Albi, ville rouge

Albi est le chef-lieu du département du Tarn ; construite de part et d’autre de cette rivière, affluent de la Garonne, elle abrite environ 50 000 habitants et se situe à 77 km de Toulouse et 195 km de Montpellier.

Elle doit son qualificatif de ville rouge aux briques et pierres qui ont servi à sa construction. Elle présente une palette vivante de couleurs, qui varie selon l’éclairage du jour allant d’un rose délicat le matin, orange puissant sous le soleil plombant d’été au rouge garance le soir.

Ville occitane, riche de son histoire et de son patrimoine, elle mérite une visite.

Dans cet article vous en trouverez un résumé :

– Albi et son histoire

– Sa prospérité et son déclin

Un riche patrimoine.

Albi et son histoire

Des traces préhistoriques

Les premières traces de concentration humaine sur les rives du Tarn remontent à la préhistoire, sans doute dues à la présence de la rivière navigable à partir de ce lieu.

Les invasions

Comme toute la région, Albi subit les différentes invasions et occupations :des Ruthènes au IVe siècle avant J-C, un passage des Romains qui laisse peu de traces, une christianisation sous l’évêque Diogène au Ve siècle, suivi d’une invasion des Wisigoths, puis, au siècle suivant, des Francs.

Un grave incendie ravage la ville en 666.

L’époque médiévale

Reconstruite sous forme d’oppidum, la ville médiévale est entourée de murailles.

La construction du Pont Vieux, au Xe siècle , permet son expansion sur les deux rives du Tarn.

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La ville est allouée aux seigneurs d’Ambialet, du fief des Trencavel.

Albi, centre cathare

Au XIe et XIIe siècles, Albi accueille la controverse cathare qui donne aux défenseurs de la doctrine le surnom d’Albigeois et au mouvement de répression qui s’ensuit l’appellation de croisade contre les Albigeois.

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wikipedia.org

La ville est prise aux Trencavel et remise à Bernard de Castanet, vice-inquisiteur de France. Pour marquer le pouvoir de l’église sur la ville, il fait construire le palais épiscopal fortifié de la Berbie et la cathédrale imposante de Sainte Cécile. Il y installe un scriptorium réputé pour copier des textes et des livres de la vie liturgique.

Albi, ville forte et prospère

Aux XIVe et XVe siècles, la ville s’étend ; de nouveaux quartiers, entourés de murailles, se construisent. De nombreux moulins (destinés aux céréales, moulins à foulon, moulins pour actionner des forges…), des tanneries s’installent sur le Tarn.

La culture du pastel qui fait de la région le «pays de cocagne » contribue la prospérité de la ville.

De nombreuses maisons bourgeoises sont édifiées en briques rouges, fabriquées sur place avec la terre du lit de la rivière.

Les guerres de religion

La ville n’est pas épargnée par les guerres de religion et une véritable Saint Barthélémy s’y déroule le 5 octobre 1572.

Finalement la ville adhère à la Ligue et reçoit ses États généraux en présence d’Henri, duc de Joyeuse en 1593, au château de la Berbie devenu place forte de la Ligue.

La Révolution

La Révolution transfère le chef- lieu du département à Castres mais Albi retrouve vite sa position en 1797. Les biens du clergé sont vendus et ses archives brûlées.

La Seconde guerre mondiale

Le régime de Vichy installe à Albi un Centre de rassemblement des étrangers.

L’archevêque, Monseigneur Moussaron, proteste, dès 1942, contre la persécution des juifs et organise l’accueil de réfugiés juifs dans les institutions catholiques de la région. Arrêté par la Gestapo le 12 juin 1944, il est incarcéré à Toulouse. A sa libération il est accueilli en triomphe par les Albigeois.

