partir du milieu du XVème siècle les moines affectent ces pâturages à la transhumance de bovins laitiers pour développer une production fromagère d’estive, inspirée des techniques mises en œuvre par les moines cisterciens en Haute-Auvergne, origine de l’actuel fromage Laguiole..

vache; aubrac; fromage;occitanie;

CC BY 2.0

Du lait à la viande

Les religieux engagent une sélection de race de vaches qui prend le nom du village : Aubrac ; les événements historiques (Révolution, épopée napoléonienne,..) mettent un coup d’arrêt à ces expériences génétiques qui sont reprises en 1840 par la création de la Société d’Agriculture de l’Aveyron, puis en 1893 par la création du livre génétique de la race Aubrac.

Race mixte , l’Aubrac est utilisée pour le travail, la viande et le lait.

Dans les années 1950/1960, la mécanisation, la limitation des traites, le productivisme montant, les éleveurs croisent leurs vaches avec d’autres races (Charolaises par exemple) pour en faire des vaches à viande.

Dans les années 1970 quelques irréductibles refusent de se résigner et décident de relancer la race pure ; aidés par la loi sur l’élevage de 1966, des éleveurs passionnés créent en 1979 l’Union Aubrac.

Lait ou/et viande

Aujourd’hui la race Aubrac est une vache allaitante destinée plutôt à la production de viande. Excellente mère, elle vèle facilement et sans assistance, allaite son veau jusqu’à 8 ou 9 mois sans besoin d’alimentation complémentaire, fertile aussitôt après le vélage, elle assure un bon investissement pour l’éleveur.

Elle est très adaptée au climat, robuste, elle supporte le froid, la chaleur, l’humidité.

Elle donne une viande d’excellente qualité : Label Rouge Boeuf Fermier d’Aubrac, AOC Fin Gras du Mézenc, IGP Fleur d’Aubrac pour les génisses, ou Rosée des Causses pour les veaux nourris sous la mère.

Son lait est légèrement parfumé et bien que l’activité laitière ne soit pas l’essentiel de la race, elle reste utilisée pour la production de fromages régionaux comme le Cantal ou le fromage AOC Laguiole.

Ses productions fromagères

Burons et buronniers

Les burons sont des bâtiments en pierres, couverts de lauzes (dalles d’ardoise) , construits dans les estives de l’Aubrac pour abriter la fabrication du fromage. Leur nom vient du vieux français buiron = cabane. Ils ont parfois reçu d’autres appellations :

    • fogal ou fougal lorsqu’ ils comportent un foyer ;

    • mazuc, masuc, mazut, masut quand il s’agit de huttes construites à partir de branches de hêtre recouvertes de mottes de terre ou d’herbes, où l’on préparait beurre et fromage.

    • parfois cabane, trap(trou), ou vacherie.buron;aubrac;occitanie;

CC BY-SA 3.0

Au XIXème siècle le buron se compose de trois pièces : au rez-de-chaussée, la pièce principale avec les outils nécessaires à la fabrication du fromage, une table et des bancs, à l’étage le grenier où dorment les hommes et où sont entreposées les réserves de foin pour les veaux, et la cave située au nord, dans la partie enterrée où sont stockés et affinés les fromages. Proche du buron, une porcherie où des cochons sont nourris du petit lait, est parfois construite.

L’estive est assurée par au moins quatre buronniers : le roul, généralement un adolescent, homme à tout faire, le bédelier chargé de s’occuper des veaux (les bédélous), le pastre, premier berger chargé de garder et rassembler le troupeau pour la traite, le cantalès, patron-vacher du buron chargé de fabriquer la tome fraîche et le fromage. Le chien , indispensable pour ramener le troupeau fait partie de l’équipe.

Age d’or, déclin et renouveau

En 1792, 22 burons sont comptabilisés par la domerie d’Aubrac ; au début du XXème siècle, on en compte 300 sur le plateau !

Néanmoins le déclin s’amorce dès les années 1930 ; il n’en reste que 141 dans les années 1950 et 3 en 1994 !

La vie en estive et la traite dans les burons ne correspondent plus aux aspirations de la société ; l’augmentation du coût du travail, la faible rentabilité de l’activité fromagère contribuent au déclin : au début du XXème siècle, 100kg de fromage faisait vivre 2 personnes ; il en fallait une tonne dans les années 1950 !

