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Alphonse Daudet, gardois et provençal

Alphonse Daudet, gardois et provençal

Alphonse Daudet connu pour ses œuvres littéraires, est souvent vu comme un poète et écrivain provençal, alors qu’il n’a guère passé qu’un an de sa vie en Provence…

Dans cet article découvrons :

  • sa vie

  • ses œuvres

Sa vie

Une petite enfance fragile

Louis Marie Alphonse Daudet naît à Nîmes (Gard) le 13 mai 1840, au n°20 du boulevard Grand Cours (actuellement boulevard Gambetta).

Son père, Jacques Vincent Daudet, d’origine cévenole, est tisserand et négociant en soieries.

Sa mère, Marie Adelaïde Reynaud est la fille d’Antoine Reynaud, un riche négociant en soies ardéchois.

Cette famille bourgeoise, catholique et royaliste légitimiste, a trois garçons ; Alphonse est le benjamin.

De santé fragile, il est confié à l’âge de trois ans à la famille Trinquier, des paysans de Bézouce (Gard).

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CC by SA.4 .

Il est élevé avec les enfants de ce village médiéval, aux confins de la garrigue, entre Nîmes et le Pont du Gard.

Une adolescence difficile

En 1849, alors qu’Alphonse Daudet suit les cours de l’institution Canivet à Nîmes, l’affaire familiale périclite et la famille doit déménager à Lyon, capitale de la soierie.

Il bénéficie d’une bourse et rentre en 6ème au lycée Ampère de Lyon. Bon élève, il souffre toutefois de sa condition modeste qui lui vaut brimades et humiliations.

En 1857, la faillite et la banqueroute de son père avérées, ses parents se séparent.

Alphonse Daudet doit interrompre ses études juste avant le baccalauréat.

Il revient dans le Gard et occupe pendant quelques mois un poste de pion au collège d’Alès avant de rejoindre son frère Ernest, journaliste, à Paris.

Sans argent, il vit dans une chambre de bonne et mène une vie de bohème.

Des rencontres

Alphonse Daudet fréquente un groupe très animé qui discute de tout :politique, femmes, littérature, pouvoir…De Gambetta à Vallès, de Barbey d’Aurevilly à Rochefort, il s’enrichit de ces échanges et de ces discussions.

Une de ses rencontres avec une dame de la cours de l’impératrice Eugénie lui vaudra de contracter une maladie syphilitique grave avec des complications dont il souffrira toute sa vie et qui l’obligeront à marcher avec des béquilles.

Excellent orateur, il possède également une belle plume et collabore à plusieurs journaux (Paris-Journal, le Figaro, l’Universel). En 1858, il remporte son premier succès littéraire avec un recueil de vers « Les Amoureuses ». La même année il prend pour maîtresse une jeune modèle aux mœurs légères, Marie Rieu.

En 1860, il fait la connaissance de Frédéric Mistral qui l’introduit dans les salons littéraires où il retrouve le demi-frère de Napoléon III, le duc de Morny, qui l’engage comme secrétaire.

En 1862, souffrant de tuberculose, il part quelques temps en Algérie, en Corse, puis dans le Sud de la France où il retrouve des amis avec lesquels il participe au Félibrige, mouvement de renouveau de la langue d’Oc.

Il écrit beaucoup.

En 1865, au décès du duc de Morny, il décide de se consacrer exclusivement à l’écriture.

En 1867, il épouse la comédienne Julie Allard qui l’encourage dans cette voix. Ils auront trois enfants : Léon, Lucien et Edmée.

Une vie littéraire et engagée

Les époux Daudet s’installent près de Paris, à Champrosay, en lisière de la forêt de Sénart.

Ils y réunissent écrivains, artistes…

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wikipedia.org

Alphonse Daudet publie de nombreux ouvrages, romans, nouvelles, pièces de théâtre, avec plus ou moins de succès, parfois même accusé de plagiat…Il s’inspire parfois de Dickens, de ses rencontres, de sa vie, de la Provence.

Il participe au mouvement de défense des impressionnistes.

Pendant la guerre de 1870, il sert au fort de Montrouge ; cela lui vaudra d’être décoré de la légion d’honneur.

Il fait partie d’un groupe d’écrivains dont les réunions aboutiront en 1903 à la création de l’Académie Goncourt.

Malgré sa proximité avec Émile Zola, Alphonse Daudet laisse transparaître son anti-sémitisme , en particulier en 1873  dans un conte de Noël, « Salvette et Bernadou » où il fait le portrait d’un usurier juif ; en 1886, il finance la parution d’un pamphlet anti-sémite, « La France Juive » d’Édouard Drumont, futur fondateur de la Ligue Antisémitique de France.

Alphonse Daudet meurt le 16 décembre 1897 à Paris, dans sa maison du 41 rue de l’Université.

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CC by SA-3 . 0

Inhumé au Père Lachaise, son ami Émile Zola, bien qu’en pleine affaire Dreyfus et connaissant leurs divergences sur le sujet, prononce un discours élogieux.