Sa prospérité et son déclin

L’or bleu

Dès le XIIe siècle, la culture d’une petite plante à fleur jaune, venue d’Orient et d’Espagne apparaît dans la région : « Isatis tinctoria ». Plus connue sous le nom de pastel, sa feuille, récoltée au fur et à mesure de sa maturité ( de la Saint-Jean à novembre) est broyée, fermentée, puis préparée pour obtenir une sorte de boule de pâte bleue, la « coque » qui donne une teinture d’un bleu indélébile.

Sa culture se développe dans un triangle Albi-Carcassonne-Toulouse dont le sol et le climat lui sont propices. Cette zone est baptisée «  Pays de Cocagne» en référence à cette « coque » dont la commercialisation dans toute l’Europe fait la prospérité. Au XVe siècle, Albi devient la capitale internationale du commerce du pastel.

Mais l’arrivée sur le marché de l’indigo, plus facile à produire et plus riche en colorant, entraîne le déclin du commerce du pastel.

De nouveaux débouchés

Pour faire face à ce déclin , Albi va se tourner vers la verrerie, la tannerie et le tissage. Des briqueteries s’installent en périphérie mais la ville peine à retrouver sa prospérité.

Aidée par l’arrivée du chemin de fer en 1864, l’industrie se développe.

La verrerie ouvrière d’Albi est fondée en 1896 ; coopérative ouvrière autogérée, elle doit sa création à une souscription nationale et à l’action de Jean Jaurès à la suite des grèves des mineurs de Carmaux en 1895.

Au XIXe siècle, Albi devient également un centre important de la chapellerie française.

Albi aujourd’hui

Aujourd’hui, la communauté d’agglomération de l’Albigeois créée en 2003 regroupe 17 communes.

Elle est devenue un pôle d’innovation avec l’école des mines d’Albi-Carmaux dans les domaines des recherches sur l’énergie solaire, les voitures et les carburants propres.

Attirante par son climat et ses paysages, comme toute la région, elle développe le tourisme vert, embellit et met en avant ses atouts patrimoniaux.

Un riche patrimoine

Des personnages célèbres

Albi a vu naître des personnages célèbres tels que Toulouse-Lautrec auquel la ville a consacré un musée , l’illustre comte de Lapérouse, chef d’escadre des armées navales ou le marquis de Rochegude, député de la Convention…

Ajoutons que Jean Jaurès et Georges Pompidou ont fait leurs études au lycée Lapérouse d’Albi….

Un patrimoine architectural

Depuis le 1er août 2010 la cité épiscopale d’Albi est classée au patrimoine mondial de l’Unesco.

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Les deux éléments essentiels en sont la cathédrale Sainte Cécile, cet édifice imposant construit en briques, et le Palais épiscopal de la Berbie qui abrite le musée Toulouse-Lautrec . S’y ajoutent les quatre quartiers médiévaux qui les entourent:

– le Castelviel, cœur historique de la ville,

– le Castelnau, quartier pittoresque,

– le Bourg Saint Salvi avec sa collégiale et son cloître,

– les Combes et les Berges du Tarn, avec le Pont Vieux, un de plus vieux ponts de France (1030-1040).

Les alentours

La visite d’Albi est incontournable mais un séjour dans les lieux peut également s’agrémenter d’une visite des environs, en particulier celle des bastides médiévales construites par le comte Raymond VII de Toulouse :

– Cordes-sur-Ciel, à environ 25 km au nord-ouest d’Albi, surplombe la vallée du Cérou ; haut lieu du catharisme, c’est aussi une étape sur le chemin de Saint-Jacques-de-Compostelle.

Castelnau-de-Montmirail, domine de son promontoire la vallée de la Vère ; réputée imprenable, les Anglais pendant la Guerre de Cent ans n’oseront pas l’attaquer.

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– Gaillac, à 19km d’Albi, cette bastide médiévale est entourée de vignes ; troisième ville du département , elle doit son essor et sa réputation à ses vins.

J’espère que cet article vous a donné envie de mieux connaître Albi et le pays albigeois.

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