En 1960, de jeunes agriculteurs créent une coopérative qui permet de rentabiliser de petites structures : la coopérative « Jeune Montagne ».

En 1961 le fromage Laguiole obtient une Appellation d’Origine Contrôlée et depuis 1996 une Appellation d’Origine Protégée.

La tome fraîche d’Aubrac

L’aire de production du fromage Laguiole se limite à une soixantaine de communes toutes situées sur le plateau de l’Aubrac, dans les départements de l’Aveyron, du Cantal et de la Lozère.

Les vaches laitières sont de race Simmental ou Aubrac.

La quantité de lait produite est volontairement limitée à 6000 litres annuel par animal. L’ensilage est proscrit de l’alimentation du bétail. Cette dernière est composée d’herbe et de foin issus de la zone de production et donne au lait et au fromage la richesse de la flore des prairies de l’Aubrac. Les vaches pâturent dans les prairies pendant au moins 120 jours durant la période estivale.

Les règles actuelles de production respectent les principes des buronniers de l’Aubrac d’autrefois

Le lait cru et entier est réchauffé puis emprésuré.

Lorsque le caillé est assez ferme, il est découpé en morceaux de la taille d’un grain de maïs ; il est ensuite séparé du petit lait.

Il est découpé et pressé plusieurs fois dans des toiles de lin.

Le caillé repose en salle de maturation, à température contrôlée, pendant environ 20h.

La tome fraîche ainsi obtenue est séparée : une partie est réservée pour la fabrication de l’aligot (la tome fraîche), l’autre servira à la fabrication du fromage (la fourme).

La fourme de Laguiole

La tome fraiche est salée, broyée dans la masse et laissée au repos plusieurs heures.

Les fourmes sont mises manuellement dans des moules, pressées, retournées et égouttées pendant 48h.

Les fromagers appliquent la matrice représentant la tête de taureau, signe de reconnaissance du Laguiole AOP.

Les fourmes sont placées en caves fraîches et humides pour affinage pendant 4 à 24 mois. Elles sont brossées, retournées et surveillées pendant toute la durée de leur affinage.

Le Laguiole est un fromage au lait de vache cru et entier, à pâte pressée non cuite.

Les fourmes se présentent sous la forme de cylindres de 50kg (il faut 500 litres de lait pour faire une fourme), de 40 cm de diamètre et 35 à 40 cm de hauteur.

La croûte du Laguiole va d’un blanc légèrement ocré à un brun ambré selon la durée de l’affinage.

La pâte est lisse, jaune pâle, souple et ferme.

Fondant en bouche, il offre une saveur franche, au goût de noisette.

Chaque fromage porte, imprimé en relief dans sa croûte le nom « Laguiole », l’estampille symbolisant un taureau et une plaque métallique d’identification.

fromage;laguiole;aubrac;occitanie;25

CC BY -SA-3.0

Il se déguste en fin de repas avec un vin rouge de pays, légèrement charpenté (AOC Marcillac, VDQS d’Entraygues par exemple), mais aussi en apéritif ou dans une salade.

Il est recherché pour la cuisine mais son usage le plus connu dans ce domaine est la fabrication de l’Aligot d’Aubrac qui n’utilise pas le fromage final mais la tome fraîche.

D’autres fromages

L’Ecir de l’Aubrac est une spécialité fromagère au lait de vache, cru, à pâte molle et à croute fleurie, moulé manuellement ; il se caractérise par sa croute fine, sa pâte crémeuse et fondante et son goût frais et lacté. Ce fromage frais porte le nom du vent glacial qui souffle sur l’Aubrac.

Le Buronnier de l’Aubrac est également un fromage à pâte molle, au lait de vache cru et entier ; il est affinée 6 à 8 semaines à Laguiole (Aveyron) ; il présente une croute fine et cendrée, une pâte souple, un goût franc et lacté.

Ses spécialités culinaires

L’incontournable aligot

A l’origine, les moines du monastère d’Aubrac (cf plus haut) se nourrissent d’un mélange de fromage et de mie de pain qu’ils nomment du mot latin Aliquid.

Après la Révolution, les estives de l’Aubrac appartiennent à de gros propriétaires ; les buronniers ne sont pas autorisés à consommer leur production. Ils peuvent toutefois prélever discrètement de la tome fraîche pour préparer un Aliquid. Au XVIIème siècle suite à une mauvaise récolte de blé, le pain manque et les buronniers remplacent la mie de pain par une purée de pommes de terre : l’Aligot est né.aligot;laguiole;aubrac;occitanie;

CC BY-ND 2.0

Le Rétortillat

C’est le nom local de la truffade (de l’occitan trufa=pomme de terre) de l’Aubrac.