Ses œuvres

Nombreuses et diversifiées

Bien que nul n’ignore les nombreuses nouvelles réunies sous le titre de « Lettres de mon moulin », Alphonse Daudet a écrit de nombreux ouvrages, de la poésie au théâtre, en passant par les romans de mœurs ou autobiographiques.

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Nombre de ses nouvelles sont publiées, à l’origine, sous forme de feuilleton dans les journaux de l’époque (Le Figaro, L’Événement, Le Bien Public).

Des poésies

C’est dans ce style qu’il publie ses premiers écrits en 1868 « Les Amoureuses ». Ce recueil lui vaut un succès qui, ayant séduit l’impératrice Eugénie, lui permet de rentrer dans le « monde » et de sortir de la précarité grâce à sa rencontre avec le duc de Morny.

Des pièces de théâtre

La première « La dernière idole » en 1862, est suivie en 1864 par « Les absents ».

Ces pièces de théâtre le font entrer dans le groupe des « auteurs sifflés » que sont Flaubert, Zola, les Frères Goncourt, comme il dit lui-même, en 1888, dans son roman autobiographique « Trente ans de Paris ».

Il en écrit d’autres :

  • avec Ernest Lépine : « La dernière idole »(1862), « L’oeillet blanc » (1865), « Le frère aîné » (1867),

  • avec Adolphe Belot : « Fromont jeune et Risler aîné »(1876), »Sapho » (1885)

  • avec Léon Henrique : « La Petite Paroisse » (1895).

La plus célèbre de ses pièces de théâtre reste « L’Arlésienne » (1872) mise en musique par Georges Bizet.

Les autres ne rencontrent pas un grand succès.

Des nouvelles

Outre celles qui constituent les « Lettres de mon moulin » qu’il serait trop long d’énumérer mais dont les plus connues restent, « La Chèvre de Monsieur Seguin », « le Secret de Maitre Cornille », « la Mule du Pape », « le Curé de Cucugnan » ou « les Trois messes basses », il publie d’autres nouvelles, toujours sous forme de feuilleton.

Ainsi « Promenades en Afrique » paraît dans le Monde illustré en 1862, « Salvette et Bernadou », dans le Bien Public en 1873 ou « Le Singe » et « Le Père Achille » dans l’Événement en 1872.

Des romans autobiographiques

Le premier d’entre eux « Le Petit Chose » (1868) se réfère en grande partie à l’expérience de l’auteur en qualité de surveillant au collège d’Alès et aux humiliations subies à Lyon où les professeurs oubliant son nom l’appelaient « le petit chose ».

« Trente ans de Paris » (1888), « A travers ma vie et mes livres »(1888) et « Souvenirs d’un homme de lettres »(1889) complètent cette autobiographie.

Le « Doulou » , publié après sa mort, en 1931, décrit angoisse, douleurs d’une maladie incurable et adresse un message à ses enfants : « Je ne sais qu’une chose, crier à mes enfants : “ Vive la vie ! ” Déchiré de maux comme je suis, c’est dur. »

Des romans

Les plus connus, qui lui apportent le succès dans la capitale et l’indignation des Provençaux et des Tarasconnais, sont les aventures de Tartarin de Tarascon : « Tartarin de Tarascon » (1872), « Tartarin sur les Alpes » (1885), « Port-Tarascon » (1890).

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Les romans d’Alphonse Daudet sont variés.

Des romans réalistes tels que « Robert Helmont » (1873), Jack (1876), « Nabab » (1878), « Les rois en exil » (1879) sont dans la veine de la littérature populiste de Dickens ou Zola.

Il utilise l’actualité dans « L’évangéliste » (1888) sur les ravages du zèle religieux, la caricature et l’humour acide dans « Numa Roumestan » (1888) avec un portrait supposé être celui de Gambetta, ou « L’immortel »(1888) satire des mœurs littéraires et académiques parisiennes.

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  1. Sympa, cette courte bio d’Alphonse Daudet! Quand il allait dans le Sud de la France, c’est au château de ses amis qu’il allait se reposer: château de Montauban à Fontvieille , près d’Arles. De là, il allait rendre visite à Mistral à Maillane et il y a un très beau texte de Daudet sur Frédéric Mistral dans sa maison de Maillane .
    Quand il était au château de Montauban , il écrivait et non pas au fameux moulin qui est à quelques km en pleine nature. Ce qui n’empêche que la promenade, il la faisait comme nous quand on se balade dans le coin : petite sortie du dimanche , promenade super facile et agréable depuis le château (qui se visite) jusqu’au moulin ( où j’ai pu trouver une oeuvre inédite, il y a quelques années) . Il faut que je recherche le titre.
    Il est aussi venu à Allevard ( Isère) et a écrit sur les mines du coin.
    Bien sûr tout ça n’est pas l’Occitanie mais c’est une petite précision.
    Pourriez-vous un jour évoquer la région entre Villefranche de Rouergue, Villeneuve, Sales Corbatiers ….. pour nous suggérer quelques visites et si des écrivains, peintres, bref, artistes ont vécu ou se sont inspirés de ces lieux-là?
    Merci

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