A base d’un mélange de pommes de terre et d’oignons, de lard, rissolés dans de la graisse de canard, auquel on ajoute de la tome fraîche de l’Aubrac et de la fourme de Laguiole, il se consomme avec une salade verte.

Le bœuf d’Aubrac

Tendre, juteuse, persillée et savoureuse, la viande de bœuf d’Aubrac se consomme en grillade, en sauce ou mijotée dans du vin.

Le « coufidou » ( de l’occitan coufir=mijoter) est une préparation longuement mijotée à partir de collier, poitrine, joue de bœuf et autres pièces à braiser, précédemment marinées dans un vin rouge corsé avec des légumes, des aromates et des couennes de porc.

La falette et les farçous

La « falette » ( de l’occitan =tablier) est le nom local de la poitrine de veau ou d’agneau farcie, avec des herbes vertes, des blettes, du lard et des œufs, cuite dans un bouillon mouillé de vin blanc.

La seule farce de la falette, cuite en petits tas à la poêle, dans du saindoux, donne les «  farçous », proches des picaoussels évoqués dans le billet hebdomadaire du 4 juillet 2019.

Des desserts

Certains desserts de l’Aubrac ont déjà été évoqués dans de précédents articles ou des billets hebdomadaires comme le gâteau à la broche, la coupétade dans « La ronde des desserts occitans ».

La fouace ou fougasse est une brioche parfumée à la fleur d’orangers et façonnée en couronne. En Aubrac elle est servit lors des fêtes de village ou des rassemblements familiaux ; elle est appréciée au petit déjeuner, au dessert et à tous moments de la journée.

J’espère que ce rapide tour des spécialités de l’Aubrac vous a mis l’eau à la bouche et que si vous en avez l’occasion vous ne manquerez pas d’aller les goûter sur place.

Si cet article vous a intéressé, donnez vos commentaires, vos suggestions ; faites connaître ce blog autour de vous !

Si ce n’est déjà fait, inscrivez-vous et vous recevrez personnellement, en plus, mes « billets hebdomadaires ».

JE M’INSCRIS

https://www.jeune-montagne-aubrac.fr/

http://www.aubrac-laguiole.com/

https://www.race-aubrac.com/fr

https://fr.wikipedia.org/

https://www.keldelice.com/

Les peignes en corne de l’Ariège

Les peignes en corne de l’Ariège

Le travail de la corne se pratique dans trois régions en France : en Franche-Comté, à Oyonnax en Auvergne- Rhône-Alpes et dans les Pays d’Olmes en Ariège, dans notre région Occitanie-Pyrénées Méditerranée.

Dans cet article découvrons

  • la corne
  • le travail de la cor18
  • le travail de la corne et la fabrication des peignes en Pays d’Olmes

Les noms de lieux de notre région-1

Les noms de lieux de notre région-1

En Occitanie-Pyrénées Méditerranée, comme ailleurs sans doute, les localités présentent souvent des appellations qui trouvent leurs origines dans le langage des civilisations qui ont occupé les lieux.

Dans cet article examinons  :

  • les civilisations qui ont occupé notre région

  • les toponymes laissés par les civilisations antérieures à notre ère

Les toponymes formés pendant l’ère nouvelle font l’objet du prochain article de la catégorie langage.

Etienne Roda-Gil, un libertaire inspiré

Etienne Roda-Gil, un libertaire inspiré

Etienne Roda-Gil est un auteur de chansons et dialoguiste né à Montauban (Tarn-et-Garonne). Il a écrit plus de 700 chansons que tout le monde connaît, qui ont fait le succès de leurs interprètes et dont pourtant on ignore souvent l’auteur.

Dans cet article découvrons ce personnage

  • sa vie

  • son œuvre

Pézenas, ville de métiers d’art

Pézenas, ville de métiers d’art

Pézenas est une petite ville de l’Hérault, peuplée de 9 000 piscénois , riche de son histoire et de son patrimoine.

Dans cet article évoquons

  • la ville

  • son histoire

  • son patrimoine architectural

  • son patrimoine culturel

Les huîtres d’Occitanie

Les huîtres d’Occitanie

Les huîtres sont consommées en Europe en abondance depuis le XVIIIème siècle, particulièrement en France et en Italie.

Dans cet article faisons connaissance avec

  • l’huître

  • l’élevage des huîtres

  • les huîtres en France

  • les huîtres de notre région

Confréries bacchiques et gastronomiques de notre région

Confréries bacchiques et gastronomiques de notre région

Les Confréries bacchiques et gastronomiques sont nombreuses dans le pays et notre région Occitanie-Pyrénées Méditerranée en compte un grand nombre.

Dans cet article découvrons :

  • Qu’est ce qu’une confrérie ?
  • Les confréries en France
  • Les confréries dans notre région

Encore des mots…

Encore des mots…

Encore des mots de chez nous… mots qui se perdent et que nous entendons de moins en moins dans les conversations mais qui pour ceux qui les connaissent évoquent tant d’images…

Dans cet article Occitanie-découvertes en propose à l’occasion de nos actions printanières :

  • Et si nous renouvelions la garde-robe ?

  • Profitons du printemps pour mettre de l’ordre

Pierre-Bernard Prouha, sculpteur

Pierre-Bernard Prouha, sculpteur

Pierre-Bernard Prouha est un sculpteur d’Occitanie-Pyrénées Méditerranée dont un nombre important de ses œuvres ornent la cathédrale d’Albi.

Je laisse Christian Arnaud et Véronique Gayraud vous en parler ; ils ont réalisé à son sujet un article dans « Au fil de l’histoire », bulletin n°27 de l’association « Les Amis du Villemur Historique » (villemur-historique.fr); je remercie Jean-Luc Erpelding, fidèle abonné à Occitanie-découvertes, qui nous l’a transmis et obtenu de leurs auteurs l’autorisation de le reproduire.

Dans cet article nous découvrons :

  • 1822-1867 : les débuts d’une intense carrière d’artiste

  • travaux pour la cathédrale d’Albi: une étape importante dans la vie de Pierre-Bernard Prouha

  • 1871-1888 : un artiste reconnu

  • de 1870 à 1888, quelques œuvres majeures de Pierre-Bernard Prouha

Rodez, une ville deux fois millénaire

Rodez, une ville deux fois millénaire

Rodez, chef lieu du département de l’Aveyron , est fondée au Vème siècle avant JC par une peuplade celtique venue d’Europe Centrale : les Ruthènes.

Dans cet article découvrons :

    • sa situation et son nom
    • son histoire
    • ses attraits touristiques

Sa situation et son nom

Sa situation géographique

Chef-lieu du département de l’Aveyron, au sud-ouest du Massif Central, Rodez se situe entre les plateaux des Grands Causses et les collines du Ségala.

Construite sur un piton rocheux, elle s’est étalée plus tard sur ses pentes . La vieille ville garde localement l’appellation « Le Piton ».

Au centre-nord de la région Occitanie-Pyrénées Méditerranée, Rodez est à deux heures, au nord-est de Toulouse et au nord-ouest de Montpellier.

Ville de faible altitude (550 m en moyenne), elle est traversée sur sa limite sud par l’Aveyron (affluent du Tarn, lui-même affluent de la Garonne).

Bénéficiant d’un climat semi-continental méditerranéen, les hivers y sont rudes et les étés chauds et ensoleillés.

Son nom

La cité d’origine est un oppidum établi sur un piton rocheux par les Ruthènes ; nommée Segodonum ( de sego=fort et dunum=colline) sous l’occupation romaine, elle devient Civitas Rutenorum (ville des Ruthènes) sous l’empire romain, puis Ruten ; appelée en occitan Roudès, son nom finit par s’orthographier Rodez pour en conserver la prononciation.

Ses habitants, au nombre de 25 000 environ (55 000 pour l’agglomération) sont des Ruthénois.

Son histoire

Des Ruthènes au Rouergue

Construite par les Ruthènes, Rodez subit, comme une part de la région, les occupations successives des Wisigoths et des Francs, des différents seigneurs locaux (ducs d’Aquitaine, comtes de Toulouse), des Maures, des Anglais (pendant la Guerre de Cent ans), les rivalités des seigneurs et de l’Église.

Une double ville médiévale

Charles II dit « Le Chauve » (823-877) érige le Rouergue en comté.

En 852, les comtes de Rouergue s’emparent de Toulouse et fondent la maison de Toulouse : les aînés deviennent comtes de Toulouse, les cadets gardent le comté de Rouergue.

En 1095, Raymond IV, comte de Toulouse et de Rouergue, manque de fonds pour financer sa croisade ; il engage, alors, une partie du comté de Rouergue auprès de Richard, frère du comte de Millau : c’est l’origine du comté de Rodez qui représente alors le tiers du Rouergue. Rodez ne forme qu’une seule ville mais par le biais des successions , elle se retrouve divisée en 1161, entre Hugues II, comte de Rodez et son frère autre Hugues, évêque de cette ville :le premier en sa qualité d’aîné garde le Bourg, siège du comté et le prélat hérite de la Cité.

Rodez forme ainsi deux villes séparées par des murailles et des fossés, avec chacune son administration ; cette situation perdure jusqu’au milieu du XIVème siècle ; les dangers de la Guerre de Cent ans (1337-1453) conduisent comte et évêque à se réunir derrière une seule et même enceinte.

rodez;occitanie;aveyron;rouergue;

CC BY SA 4-0

L’apogée de la ville

Dès la fin de la Guerre de Cent ans, la ville unifiée se développe .

Les échanges commerciaux se multiplient : foires aux bestiaux sur le foirail de la Cité, foires annuelles du Bourg. Un nombre important de riches marchands s’y installe; ils éclipsent peu à peu la noblesse locale.

Au XVIème siècle, les évêques François d’Estaing et Georges d’Armagnac contribuent au développement de la vie culturelle et artistique de la ville qui devient un important foyer humaniste du Rouergue.

Des Guerres de religion à la Révolution

Comme toute la France, le Rouergue subit les divisions des Guerres de religion. Féodale et cléricale, la province voit sa société évoluer ; seigneurs et clergé perdent de leurs pouvoirs ; le protestantisme s’engouffre dans les brèches : chez les nobles dont les avantages s’amenuisent, chez les paysans asservis.

A Rodez l’évêque, seigneur de la Cité, appuyé par des grands seigneurs, sévit violemment : les instituteurs sont frappés d’hérésie, les établissements d’enseignement fermés, un collège de Jésuites est installé, les biens des hérétiques (ou supposés) confisqués.

Le Rouergue se divise :le protestantisme trouve un terreau favorable dans le sud de la province (Millau, Saint Affrique, Séverac, Cornus, Saint Jean-du-Bruel) tandis que la répression se durcit dans les fiefs cléricaux du Centre et du Haut-Rouergue. A l’issue de cette période la victoire de ces derniers va asseoir pour deux siècles le pouvoir local des Jésuites, des féodaux, des clans paroissiaux, des propriétaires fonciers rentiers et jusqu’à une féodalité enracinée dans les attitudes mentales de la population.

Du Rouergue à l’Aveyron

Accueillie favorablement dans un premier temps, en particulier dans le Sud de la province, la Révolution va cependant rencontrer quelques résistances en majorité cléricale ; seuls quelques prêtres prêtent serment à la Constitution ; les réfractaires sont nombreux, recherchés, emprisonnés, déportés, émigrés  mais pour cela, également considérés par la population comme « bons prêtres », « confesseurs de la foi ». Les levées de masse en 1791 et 1793, le service militaire obligatoire incitent ces zones rurales à l’opposition. Des mouvements contre-révolutionnaires avec pillages, exécutions sommaires de républicains, renforcement de l’opposition royaliste, refus d’élections…vont se succéder de 1789 au début du XIXème siècle.

Le département de l’Aveyron, avec Rodez pour chef-lieu, proclamé en 1790, trouve son territoire actuel en 1808 après que la région de Saint Antonin, Laguépie et Parisot est rejoint le nouveau Tarn-et-Garonne.

Les résistances subsistent. Un courant royaliste légitimiste, traditionaliste clérical et nationaliste persiste. Il constituera le socle de la droite naissante qui deviendra la force politique majeure du XIXème siècle dans le département.

Ses attraits touristiques

Un riche patrimoine religieux

La Cité, dirigée à l’origine par les évêques, s’est développée autour de la cathédrale Notre-Dame (XIIIème-XVIème) et du palais épiscopal (XVIIème). La cathédrale Notre-Dame, brûlée, endommagée, réparée, est un condensé de styles gothique, Renaissance, baroque. Ses dimensions sont imposantes : une nef de 102 mètres de long, 30 mètres de haut, un clocher plat de 87 mètres de haut entouré d’une dentelle de pierre de grès rose, surmonté d’une statue de la Vierge à laquelle on accède par un escalier de 400 marches. Elle est classée aux monuments historiques depuis 1862.

rodez;cathedrale;aveyron:occitanie;

Cathédrale Notre Dame

CC BY SA 4-0

Le palais épiscopal, construit à l’origine entre le transept de la cathédrale actuelle et les remparts, détruit, puis reconstruit plusieurs fois, trouve sa place actuelle en 1694. Édifié dans le style Louis XIII, avec accès par un escalier qui rappelle celui du château de Fontainebleau, il est modifié en 1871 et 1875 par le rehaussement du bâtiment central et l’ajout de deux pavillons.

palais episcopal;rodez;aveyron;occitanie;

Le palais épiscopal

CC BY SA 4-0

L’église Saint Amans, construite à l’origine sur la sépulture de Saint-Amans, premier évêque de Rodez, présente un anachronisme dû à ses aménagements et reconstructions successifs : de style roman à l’intérieur, de style baroque à l’extérieur.

L’église du Sacré-Coeur a été construite plus récemment (1886-1898) pour répondre à l’urbanisation des faubourgs de la ville. Son architecture s’inspire de celle de l’abbatiale de Sainte Foy de Conques ; de style néo-roman comme d’autres constructions du XIXème siècle, elle est surmontée d’une tour-lanterne octogonale qui s’élève au-dessus de la croisée des transepts.

Des édifices religieux transformés

Les bâtiments de l’ancienne chartreuse du XVIème siècle, situés au centre ville de Rodez, constituent un ensemble remarquable dans un parc de 6 hectares. Un haras national y est établi par un décret de Napoléon en 1809. Il a fermé ses portes en 2017.

L’ancien collège des Jésuites, construit entre 1619 et 1649, devenu Collège royal en 1769 est aujourd’hui le Lycée Foch ; ils comportent de nombreux bâtiments classés aux monuments historiques. De tous temps, lieu d’enseignement réputé, il a reçu comme élèves quelques célébrités : le maréchal Foch, l’entomologiste Henri Fabre, le Président du Conseil Paul Ramadier. le peintre contemporain Pierre Soulages..

Une architecture urbaine

De belles bâtisses médiévales sont à découvrir dans la Cité : maison de Guitard (dite aussi Tour des Anglais) du XIVème siècle, maison canoniale et maison de Benoît du XVème siècle.

maison benoit;rodez;aveyron;occitanie;

Maison Benoît

Flickr.com

Dans le Bourg, de belles demeures du XVIème siècle, aux décors Renaissance témoignent de la richesse des marchands de l’époque: maison dite d’Armagnac, maison de l’Annonciation, hôtel de Jouery.maison d armagnac;rodez;aveyron;occitanie;

Maison d’Armagnac

CC BY SA 4-0

Trois musées

Le musée Fenaille occupe l’hôtel de Jouery ; il présente une magnifique collection de statues-menhirs et d’objets quotidiens des peuples qui occupaient le Rouergue à l’époque néolithique.

Le musée Denys Puech, du nom de son créateur, expose des œuvres d’art contemporain.

Le musée Soulages est riche de près de 500 œuvres du célèbre peintre dont il a fait don à sa ville natale. Construit par des architectes catalans, le bâtiment qui l’abrite, inauguré en 2014, est intégré au paysage.

J’espère que cet article vous a intéressé et donné envie de visiter Rodez, qui a reçu le label Ville d’Art et d’Histoire .

Donnez vos commentaires, vos suggestions. Partagez et faites connaître ce blog autour de vous.

Inscrivez vous : vous serez automatiquement informé(e) de toutes parutions sur ce blog et serez abonné à mes billets hebdomadaires.

JE M’INSCRIS

https://fr.wikipedia.org/wiki/Rodez

https://www.rodez-tourisme.fr/

https://www.tourisme-aveyron.com/

https://patrimoine.rodezagglo.fr/fr/p

http://hotel-lion-or.com/

https://gallica.bnf.fr/

https://patrimoine.rodezagglo.fr/f

Page 1 of 18

Fièrement propulsé par WordPress & Thème par Anders Norén

HTML Snippets Powered By : XYZScripts.com